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Zone euro : Bruxelles abaisse fortement ses prévisions de croissance sous l’effet du choc énergétique

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  • La Commission européenne revoit nettement à la baisse ses perspectives économiques pour la zone euro en 2026, plombée par les conséquences du conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie.
  • Bruxelles redoute désormais un scénario de « choc stagflationniste », mêlant ralentissement économique et inflation persistante.

    La Commission européenne a abaissé ce jeudi ses prévisions de croissance pour la zone euro, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de leur impact sur les marchés énergétiques. Bruxelles n’anticipe plus qu’une progression de 0,9%du Produit intérieur brut (PIB) dans les 21 pays partageant la monnaie unique en 2026, contre 1,2% attendu lors des précédentes estimations publiées en novembre.

Cette révision marque un net ralentissement par rapport à l’an dernier, avec une perte estimée d’un demi-point de croissance pour l’économie européenne.

L’Allemagne, première économie de la zone euro, apparaît particulièrement fragilisée. Sa croissance est désormais attendue à seulement 0,6% cette année, soit deux fois moins qu’anticipé auparavant. La France résisterait légèrement mieux, avec une progression du PIB estimée à 0,8%, contre 0,9% prévu jusqu’ici.

Le conflit au Moyen-Orient ravive les tensions inflationnistes

Au cœur de cette dégradation économique : l’envolée des prix du pétrole et de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient. La Commission prévoit désormais une inflation moyenne de 3% dans la zone euro cette année, alors qu’elle tablait auparavant sur 1,9%.

Le conflit au Moyen-Orient a provoqué un choc énergétique majeur, mettant davantage à l’épreuve l’Europe, déjà confrontée à un environnement géopolitique et commercial instable”, a reconnu le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis.

Ce constat pessimiste est renforcé par les derniers indicateurs de conjoncture. L’indice PMI publié par S&P Global fait état d’une accélération de la contraction de l’activité dans le secteur privé européen au mois de mai, confirmant l’essoufflement de la dynamique économique.

Bruxelles craint un scénario de stagflation durable

Pour 2027, la Commission européenne espère encore une amélioration progressive de la situation économique. La croissance de la zone euro pourrait remonter à 1,2%, soit toutefois 0,2 point de moins qu’espéré précédemment.

Cette embellie reposerait principalement sur un reflux progressif de l’inflation, attendue à 2,3% l’an prochain, un niveau proche de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne.

Mais Bruxelles reconnaît que ces projections demeurent extrêmement fragiles. Dès le mois de mars, l’exécutif européen avait mis en garde contre le risque d’un “choc stagflationniste majeur”, combinant faible croissance et inflation élevée.

Un scénario alternatif a ainsi été élaboré par la Commission. Celui-ci envisage une poursuite de la hausse des prix de l’énergie jusqu’à la fin de l’année.

Dans un tel scénario, l’inflation ne ralentirait pas et l’activité économique ne parviendrait pas à rebondir en 2027”, prévient Bruxelles.

Pressions sur les finances publiques européennes

Cette nouvelle dégradation économique ravive également les débats autour des règles budgétaires européennes. Plusieurs États membres, notamment l’Italie, plaident pour davantage de flexibilité afin de soutenir leurs économies face au choc énergétique.

La Commission européenne maintient toutefois une ligne prudente. Elle appelle les gouvernements à limiter les dispositifs de soutien généralisés aux entreprises et aux ménages. “L’UE doit tirer les leçons des crises passées en limitant le soutien budgétaire à des mesures temporaires et ciblées, et en réduisant encore sa dépendance aux énergies fossiles importées”, insiste Valdis Dombrovskis.

Le commissaire européen appelle également les États membres à “accélérer les réformes, lever les obstacles à la croissance et préserver la santé de ses finances publiques”.

La France sous surveillance sur ses déficits

Concernant la France, Bruxelles prévoit un maintien du déficit public à 5,1% du PIB cette année avant une nouvelle dégradation à 5,7% en 2027, “en supposant que les politiques restent inchangées”.

Malgré ce contexte économique dégradé, le Premier ministre Sébastien Lecornu maintient son objectif de ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB d’ici 2029. Le gouvernement français espère encore limiter le déficit à 5% dès cette année grâce à un plan d’économies budgétaires de 6 milliards d’euros annoncé au printemps.

 

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