- Le blocage du détroit d’Ormuz provoque un choc majeur sur le marché pétrolier mondial.
- Dans son dernier rapport mensuel, l’Agence internationale de l’énergie alerte sur une chute de l’offre, une mobilisation accélérée des réserves stratégiques et un risque de forte volatilité des prix avant l’été.
Le marché pétrolier mondial entre dans une zone de fortes turbulences. Dans son dernier rapport mensuel, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’inquiète d’une contraction rapide des stocks mondiaux de brut, directement liée au blocage du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.
Selon l’agence, les stocks mondiaux de brut « se contractent déjà à un rythme record », alors que la production des pays du Golfe a fortement ralenti depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Une offre mondiale en forte baisse
« L’offre mondiale de pétrole a encore diminué de 1,8 million de barils par jour (Mb/j) en avril, pour s’établir à 95,1 Mb/j », indique le rapport. Même en cas de reprise progressive du trafic en juin, l’AIE anticipe une offre mondiale inférieure de 3,9 Mb/j en 2026 par rapport à l’année précédente.
L’agence qualifie la situation de « choc d’approvisionnement sans précédent ». En avril 2026, le directeur de l’AIE avait déjà prévenu qu’il faudrait environ deux ans pour récupérer la production d’énergie perdue au Moyen-Orient. Le PDG d’Aramco a, de son côté, averti les investisseurs que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu’en 2027.
Les réserves stratégiques mises à contribution
Face à la chute de l’offre, les États consommateurs mobilisent leurs stocks à un rythme historique. « Les stocks provenant des sites stratégiques commerciaux et gouvernementaux des pays consommateurs sont acheminés vers les marchés afin de compenser partiellement les pertes », souligne l’AIE.
Cette stratégie permet d’amortir le choc à court terme, mais elle fragilise les marges de sécurité disponibles en cas de prolongation de la crise. Les raffineurs réorganisent également leurs approvisionnements : « de nouveaux flux commerciaux émergent pour compenser la perte d’exportations de produits du Golfe ».
Les États-Unis renforcent leur rôle énergétique
La crise rebat aussi les cartes du commerce pétrolier mondial. Les États-Unis ont enregistré un record d’exportations de pétrole fin avril, confirmant leur rôle croissant dans l’équilibre énergétique international.
Cette montée en puissance américaine compense partiellement les perturbations venues du Golfe, mais elle ne suffit pas à stabiliser durablement les marchés. Les tensions logistiques, les coûts de transport et l’incertitude géopolitique continuent d’alimenter la nervosité des opérateurs.
Un risque de flambée des prix avant l’été
L’AIE prévient qu’une volatilité accrue des prix est « probable avant la période de forte demande estivale ». La hausse des cours commence déjà à peser sur la consommation, notamment dans les secteurs les plus sensibles aux coûts de l’énergie.
L’activité ralentit dans la pétrochimie et dans l’aérien, où la demande reste « nettement inférieure à la normale ». À l’approche de l’été, période traditionnellement marquée par une hausse de la consommation de carburants, le marché pétrolier reste suspendu à l’évolution du conflit au Moyen-Orient et à la réouverture durable du détroit d’Ormuz.
