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mercredi, avril 29, 2026
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Produits laitiers : Lactalis réclame une hausse des prix face à la crise au Moyen-Orient

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  • Lactalis veut revoir à la hausse les prix de plusieurs de ses produits phares, du lait aux yaourts, en invoquant la flambée des coûts provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
  • Une demande qui ouvre un nouveau bras de fer avec la grande distribution, alors que les consommateurs redoutent déjà une nouvelle poussée de l’inflation alimentaire.

   Le numéro un mondial des produits laitiers, Lactalis (Président, Lactel, Galbani), s’apprête à répercuter la hausse de ses coûts de production sur les prix de vente. En cause : l’explosion récente des coûts de transport, de l’énergie et des emballages, dans un contexte international tendu marqué par la guerre au Moyen-Orient.

Concrètement, une quinzaine de marques du groupe sont concernées. Bouteilles de lait, beurre, crème fraîche, fromages ou encore desserts lactés pourraient ainsi voir leurs prix augmenter dans les prochaines semaines.

Lactalis souhaite donc rouvrir les négociations commerciales avec la grande distribution, pourtant déjà conclues pour l’année. Une demande qui intervient alors que d’autres industriels du secteur, comme Yoplait et Candia, ont eux aussi sollicité des hausses tarifaires sur plusieurs dizaines de références.

Refus ferme des distributeurs : “C’est trop tôt”

Mais face à cette offensive des industriels, la grande distribution ne compte pas céder facilement. L’un des principaux acteurs du secteur rejette toute renégociation immédiate : « Lactalis peut toujours demander une réouverture des négociations, mais cette crise dure depuis à peine un mois ! C’est trop tôt », estime-t-il.

Même position du côté de Michel-Édouard Leclerc, président du groupe E.Leclerc, qui s’oppose clairement à toute reprise des discussions : « On ne veut pas rouvrir les négociations. Si l’État le décide, on sera bien obligés », a-t-il déclaré en début de semaine.

Ce blocage pourrait retarder, mais difficilement empêcher, une hausse des prix si les tensions sur les coûts persistent.

Une hausse attendue de 4 à 5 % en rayon

Pour les consommateurs, l’impact pourrait être rapide. Selon Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation à l’UFC-Que Choisir, les prix pourraient augmenter de 4 à 5 % dans les mois à venir. Invité sur RMC, il explique que « si le prix de l’énergie et des engrais flambe, on doit rouvrir les négociations et ça doit être répercuté dans les prix ».

Les produits les plus exposés seront ceux à rotation rapide, notamment les produits frais. « Les produits qui ont le taux de rotation les plus rapides, c’est-à-dire ceux qui ont des dates de péremption courtes : les produits laitiers, les produits frais, les yaourts, etc », précise-t-il.

Au-delà de l’alimentaire, d’autres produits menacés

La hausse des coûts ne concerne pas uniquement les produits laitiers. D’autres secteurs pourraient également être impactés, notamment les produits du quotidien. « Tout ce qui est aussi hygiène, beauté, parce qu’il y a beaucoup d’hydrocarbures dans ces produits, des emballages, et même dans la fabrication de ces produits », alerte Grégory Caret. Il tempère toutefois en estimant que l’inflation à venir restera plus modérée que celle observée après la guerre en Ukraine :« La hausse ne sera pas du même ordre de grandeur », loin des « 20-25 % de hausse en un peu plus d’un an » enregistrés entre 2022 et 2023.

Autre facteur de pression sur le pouvoir d’achat : le carburant. Sa forte hausse depuis fin février, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, pèse déjà sur le budget des ménages, même si une légère accalmie a été observée après l’annonce d’un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz.

Dans ce contexte, les consommateurs devront adapter leurs dépenses. Grégory Caret prévient : ils seront amenés à faire « des arbitrages » et devront « renoncer à consommer pour privilégier l’essentiel : le transport, l’énergie de chauffage, l’alimentaire».

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