- Le déficit public français s’établit à 5,1% du PIB en 2025, une performance meilleure qu’anticipé par le gouvernement.
- Portée par la hausse des recettes fiscales, cette amélioration ne se traduira pas par des aides supplémentaires.
- L’exécutif reste focalisé sur la réduction du déficit, dans un contexte économique incertain.
C’est une annonce qui tombe à point nommé pour l’exécutif. Selon les chiffres publiés par l’Insee, le déficit public de la France a atteint 5,1% du produit intérieur brut en 2025, soit 0,3 point de moins que les prévisions du ministère de l’Économie, qui tablait sur 5,4%.
La trajectoire s’améliore également par rapport à 2024, avec une baisse de 0,7 point, principalement portée par une augmentation des recettes fiscales. Dans le même temps, la dette publique recule légèrement pour s’établir à 115,6% du PIB, soit 3 460,5 milliards d’euros.
Fort de ces résultats, le gouvernement entend poursuivre ses efforts dès cette année. L’objectif est désormais de ramener le déficit public autour de 5% du PIB en 2026, voire en dessous.
Invité sur TF1, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, s’est montré confiant : “Les efforts collectifs commencent à payer (…). Il faut continuer à réduire le déficit. Les chiffres pour l’année 2025 nous invitent à être ambitieux pour la nouvelle baisse du déficit en 2026.”
Même prudence du côté de Sébastien Lecornu. “On continue – avec prudence – pour passer sous les 5% en 2026”, écrit-il sur X.
Malgré cette embellie budgétaire, le gouvernement exclut toute redistribution sous forme d’aides ou de baisses d’impôts à court terme. Le ministre des comptes publics est catégorique : “Il n’y a pas de cagnotte. La cagnotte, c’est quand il n’y a pas de déficit.”
Avant de préciser la ligne budgétaire : “Pour toute dépense supplémentaire qui serait engagée, il y aura à l’euro près l’annulation d’une autre dépense qui était prévue.”
Une position qui confirme la volonté de maintenir une stricte discipline budgétaire, malgré les attentes des ménages et des entreprises.
Des recettes en hausse, mais des dépenses difficiles à contenir
Dans le détail, l’amélioration du déficit repose essentiellement sur la hausse des prélèvements obligatoires. Les impôts sur le revenu et le patrimoine ont notamment progressé de 6,6% sur un an, contribuant largement à la réduction du déficit.
En revanche, le chantier le plus sensible reste celui des dépenses publiques. Si leur progression a ralenti, elle demeure encore légèrement supérieure à celle du PIB. Un déséquilibre qui complique les efforts de redressement à long terme.
Le risque géopolitique pèse sur la trajectoire
L’équation budgétaire pourrait par ailleurs se complexifier dans les mois à venir. Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février et les tensions internationales pèsent déjà sur les perspectives économiques. “La situation géopolitique jouera, mais notre volonté collective aussi”, reconnait le chef du gouvernement.
La flambée des prix des hydrocarbures, liée aux frappes américano-israéliennes en Iran, pourrait ralentir la croissance et réduire les recettes fiscales. Pour l’heure, David Amiel appelle à la prudence : “Il est trop tôt pour qu’on ait la remontée statistique précise des chiffres.”
Une France toujours sous pression budgétaire
Malgré cette amélioration, la situation des finances publiques françaises reste fragile. Le pays demeure l’un des plus déficitaires de la zone euro et doit faire face à une remontée des taux d’intérêt sur ses emprunts.
Cette pression financière, combinée aux incertitudes économiques internationales, limite les marges de manœuvre du gouvernement. La réduction du déficit apparaît donc comme une priorité durable, au prix d’arbitrages budgétaires sensibles.
