- Le groupe français CMA CGM a confirmé mercredi qu’un de ses navires avait été visé par une attaque dans le détroit d’Ormuz.
- L’incident, qui a fait plusieurs blessés parmi l’équipage, intervient dans un contexte de recrudescence des tensions dans cette zone stratégique du commerce mondial.
Le porte-conteneurs CMA CGM San Antonio a été touché mardi 5 mai alors qu’il transitait dans le détroit d’Ormuz, un point de passage clé pour les flux énergétiques et commerciaux internationaux.
« Le groupe CMA CGM confirme que l’un de ses bateaux, le CMA CGM San Antonio, a été visé par une attaque hier (mardi, NDLR) alors qu’il naviguait dans le détroit d’Ormuz », confirme CMA CGM dans un communiqué publié le 6 mai.
Le groupe précise que le navire a subi des dommages et que plusieurs membres d’équipage ont été blessés, avant d’être évacués. «Les personnes blessées ont pu être évacuées et ont reçu des soins médicaux », précise -t-il.
Selon l’agence britannique UKTMO, l’attaque aurait été menée à l’aide « d’un projectile d’origine inconnue ». Ce nouvel incident s’inscrit dans une série d’événements récents. En l’espace de 72 heures, quatre navires ont été impliqués dans des incidents similaires dans le détroit, confirmant une dégradation rapide de la sécurité dans cette artère maritime essentielle.
Paris appelle à la vigilance sans dramatiser
Du côté des autorités françaises, la réaction se veut à la fois prudente et mesurée. Le président Emmanuel Macron a ainsi affirmé que « la France n’a en aucun cas été visée », cherchant à écarter toute interprétation d’un ciblage direct.
Dans le même temps, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a insisté sur la persistance des risques dans la zone : « les tirs qui ont visé hier un bateau CMA CGM montrent de toute évidence que la situation reste dangereuse ». Elle a rappelé que le navire concerné battait pavillon maltais et que son équipage, majoritairement philippin, n’était pas de nationalité française, tout en exprimant la solidarité de Paris à l’égard des marins touchés.
Au-delà de cet incident, les autorités soulignent l’ampleur des intérêts français exposés dans la région. Sur Franceinfo, le ministre des Transports Philippe Tabarot a indiqué qu’« il y a encore 59 navires dans le détroit d’Ormuz, à intérêt français ». Il a également précisé que « 26 marins français étaient également bloqués », malgré des rotations d’équipage organisées dans un contexte logistique particulièrement contraint.
Ces tensions interviennent alors que les États-Unis avaient lancé une initiative de sécurisation des routes maritimes, le « Projet liberté », sous l’impulsion de Donald Trump. Le programme a toutefois été « suspendu pour une courte période » dans l’attente d’un éventuel accord diplomatique avec Iran.
