- Les trois pays partenaires du gazoduc transsaharien ont validé, mercredi, le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du projet.
- Ce pipeline stratégique doit transporter le gaz naturel nigérian vers l’Algérie via le Niger, avant son exportation vers l’Europe et d’autres marchés internationaux.
Une étape décisive pour un projet continental. Les travaux de la 5e réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de gazoduc transsaharien (TSGP) se sont clôturés mercredi soir par l’adoption et la validation du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée. Cette étape constitue un jalon important pour ce chantier énergétique majeur, inscrit parmi les projets structurants du continent africain.
Réunis autour du dossier, le ministre d’État chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, le ministre nigérian chargé des Ressources pétrolières en charge du gaz, Ekperikpe Ekpo, et le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tinni, ont examiné l’état d’avancement du projet, aux côtés des dirigeants des compagnies nationales Sonatrach, NNPC et Sonidep.
L’étude actualisée, réalisée par le cabinet britannique Penspen, doit désormais servir de référence technique et économique pour les prochaines étapes de réalisation.

Un corridor gazier vers l’Europe
Le TSGP vise à transporter le gaz naturel du Nigeria vers l’Algérie, en passant par le Niger, pour l’exporter ensuite vers l’Europe et d’autres marchés internationaux. Long de 4 128 kilomètres, ce pipeline doit permettre de valoriser les importantes réserves gazières nigérianes, estimées à quelque 215 trilliards de pieds cubes.
Pour Abuja, l’enjeu est stratégique. « J’ai réaffirmé que le Nigeria fera tout ce qui est en son pouvoir pour garantir la réalisation de ce projet », a déclaré Ekperikpe Ekpo. Le ministre nigérian a également insisté sur la nécessité d’accélérer le calendrier : « L’histoire montre que le début du travail sur ce projet remonte à 2001, et il n’est pas possible de permettre que cette situation se poursuive en l’état. »
Un levier d’intégration africaine
Au-delà de la dimension énergétique, le gazoduc transsaharien s’inscrit dans une logique d’intégration régionale. Porté dans le cadre du NEPAD, il ambitionne de renforcer la place de l’Afrique dans les équilibres énergétiques mondiaux, à un moment où l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements gaziers.
« Ce projet permettra de créer des opportunités d’emploi, de fabriquer et de transporter le gaz disponible en quantités énormes au Nigeria vers l’Union européenne à travers le gazoduc, et le succès de ce projet aura un grand impact sur le continent africain », a souligné Ekperikpe Ekpo.
Le tronçon algérien lancé
À l’issue de la réunion, les trois pays ont convenu de lancer les procédures opérationnelles liées à la concrétisation du projet, de finaliser les dispositions nécessaires et de poursuivre la coordination entre les trois compagnies nationales chargées du suivi.
Dans une déclaration commune, Mohamed Arkab a annoncé le lancement des travaux de réalisation du tronçon algérien du gazoduc transsaharien, présenté comme une partie centrale de ce projet stratégique continental.
Pour Alger, le TSGP confirme son rôle de pivot énergétique entre l’Afrique subsaharienne, le Maghreb et les marchés européens. Pour le Nigeria et le Niger, il ouvre la voie à une meilleure valorisation des ressources gazières et à un renforcement des infrastructures régionales.
