- Visé par une information judiciaire dans une affaire liée à la gestion du Havre, Édouard Philippe réaffirme sa détermination à concourir à la présidentielle de 2027.
- L’ancien Premier ministre assure qu’« aucune décision non définitive de justice » ne l’empêchera d’être candidat.
Une candidature maintenue malgré l’enquête judiciaire. Édouard Philippe entend lever toute ambiguïté sur ses ambitions nationales. Invité jeudi 28 mai sur France Inter, le président d’Horizons a affirmé qu’« aucune décision non définitive de justice ne [l]’empêchera d’être candidat à l’élection présidentielle ».
Une déclaration qui sonne comme une clarification politique : l’ancien Premier ministre se projette bien vers 2027, y compris dans l’hypothèse d’une mise en examen dans l’affaire visant la gestion de la ville du Havre, dont il est maire.
Une affaire ouverte par le Parquet national financier
L’enquête porte sur des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre. Elle fait suite à une première plainte déposée en septembre 2023 par une lanceuse d’alerte, ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
Cette dernière affirme avoir été « témoin de pratiques et manœuvres particulièrement graves et manifestement illégales, de la part d’élus de la communauté urbaine », dont Édouard Philippe. Le Parquet national financier avait ouvert une enquête, suivie de perquisitions en avril 2024. Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a ensuite été déposée en juin 2025, avant l’ouverture d’une information judiciaire annoncée le 19 mai.
« Je n’ai pas enfreint la loi »
Depuis le début, Édouard Philippe conteste les accusations. Sur France Inter, il a qualifié le dossier d’« affaire très technique » et a réaffirmé sa ligne de défense : « Je n’ai pas enfreint la loi et je suis innocent. »
L’ancien chef du gouvernement assure par ailleurs s’être tenu, et vouloir continuer à se tenir, « à la disposition de la justice pour répondre à toutes les questions qui se poseront ».
Une stratégie de campagne assumée
Au-delà du volet judiciaire, Édouard Philippe répond également aux critiques sur sa discrétion politique. « Je suis comme je suis, mais je suis complètement déterminé », a-t-il déclaré.
Son positionnement intervient après les propos de Gérald Darmanin, ministre de la Justice et proche politique, qui l’a appelé mardi sur France 2 à montrer davantage « son envie d’être président de la République ».
Édouard Philippe assume pourtant une stratégie à son rythme. « J’aime faire les campagnes électorales, j’ai envie de gagner cette élection présidentielle et j’ai envie de proposer très exactement aux Français le programme qui est le mien et c’est ça qui fera la différence », a-t-il affirmé.
« Personne ne me dictera mon rythme »
Face à l’accélération du calendrier politique, le maire du Havre revendique une forme de sobriété dans sa communication. « Je vais faire [la campagne] pleinement, je vais la faire à mon rythme et personne ne me dictera mon rythme, ni mes amis, ni mes adversaires », a-t-il insisté.
S’il reconnaît que « l’hypercommunication » compte dans la vie politique actuelle, Édouard Philippe estime que les électeurs restent sensibles à « une forme d’authenticité, y compris avec des défauts ». Il dit vouloir « dire les choses que [je crois] importantes, même lorsqu’elles ne sont pas populaires ».
À un peu plus d’un an de l’entrée dans la dernière ligne droite présidentielle, Édouard Philippe tente ainsi de conjuguer défense judiciaire, affirmation politique et construction d’une candidature présentée comme méthodique et assumée.
