- À un an de l’élection présidentielle, près de 90 responsables politiques de droite et du centre lancent un appel inédit à l’union.
- Dans une tribune, ils alertent sur le risque d’un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national et exhortent à dépasser les divisions.
Une semaine après les élections municipales, le camp du centre et de la droite tente de reprendre l’initiative. Dans une tribune publiée par La Tribune dimanche, près de 90 élus et responsables politiques appellent à « une candidature unique » pour la présidentielle de 2027.
« Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un duel probable opposant au second tour de l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon et le candidat du Rassemblement national », écrivent-ils.
Un scénario qu’ils considèrent comme une impasse politique majeure. « Pour éviter cet aller simple vers le populisme, (…) nous, élus du bloc central et de la droite, prenons aujourd’hui la parole », poursuivent-ils, justifiant ainsi leur prise de position collective.
Au-delà de l’alerte électorale, les signataires tiennent à affirmer leur identité politique commune. Dans leur texte, ils revendiquent un ensemble de principes partagés : « Nous sommes républicains, européens, démocrates et patriotes. Nous sommes attachés aux libertés fondamentales sur lesquelles reposent nos institutions. Nous défendons l’économie de marché. Nous refusons toutes les formes d’assignations culturelles, sociales ou géographiques ».
Une déclaration qui vise à fédérer au-delà des clivages partisans traditionnels et à poser les bases d’un projet commun.
« Nous appelons à un sursaut d’unité, pour créer les conditions d’un large rassemblement autour d’un projet et d’une candidature unique en 2027″, précisent les signataires.
Ils s’adressent directement aux responsables politiques et aux potentiels candidats : « Nous demandons solennellement aux dirigeants de nos familles politiques, aux candidats déclarés et à celles et ceux qui pourraient demain y participer, de dialoguer et de construire cette démarche ».
Dans un contexte de divisions persistantes, ils insistent : « Convaincus que l’union fait la force et que la force fait la dynamique, nous exhortons chacun à dépasser les querelles d’ego pour créer les conditions de ce rassemblement. L’unité n’est plus seulement une exigence stratégique et politique. Elle relève de l’intérêt national ».
Cette initiative rassemble des figures issues de plusieurs formations politiques. Parmi elles, des membres de Renaissance, comme la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ou les ministres Stéphanie Rist et Mathieu Lefèvre, mais aussi des députés tels que Stéphane Travert, Astrid Panosyan-Bouvet et Marc Ferracci.
Les Républicains sont également représentés avec les ministres Vincent Jeanbrun et Philippe Tabarot, ainsi que le sénateur François-Noël Buffet et la députée Michèle Tabarot.
S’ajoutent des élus du MoDem, d’Horizons — dont la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou — ainsi que de l’UDI et du groupe indépendant Liot à l’Assemblée nationale.
« Peu importent les modalités »
Si l’objectif d’unité est clairement affiché, les modalités pour y parvenir restent ouvertes. Certains évoquent l’idée d’une primaire, mais les signataires préfèrent ne pas trancher. « Peu importent les modalités, peu comptent les chemins », écrivent-ils, estimant que l’essentiel réside dans le rassemblement. Pour eux, l’union s’impose désormais comme « un devoir ».
