- La Commission européenne veut simplifier les trajets ferroviaires internationaux en instaurant un billet unique valable sur plusieurs opérateurs.
- Objectif : rendre le train plus attractif face à l’avion, tout en renforçant les droits des passagers en cas de correspondance manquée.
Bruxelles s’attaque au casse-tête du rail européen. L’Union européenne veut lever l’un des principaux obstacles au développement du train transfrontalier : la complexité des réservations. La Commission européenne a présenté, mercredi 13 mai, un projet visant à créer un billet unique pour voyager en train à travers l’Europe, même lorsque le trajet implique plusieurs compagnies ferroviaires.
Aujourd’hui, les passagers doivent souvent acheter plusieurs billets séparés pour un même parcours international. Une fragmentation qui complique la comparaison des prix, multiplie les plateformes de réservation et expose les voyageurs à un risque important en cas de correspondance manquée.
« De Berlin à Barcelone en train. Aujourd’hui, les trajets transnationaux impliquent plusieurs réservations et des risques si vous manquez une correspondance. Changeons cela. Avec un seul billet et tous vos droits de passager garantis tout au long de votre voyage », a lancé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, sur les réseaux sociaux.
Un seul billet, plusieurs compagnies
Le dispositif proposé par Bruxelles doit permettre aux voyageurs d’acheter, sur une seule plateforme et en une seule transaction commerciale, un billet couvrant l’ensemble d’un trajet ferroviaire international. Ce titre unique pourrait inclure des services opérés par différentes entreprises ferroviaires.
Pour y parvenir, l’Union européenne entend contraindre les compagnies détenant au moins 50 % de part de marché dans un pays à ouvrir leur billetterie en ligne aux autres opérateurs qui en feraient la demande. Une mesure destinée à fluidifier l’accès aux offres, à renforcer la comparaison des prix et à favoriser la concurrence sur les liaisons transfrontalières.
Des droits renforcés en cas de retard
Le projet ne se limite pas à la billetterie. Il prévoit aussi une protection renforcée pour les passagers. En cas de correspondance manquée dans le cadre d’un voyage couvert par un billet unique, l’entreprise ferroviaire concernée devra garantir plusieurs droits.
Le voyageur pourra choisir entre un réacheminement vers sa destination finale sans frais supplémentaires ou le remboursement du billet unique. Il pourra également bénéficier d’une assistance, incluant des repas, voire un hébergement lorsqu’une nuitée devient nécessaire. Une indemnisation pour le retard subi serait aussi prévue.
Bruxelles veut ainsi étendre aux trajets multi-opérateurs les obligations déjà imposées aux compagnies ferroviaires prises individuellement.
Le train encore loin derrière l’avion
L’enjeu est aussi climatique et industriel. Selon Eurostat, près de 400 millions de passagers ont effectué des voyages internationaux en avion au sein de l’Union européenne en 2024, contre environ 150 millions en train pour des trajets transfrontaliers.
La Commission européenne espère que ses propositions permettront d’augmenter de 5 % le nombre de passagers ferroviaires, selon le commissaire européen au Transport durable et au Tourisme, Apostolos Tzitzikostas.
Un test pour l’intégration ferroviaire européenne
Avec ce projet, Bruxelles tente de rapprocher le marché ferroviaire européen du modèle aérien, où la réservation intégrée et la lisibilité des offres sont devenues la norme. Mais sa mise en œuvre dépendra de la capacité des États membres et des opérateurs historiques à accepter une plus grande ouverture de leurs systèmes de distribution.
Pour l’Union européenne, le billet unique apparaît comme un levier stratégique : simplifier l’expérience des voyageurs, renforcer la concurrence et faire du train une alternative plus crédible à l’avion sur les trajets intra-européens.
