- Le retour des tensions au Moyen-Orient fait bondir les prix des hydrocarbures, entraînant une accélération inattendue de l’inflation en France.
- Une tendance qui pourrait se confirmer dans les prochains mois, au détriment du pouvoir d’achat des ménages.
L’inflation repart à la hausse en France. Selon l’estimation provisoire publiée ce mardi par l’Insee, les prix à la consommation ont progressé de 1,7 % sur un an en mars 2026, après une augmentation limitée à 0,9 % en février.
Cette accélération s’explique avant tout par la remontée spectaculaire des prix de l’énergie. Sur un an, ceux-ci ont bondi de 7,3 %, alors qu’ils reculaient encore de 2,9 % le mois précédent. En première ligne : les produits pétroliers, directement impactés par la hausse des cours du brut.
« Un fort rebond des prix de l’énergie (+7,3 % sur un an contre -2,9 % en février), et particulièrement des produits pétroliers », souligne l’Insee.
Cette dynamique était largement anticipée par les économistes, qui pointaient les conséquences du conflit au Moyen-Orient déclenché le 28 février. Depuis, les tensions géopolitiques ont provoqué une envolée des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux.
Des hausses inégales selon les secteurs
Au-delà de l’énergie, l’évolution des prix reste contrastée. Les services enregistrent une légère accélération sur un an, tout comme le tabac. À l’inverse, les prix de l’alimentation reculent légèrement, tandis que ceux des produits manufacturés baissent plus nettement qu’en février.
Ces évolutions confirment que la poussée inflationniste actuelle repose principalement sur des facteurs externes, en particulier le coût de l’énergie.
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour comparer les niveaux d’inflation entre pays de la zone euro, suit la même trajectoire. Il s’établit à 1,9 % sur un an en mars, contre 1,1 % en février. Un signal qui témoigne d’une pression inflationniste croissante à l’échelle européenne.
Vers un retour durable au-dessus des 2 % ?
Dans une note récente, l’Insee alerte sur la possibilité d’un « net regain d’inflation » dans les mois à venir. L’institut estime que la hausse des prix pourrait « franchir les 2 % au cours du printemps », sous réserve d’un maintien des cours du pétrole « autour de 100 dollars jusqu’en juin ». Un scénario qui dépendra étroitement de l’évolution du conflit et de la stabilité des marchés énergétiques.
Parallèlement, les dépenses de consommation des ménages reculent nettement. En février 2026, elles ont chuté de 1,4 % sur un mois, après une hausse de 0,4 % en janvier. Sur un an, la baisse atteint 1,5 %, et 0,6 % sur l’ensemble du premier trimestre. Ce recul illustre les effets concrets de l’inflation sur le quotidien des Français, contraints d’arbitrer leurs dépenses face à la hausse des prix.
