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Tosyali Algérie : 2,5 milliards de dollars pour bâtir un hub sidérurgique africain

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  • Le groupe turc veut porter la capacité de son complexe sidérurgique d’Oran à près de 10 millions de tonnes par an.
  • Adossée au gisement de Gara Djebilet, cette montée en puissance confirme l’ambition de l’Algérie de devenir un acteur majeur de l’acier en Afrique et en Méditerranée.

   Le groupe turc Tosyali change d’échelle en Algérie. Le holding a annoncé un programme d’investissement de 2,5 milliards de dollars destiné à renforcer fortement ses capacités industrielles dans le pays. L’objectif est clairement assumé par son président, Fuat Tosyali : permettre au groupe de « figurer parmi les vingt plus grands producteurs d’acier à l’échelle mondiale », selon Bloomberg.

À Oran, le complexe sidérurgique de Bethioua est au cœur de cette stratégie. Sa capacité de production, actuellement estimée à 6,5 millions de tonnes par an, devrait atteindre 9,5 à 10 millions de tonnes dans les trente prochains mois.

Un changement d’échelle industriel

Cette progression représente environ 3 millions de tonnes supplémentaires. Elle doit permettre de doubler la cadence quotidienne du site, appelée à passer de 50 000 à 100 000 tonnes par jour.

Avec cette extension, Tosyali Algérie consolide sa place parmi les principaux complexes sidérurgiques du continent africain et du bassin méditerranéen. Le site d’Oran devient progressivement une plateforme industrielle intégrée, capable de couvrir une part croissante de la chaîne de valeur de l’acier.

Gara Djebilet, l’actif stratégique

La montée en puissance de Tosyali repose en grande partie sur l’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet. Ce gisement, dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes, est considéré comme l’un des plus importants au monde.

Le complexe d’Oran a déjà réceptionné une première cargaison de minerai en provenance de Gara Djebilet, destinée à alimenter son unité de production de fer pré-réduit. En parallèle, une unité de traitement du minerai est en cours de réalisation dans la zone industrielle de Béchar, avec une capacité initiale de 2 millions de tonnes par an.

Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse la seule sidérurgie. Il s’agit de valoriser localement ses ressources minières et de réduire progressivement sa dépendance aux importations de matières premières.

Diversification vers l’automobile et l’énergie

Tosyali entend également monter en gamme. Le groupe prépare le lancement d’une unité dédiée à la production d’acier galvanisé pour l’industrie automobile. Sur une capacité totale de 1,6 million de tonnes d’acier plat, quelque 700 000 tonnes seront consacrées à cette production à plus forte valeur ajoutée.

Les premières livraisons sont attendues au troisième trimestre 2025. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie algérienne de renforcement du taux d’intégration locale, notamment dans l’automobile, mais aussi dans l’électroménager et l’industrie du froid.

Autre axe stratégique : l’énergie. Tosyali s’est associé à Sonatrach dans un projet de production d’hydrogène vert, destiné à alimenter le complexe d’Oran en énergie propre. Ce positionnement doit permettre au groupe de répondre aux nouvelles exigences environnementales des marchés internationaux, notamment européens.

Vers un hub sidérurgique régional

Le groupe vise enfin le marché des canalisations industrielles, en particulier pour les besoins du secteur pétrolier et gazier. Les grands projets d’infrastructures énergétiques dans le Grand Sud algérien devraient soutenir cette demande.

Une fois ces projets opérationnels, Tosyali Algérie disposera d’une plateforme couvrant l’extraction, la transformation du minerai, la production d’acier et la fabrication de produits finis à haute spécification technique.

Pour l’économie algérienne, les retombées attendues sont multiples : création d’emplois qualifiés, développement de filières industrielles locales, substitution aux importations et montée en puissance des exportations. À terme, l’Algérie pourrait ainsi s’imposer comme un exportateur net d’acier sur les marchés africains et méditerranéens.

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