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mercredi, avril 29, 2026
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Cargo iranien saisi par les États-Unis : Téhéran promet de riposter

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  • La saisie du cargo iranien Touska par la marine américaine, dimanche 19 avril, fait brutalement monter la tension entre Washington et Téhéran.
  • Premier recours revendiqué à la force depuis le début du blocus américain des ports iraniens, l’opération intervient à quelques jours de l’expiration du cessez-le-feu et menace désormais la reprise annoncée des discussions entre les deux pays.

   Nouvel épisode de très haute tension dans le golfe d’Oman. Dimanche 19 avril, les États-Unis ont annoncé avoir intercepté puis pris le contrôle d’un cargo battant pavillon iranien, présenté par Washington comme un navire ayant tenté de forcer le blocus maritime imposé aux ports iraniens depuis le 13 avril. Selon l’Associated Press, il s’agit de la première interception de ce type depuis le lancement de cette opération navale américaine.

Donald Trump a revendiqué personnellement l’opération. Sur son réseau Truth Social, le président américain a affirmé que le navire iranien, le Touska, “a tenté de franchir notre blocus maritime, et mal lui en a pris”. Il a ajouté qu’un destroyer américain l’avait intercepté dans le golfe d’Oman, avant que le bâtiment ne soit immobilisé. D’après le récit rapporté par AP, le chef de l’État américain a assuré que les forces américaines avaient stoppé le cargo “net, en perçant la salle des machines”, avant que des Marines n’en prennent le contrôle.

Le Centcom confirme une opération armée en mer

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a confirmé qu’un navire de guerre américain avait adressé des avertissements répétés au cargo iranien sur une durée de six heures. L’équipage aurait ensuite été sommé d’évacuer la salle des machines avant que le système de propulsion ne soit visé, permettant l’abordage du bâtiment par des Marines américains. Le navire restait, selon le commandement, sous contrôle des forces américaines.

L’épisode marque un seuil supplémentaire dans la confrontation entre Washington et Téhéran. Jusqu’ici, le blocus américain avait déjà conduit plusieurs navires à faire demi-tour ou à être renvoyés vers des ports iraniens, mais sans qu’un tir revendiqué publiquement ne soit signalé dans le cadre de cette campagne. Reuters rapportait déjà, au moment de l’annonce du blocus, que l’administration Trump menaçait d’interdire le passage à tout navire accusé de coopérer avec Téhéran dans la zone.

L’Iran dénonce un “acte de piraterie armée”

La réponse iranienne n’a pas tardé. Selon plusieurs médias relayant les déclarations des autorités iraniennes, Téhéran considère cette prise de contrôle comme une violation directe du cessez-le-feu conclu le 8 avril. Le porte-parole de l’état-major iranien a promis que “les forces armées de la République islamique d’Iran riposteront bientôt et prendront des mesures de représailles contre cet acte de piraterie armée et contre les militaires américains”.

Les autorités iraniennes accusent en outre Washington d’avoir “violé le cessez-le-feu”, alors même que cette trêve, déjà fragile, arrive à son terme dans les prochains jours. AP souligne que cette nouvelle confrontation jette une ombre immédiate sur la survie même de l’accord temporaire conclu sous médiation pakistanaise.

 Des pourparlers désormais compromis entre Washington et Téhéran

Cet incident survient au moment le plus délicat. Quelques heures auparavant, Donald Trump avait encore laissé entendre qu’une nouvelle séquence de discussions avec l’Iran pouvait s’ouvrir rapidement, avec l’envoi de négociateurs américains au Pakistan. Mais, dimanche soir, les signaux venus de Téhéran allaient dans la direction inverse. La télévision d’État iranienne a indiqué que la République islamique n’avait “actuellement pas de plans de participer à la prochaine session de discussions Iran-Etats-Unis”.

Dans le même temps, plusieurs sources de presse ont fait état d’un climat de défiance extrême entre les deux capitales. Les responsables iraniens reprochent à Washington ses “demandes irréalistes”, ses positions changeantes et le maintien du blocus maritime, considéré à Téhéran comme incompatible avec une reprise crédible de la voie diplomatique.

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