- Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés à Pékin les 14 et 15 mai pour un sommet consacré aux relations commerciales et aux tensions internationales.
- Le président américain a évoqué des accords économiques, tandis que la Chine a appelé à un cessez-le-feu au Moyen-Orient et à la réouverture du détroit d’Ormuz.
La visite de Donald Trump en Chine s’est achevée sur une volonté affichée de détente entre les deux premières puissances mondiales. Au deuxième jour du sommet sino-américain, vendredi 15 mai, Xi Jinping a salué « une visite historique, qui fera date», évoquant l’établissement d’une nouvelle relation de « stabilité stratégique constructive » entre Pékin et Washington.
À ses côtés, Donald Trump a revendiqué des avancées économiques majeures. « Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays », a déclaré le président américain, soucieux de présenter cette séquence diplomatique comme un succès politique et commercial.
Des annonces commerciales encore à confirmer
Selon Donald Trump, la Chine se serait engagée à acheter 200 « gros » Boeing, ainsi que du pétrole et des produits agricoles américains. Pékin n’a toutefois pas confirmé ces annonces dans les mêmes termes, signe que les discussions restent encadrées par une grande prudence diplomatique.
Washington évoque également des échanges avancés sur des biens dits « non sensibles », pour un montant pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les deux capitales cherchent surtout à mettre en place des mécanismes capables d’éviter une nouvelle escalade douanière, après plusieurs mois de tensions commerciales.

Le Moyen-Orient s’invite dans les discussions
Au-delà du commerce, la guerre au Moyen-Orient a occupé une place centrale dans les échanges. Donald Trump a affirmé, auprès de Fox News, que Xi Jinping lui avait déclaré « avec force » que la Chine ne fournirait pas de matériel militaire à l’Iran.
Sur le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les flux énergétiques mondiaux, le président américain a également assuré que son homologue chinois s’était dit prêt à contribuer à une désescalade. « Si je peux être d’une quelconque aide, je serai ravi d’aider », aurait déclaré Xi Jinping, selon Donald Trump.
Pékin a, de son côté, appelé vendredi à un cessez-le-feu complet au Moyen-Orient et à la réouverture du détroit d’Ormuz « dès que possible ». « Cette guerre, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, n’a aucune raison de se poursuivre », a affirmé le ministère chinois des Affaires étrangères. « Les voies maritimes doivent être rouvertes dès que possible comme le demande la communauté internationale », a-t-il ajouté, réclamant aussi qu’« un cessez-le-feu global et durable » soit instauré.
Une rivalité stratégique toujours intacte
Malgré le faste de la visite d’État et les déclarations conciliantes, la compétition sino-américaine demeure profonde. Elle est commerciale, technologique, militaire et diplomatique. La Chine semble miser sur l’érosion de la puissance américaine, une lecture subtilement évoquée par Xi Jinping à travers une référence à Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante.

Donald Trump a répondu jeudi soir sur Truth Social. « Le président Xi a fait très élégamment référence aux États-Unis comme étant peut-être une nation en déclin », a-t-il écrit. Mais, selon lui, cette remarque visait l’Amérique de son prédécesseur Joe Biden, et non celle de son mandat. « Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les États-Unis sont le pays le plus génial de la planète », a conclu le président américain.
Une stabilisation plus qu’une réconciliation
Ce sommet marque donc moins une normalisation qu’une tentative d’encadrement de la rivalité entre Pékin et Washington. Les deux puissances cherchent à restaurer des canaux de discussion, à limiter les risques d’escalade commerciale et à peser sur les crises internationales, sans remettre en cause leur concurrence de fond.
La formule de « stabilité stratégique constructive » résume cette séquence : un apaisement tactique, utile aux marchés et aux chancelleries, mais encore fragile face aux tensions globales qui structurent désormais la relation entre les États-Unis et la Chine.
