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Algérie-Niger : Sonatrach se positionne sur le développement du bloc pétrolier Bilma

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  • Le bloc pétrolier Bilma pourrait produire plus de 20 000 barils par jour pendant vingt ans, selon les premières projections présentées à Alger.
  • Sonatrach doit désormais examiner l’étude de faisabilité du projet, nouvel axe d’une coopération énergétique algéro-nigérienne déjà engagée à Kafra et autour de la raffinerie de Zinder.

   La coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger s’étend à un nouveau projet stratégique. Reçu samedi 29 août à Alger par Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, le directeur général de la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP), Ali Seibou Hassane, a placé le développement du bloc pétrolier Bilma au centre des discussions.

Cette rencontre, organisée au siège du ministère en présence de responsables du secteur et de représentants de Sonatrach, intervient quelques semaines après le lancement du forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1. Elle confirme la volonté d’Alger et de Niamey d’élargir leur coopération à l’ensemble de la chaîne pétrolière, de l’exploration à la commercialisation, en passant par le raffinage, la distribution et la formation.

Bilma, un potentiel supérieur à 20 000 barils par jour

Situé dans la région de Diffa et s’étendant jusqu’à celle d’Agadez, le bloc Bilma concentre désormais l’attention des deux partenaires. Sonatrach procédera à un examen technique approfondi de l’étude de faisabilité consacrée au gisement, étape préalable à l’élaboration d’un plan de développement.

Selon les projections communiquées lors de la réunion, la production du champ pourrait dépasser 20 000 barils de pétrole par jour, pour une durée d’exploitation estimée à vingt ans. Ces prévisions restent toutefois conditionnées aux conclusions de l’expertise technique et aux résultats des études qui devront préciser les caractéristiques des réservoirs identifiés.

Mohamed Arkab a assuré que Sonatrach accompagnerait la SONIDEP dans la préparation et la mise en œuvre du plan de développement. Le groupe public algérien entend mobiliser « son expérience et son savoir-faire accumulés dans les différentes étapes de développement et d’exploitation des gisements d’hydrocarbures » afin de contribuer à la concrétisation du projet.

Selon le communiqué,  la rencontre visait à examiner « l’état et les perspectives de la coopération et du partenariat algéro-nigérien dans le domaine des hydrocarbures », avec une attention particulière portée aux projets structurants et aux possibilités de coopération entre Sonatrach et la SONIDEP.

Le ministère inscrit également ces travaux « dans la dynamique de renforcement du partenariat stratégique entre l’Algérie et le Niger dans le secteur des hydrocarbures », fondée sur la coopération, le transfert de savoir-faire et la réalisation de projets profitant aux deux pays.

Algérie-Niger : Sonatrach se positionne sur le développement du bloc pétrolier Bilma
Alger et de Niamey d’élargir leur coopération à l’ensemble de la chaîne pétrolière, de l’exploration à la commercialisation, en passant par le raffinage, la distribution et la formation (photo fournie)

Kafra, premier chantier concret du partenariat pétrolier

Le dossier Bilma vient compléter les opérations déjà engagées sur le bloc Kafra, où Sonatrach intervient à travers sa filiale internationale SIPEX. Le 13 août 2026, les Premiers ministres algérien et nigérien, Sifi Ghrieb et Ali Mahaman Lamine Zeine, ont officiellement lancé les travaux de forage du puits d’exploration Kafra Sud-Est 1, dans la région d’Agadez.

Ce forage marque la reprise des activités d’exploration sur un bloc de 23 737 kilomètres carrés, situé dans le nord du Niger, entre les départements d’Iferouane et de Bilma, près de la frontière algérienne. Il constitue l’une des premières réalisations opérationnelles du rapprochement énergétique engagé entre les deux pays.

Lors d’une réunion bilatérale élargie organisée jeudi à Alger, Sifi Ghrieb avait salué « les progrès notables et le rythme accéléré » enregistrés dans la mise en œuvre des engagements communs. Le chef du gouvernement algérien avait estimé que le projet Kafra « n’est qu’un premier maillon de notre partenariat global, qui couvre l’ensemble des chaînes de valeur dans l’industrie pétrolière, y compris la création d’entreprises mixtes ».

La raffinerie de Zinder au cœur du transfert de compétences

Au-delà de l’exploration, Alger et Niamey souhaitent approfondir leur coopération dans le raffinage. Les discussions ont ainsi porté sur la raffinerie de Zinder, infrastructure stratégique pour la transformation du brut et la sécurisation de l’approvisionnement du Niger en produits pétroliers.

Les deux parties ont convenu d’organiser prochainement en Algérie une session de formation destinée à une délégation nigérienne. Celle-ci sera consacrée à la maintenance des installations de la raffinerie, avec l’objectif de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des équipes de la SONIDEP.

L’Algérie s’est également engagée à accompagner le Niger dans la commercialisation internationale de son pétrole brut. Cette coopération traduit la volonté des deux pays de dépasser la seule exploration pour construire un partenariat couvrant progressivement la production, la transformation et l’accès aux marchés.

Bitume et carburants : Naftal étend la coopération

La réunion a également permis d’examiner les projets associant Naftal et la SONIDEP. Parmi les dossiers étudiés figure la création d’un centre d’approvisionnement en bitume dans la région de Zinder, ainsi que la possibilité de fournir au Niger du carburant d’aviation et différents types de produits pétroliers.

Ce volet s’appuie sur les trois protocoles d’entente conclus en juin 2026 entre la SONIDEP et plusieurs filiales de Sonatrach. Ces accords portent notamment sur l’acquisition et le traitement de données sismiques, la création d’une coentreprise de forage pétrolier et gazier, ainsi que la fabrication, le stockage et la distribution de bitumes. Ils prévoient également des actions de formation et le développement d’infrastructures de distribution au Niger, selon le communiqué de Sonatrach.

Les premières livraisons de kérosène Jet A1 expédiées par Sonatrach depuis la raffinerie d’Adrar vers le Niger, le 15 août, illustrent déjà l’élargissement de cette coopération aux échanges commerciaux. Les deux délégations ont décidé de poursuivre les réunions techniques entre la SONIDEP, Sonatrach et ses filiales afin d’approfondir les études et de fixer les prochaines étapes opérationnelles.

Un partenariat énergétique à dimension régionale

Le rapprochement entre Alger et Niamey dépasse désormais le seul secteur pétrolier. Il englobe aussi le projet de gazoduc transsaharien TSGP, destiné à relier le Nigeria à l’Algérie en traversant le Niger, ainsi que la coopération dans l’électricité.

Dans ce dernier domaine, Sonelgaz a notamment réalisé la centrale de Gorou Banda, destinée à renforcer les capacités de production électrique du Niger. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large d’intégration énergétique régionale et de coopération Sud-Sud.

De Kafra à Bilma, en passant par la raffinerie de Zinder, les carburants, le bitume et le gazoduc transsaharien, l’Algérie et le Niger bâtissent ainsi un partenariat couvrant progressivement l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique. La concrétisation du bloc Bilma pourrait désormais en constituer l’un des principaux leviers industriels

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