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TotalEnergies contraint d’arrêter Satorp, près de 15 % de sa production affectée au Moyen-Orient

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  • Le groupe français a mis à l’arrêt sa raffinerie saoudienne de Satorp après des attaques visant des infrastructures énergétiques du Royaume.
  • Si l’impact opérationnel est significatif, TotalEnergies estime que la hausse des prix du pétrole compense en grande partie le manque à gagner.

   Une raffinerie stratégique stoppée après des attaques. TotalEnergies a annoncé vendredi l’arrêt de sa raffinerie de Satorp, en Arabie saoudite, codétenue avec Saudi Aramco (62,5 %). Le groupe évoque des « événements survenus dans la nuit du 7 au 8 avril », qui ont endommagé l’un des deux trains de l’installation située à Jubail.

« Aucune victime n’a été signalée », précise l’entreprise, qui indique avoir procédé à la mise à l’arrêt de l’ensemble des unités par mesure de sécurité. Une évaluation est en cours afin de déterminer les conséquences sur l’exploitation du site.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. La veille, le ministère saoudien de l’Énergie avait fait état de « multiples attaques » contre « d’importantes installations énergétiques du Royaume », incluant notamment des capacités de raffinage.

Au-delà de cet actif, TotalEnergies indique que sa production est arrêtée ou en cours d’arrêt au Qatar, en Irak et sur certaines installations offshore aux Émirats arabes unis. Ces interruptions représentent « environ 15 % de la production totale du groupe», un niveau significatif pour une major intégrée. En revanche, les activités onshore aux Émirats arabes unis, qui représentent environ 210.000 barils par jour, ne sont pas affectées à ce stade.

Un impact financier atténué par la hausse des cours

Malgré l’ampleur des volumes concernés, TotalEnergies relativise les conséquences économiques. Le groupe souligne qu’« un prix du pétrole plus élevé compense largement la perte de production au Moyen-Orient ». Cette situation reflète un mécanisme classique du secteur : les tensions géopolitiques réduisent l’offre, ce qui soutient les prix et améliore la rentabilité des volumes restants.

Le groupe précise par ailleurs que les actifs moyen-orientaux, bien que représentant environ 15 % de la production, ne contribuent qu’à hauteur de 10 % au cash-flow. En cause, une fiscalité plus élevée et des conditions économiques moins favorables que dans d’autres régions.

Des infrastructures clés du système énergétique saoudien visées

Selon l’agence officielle SPA, une source du ministère saoudien de l’Énergie a indiqué que « d’importantes installations énergétiques du Royaume ont récemment été la cible de multiples attaques », visant la production, le transport et le raffinage du pétrole et du gaz, mais aussi des infrastructures pétrochimiques et électriques.

Ces attaques ont entraîné la mort d’un membre du personnel de sécurité industrielle d’une compagnie énergétique saoudienne, ainsi que la blessure de sept autres employés. Elles ont également perturbé plusieurs activités opérationnelles au sein d’installations clés du secteur énergétique.

Parmi les installations touchées figure une station de pompage de l’oléoduc Est-Ouest, entraînant une perte d’environ 700.000 barils par jour de capacité de transport. Les sites de production de Manifa et Khurais ont également été affectés, réduisant la capacité de production du Royaume d’environ 600.000 barils par jour.

Un risque accru pour l’équilibre du marché pétrolier

Les attaques ont également touché plusieurs raffineries majeures, dont Satorp, Ras Tanura, SAMREF et Riyad, affectant directement les exportations de produits raffinés. Les installations de Ju’aymah ont par ailleurs été touchées, perturbant les flux de gaz de pétrole liquéfié.

Pour Riyad, ces événements ont des implications globales. « La poursuite de ces attaques entraîne une réduction de l’offre et ralentit la reprise, affectant ainsi la sécurité de l’approvisionnement des pays consommateurs et contribuant à une volatilité accrue des marchés pétroliers », a indiqué la source officielle.

Le Royaume évoque également « un impact négatif sur l’économie mondiale », en raison notamment de la baisse des stocks disponibles.

Dans ce contexte, l’arrêt de Satorp illustre la vulnérabilité persistante des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Pour TotalEnergies, comme pour l’ensemble du secteur, la dégradation sécuritaire dans la région reste un facteur déterminant de l’équilibre entre offre et demande sur les marchés pétroliers.

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