11.8 C
Paris
vendredi, octobre 23, 2026
AccueilActualitéBudget 2027 : les retraités aisés pourraient être davantage mis à contribution

Budget 2027 : les retraités aisés pourraient être davantage mis à contribution

Date:

6 min de lecture

Le gouvernement prépare le budget 2027 et envisage de faire davantage contribuer les retraités aisés, via une moindre indexation des pensions élevées ou une réforme de l'abattement fiscal de 10 %. Roland Lescure évoque aussi une contribution accrue de l'épargne salariale pour éviter un déficit avoisinant 6 %.

Faits clés
Abattement fiscal des retraités 10 %abattement appliqué aux retraites pour le calcul de l'impôt sur le revenu
Déficit anticipé 2027 sans mesures 6 %selon Roland Lescure, en l'absence de nouvelles mesures
Objectif de déficit 2027 au pire 5 %objectif de Bercy, avec l'ambition de passer sous 5 %
  • Le gouvernement étudie une moindre indexation des pensions élevées ou une réforme de l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités.
  • Invité de RTL ce lundi 7 septembre, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a également confirmé que l’exécutif travaillait sur une contribution accrue de l’épargne salariale.

    À l’approche des arbitrages sur le budget 2027, le gouvernement prépare les esprits à un effort collectif. Interrogé sur RTL , Roland Lescure a prévenu qu’aucune catégorie de la population ne pourrait être systématiquement tenue à l’écart du redressement des finances publiques.

« Il va falloir faire des efforts dans toutes les dimensions, dépenses et recettes », a déclaré le ministre de l’Économie. Une ligne destinée à contenir un déficit qui pourrait, selon lui, avoisiner 6 % l’année prochaine en l’absence de nouvelles mesures.

Les retraités aisés appelés à contribuer

Parmi les pistes examinées figure une contribution accrue des retraités disposant des revenus les plus élevés. Le gouvernement hésite notamment entre une désindexation partielle de leurs pensions et une remise en cause de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux retraites.

« Je comprends les frustrations. (…) J’entends les préventions des uns et des autres sur “est-ce qu’il faut que les retraités fassent un effort ?” », a reconnu Roland Lescure. Le ministre a toutefois rejeté l’idée que l’ensemble des efforts puisse reposer sur les seuls actifs.

« Est-ce qu’il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts sauf les retraités qui, pour certains d’entre eux, sont dans une situation de revenus relativement favorable ? La réponse est évidemment non », a-t-il poursuivi sur RTL.

Interrogé sur l’option privilégiée par l’exécutif, le locataire de Bercy n’a fermé aucune porte : « L’un ou l’autre, on regarde les deux, l’un et l’autre ont du sens. »

Une hausse des pensions inférieure à l’inflation

La première hypothèse consisterait à revaloriser moins fortement certaines pensions par rapport à l’évolution des prix. Les pensions de retraite de base sont normalement revalorisées en fonction de l’inflation, selon les règles présentées par l’Assurance retraite.

Les modalités précises de la mesure envisagée pour 2027, notamment le seuil de pension ou de revenus à partir duquel elle pourrait s’appliquer, restent à définir.

Roland Lescure a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de « baisser les retraites », contrairement aux réductions nominales décidées dans certains pays confrontés à un « mur financier parce qu’ils n’avaient pas fait les mesures nécessaires en temps et en heure ».

L’objectif serait plutôt de déterminer « si on augmente moins les retraites que ce que l’inflation prévoirait ». Cette sous-indexation permettrait de ralentir la progression des dépenses de pension sans diminuer directement les montants déjà versés.

La seconde piste concernerait l’abattement de 10 % dont bénéficient les pensionnés pour le calcul de leur impôt sur le revenu. Sa modification, son plafonnement ou son ciblage sur les retraités les plus aisés augmenterait mécaniquement le revenu imposable des ménages concernés.

L’épargne salariale également dans le viseur

Le gouvernement travaille parallèlement sur une contribution de l’épargne salariale au financement de la Sécurité sociale. Selon une information révélée par Les Échos, l’exécutif envisage de soumettre à cotisations sociales une partie des primes d’intéressement, de participation et des abondements versés par les employeurs sur les plans d’épargne.

Ces dispositifs bénéficient actuellement d’un régime social et fiscal plus favorable que les salaires traditionnels. Le ministère de l’Économie présente en détail les règles applicables à l’intéressement, à la participation et aux plans d’épargne salariale.

Roland Lescure a confirmé que cette option figurait parmi les hypothèses étudiées, sans préjuger des arbitrages définitifs. « Cela fait partie des pistes qu’on regarde, comme d’autres », a-t-il déclaré, tout en soulignant qu’« il n’y a rien d’acquis aujourd’hui ».

Un déficit à ramener sous les 5 %

Face aux contestations suscitées par ces mesures potentiellement impopulaires, le ministre de l’Économie reconnaît la difficulté de l’exercice. « Derrière chaque mesure, il y a une bonne raison de ne pas la faire », a-t-il admis.

Pour Bercy, l’absence de décisions nouvelles présenterait toutefois un risque plus important. « Mais la réalité, c’est que si on ne fait rien, on va dans le mur », a prévenu Roland Lescure.

Le ministre estime que le déficit pourrait atteindre « autour de 6 % » en 2027 en l’absence d’efforts supplémentaires. « L’objectif, c’est au pire 5 %, et on aimerait même être en dessous de 5 % », a-t-il indiqué.

Le gouvernement devra désormais transformer ces différentes pistes en arbitrages précis avant la présentation du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

Questions fréquentes

Quelles mesures pour les retraités dans le budget 2027 ?

Le gouvernement hésite entre une désindexation partielle des pensions les plus élevées et une remise en cause de l'abattement fiscal de 10 % appliqué aux retraites, sans arbitrage définitif.

Qu'est-ce que la sous-indexation des pensions ?

Il s'agit d'augmenter certaines pensions moins fortement que l'inflation. Selon Roland Lescure, ce n'est pas baisser les retraites mais ralentir la progression des dépenses sans diminuer les montants versés.

L'épargne salariale sera-t-elle taxée ?

Le gouvernement envisage de soumettre à cotisations sociales une partie des primes d'intéressement, de participation et des abondements employeurs, aujourd'hui plus favorablement traités que les salaires. Rien n'est acquis.

Quel est l'objectif de déficit pour 2027 ?

Bercy vise un déficit d'« au pire 5 % » en 2027, avec l'ambition de passer sous ce seuil, contre environ 6 % attendus sans nouvelles mesures.

Retrouvez Echos Plus en priorité dans vos recherches Google.

Retrouvez cet article dans notre dossier : Réforme des retraites

Notre dossierRéforme des retraites
La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires