- Le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire visant notamment Édouard Philippe, maire Horizons du Havre et candidat déclaré à la présidentielle de 2027.
- Au cœur du dossier : les conditions de création et de gestion de la Cité numérique du Havre, un projet public aujourd’hui abandonné.
Le Parquet national financier a annoncé, mardi 19 mai, l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits présumés de « détournement de fonds publics », « favoritisme », « prise illégale d’intérêt » et « concussion » au Havre.
L’enquête porte sur la Cité numérique du Havre, vaste projet lancé en 2020 pour accompagner l’innovation et le numérique au cœur du port. Initialement budgété à 8 millions d’euros, le programme devait être cofinancé par la région Normandie, le département de Seine-Maritime et la communauté urbaine Havre Seine Métropole.
Les magistrats s’intéressent notamment aux conditions dans lesquelles l’association LH French Tech a été désignée pour gérer ce tiers-lieu d’innovation. Seule candidate à un appel à manifestation d’intérêt lancé en mars 2020, l’association devait bénéficier d’une dotation globale de 2,154 millions d’euros.
Au total, 1,15 million d’euros aurait été versé avant l’échec du projet et la liquidation de l’association en 2023.
Des soupçons de favoritisme et de conflit d’intérêts
Édouard Philippe est soupçonné d’avoir favorisé son adjointe Stéphanie de Bazelaire, chargée de l’innovation et du numérique, en lui confiant la gestion de la Cité numérique via LH French Tech, dont elle avait pris la présidence.
L’information judiciaire porte également sur une possible prise illégale d’intérêts, les enquêteurs cherchant à déterminer si les protagonistes ont pu tirer un avantage politique, relationnel ou institutionnel de l’opération.
Le dossier vise aussi des faits présumés de concussion concernant Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre. Cette qualification pénale renvoie à des soupçons de malversation commise par une personne dépositaire de l’autorité publique.
Édouard Philippe dit vouloir répondre « sereinement » à la justice
L’entourage de l’ancien Premier ministre indique qu’Édouard Philippe « prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire », qu’il affirme avoir apprise « par la presse ».
Ses proches assurent qu’il « répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine ». Les faits sont contestés par l’ancien chef du gouvernement.
