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L’UEFA menace de boycotter les compétitions de la FIFA face au projet d’ouverture du capital

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Les 55 fédérations de l'UEFA ont rejeté à l'unanimité le projet FIFA Forward Enterprise, qui prévoit de céder jusqu'à 20 % d'une filiale valorisée 20 milliards de dollars à des investisseurs privés. Elles menacent de boycotter les compétitions de la FIFA si le projet n'est pas abandonné.

Faits clés
Part du capital cédée jusqu'à 20 %filiale FIFA Forward Enterprise, investisseurs privés minoritaires
Valorisation de la filiale 20 milliards de dollarsFIFA Forward Enterprise
Levée de fonds potentielle 4,2 milliards de dollarsselon Reuters
Fédérations européennes opposées 55 fédérationsmembres de l'UEFA, vote unanime du 30 juillet
Financement par association membre 20 millions de dollarsentre 2027 et 2030, selon la FIFA

    La fracture s’élargit au sommet du football mondial. Réunies jeudi 30 juillet, les 55 fédérations membres de l’Union européenne des associations de football (UEFA) ont unanimement rejeté le projet FIFA Forward Enterprise porté par la Fédération internationale de football (FIFA) et son président, Gianni Infantino.

Les fédérations européennes préviennent qu’elles « ne participeront pas aux compétitions de la FIFA » si le projet est adopté, à moins qu’il ne soit « abandonné dans son intégralité » et que des garanties fermes soient apportées contre toute ouverture future de la gouvernance ou des compétitions de la FIFA à des capitaux privés.

Cette menace pourrait notamment concerner la Coupe du monde féminine organisée au Brésil en 2027, prochaine édition senior du tournoi mondial féminin.

Une filiale commerciale valorisée 20 milliards de dollars

Dévoilé le 28 juillet, le projet prévoit la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle structure destinée à réunir les droits commerciaux de la FIFA — diffusion, sponsoring, licences, billetterie et hospitalité — ainsi que l’organisation opérationnelle de ses compétitions.

La FIFA envisage de céder jusqu’à 20 % du capital de cette filiale à des investisseurs privés minoritaires et non décisionnaires. L’entité serait valorisée autour de 20 milliards de dollars et pourrait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, selon Reuters.

« L’UEFA et ses 55 fédérations membres parlent d’une seule voix », affirme l’organisation européenne dans son communiqué. « Nous rejetons à l’unanimité et sans équivoque la proposition de la FIFA visant à céder des parts de propriété de la Coupe du monde et d’autres compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. »

Pour l’UEFA, les principales compétitions internationales ne peuvent être considérées comme de simples actifs financiers. L’organisation estime que leur valeur résulte d’un héritage collectif construit par les joueurs, les équipes nationales et les supporters.

La crainte d’un football dirigé par les actionnaires

Au-delà de la structure financière envisagée, l’UEFA redoute une transformation durable des priorités de la FIFA. L’entrée d’investisseurs extérieurs pourrait, selon elle, soumettre le calendrier international et les formats des compétitions à des objectifs de rentabilité.

« Dès l’instant où des investisseurs extérieurs acquièrent des participations dans les compétitions de la FIFA, le football change à jamais », avertit l’instance européenne. « À partir de ce moment-là, chaque décision concernant le calendrier international, chaque décision relative aux formats des compétitions et chaque décision façonnant l’avenir du football n’est plus guidée par ce qui sert au mieux le jeu, mais par ce qui sert au mieux les actionnaires. »

L’UEFA conclut que « ce modèle n’a pas sa place dans le football mondial » et que l’avenir du sport ne peut être dicté par des acteurs dont « le premier devoir est de maximiser le rendement financier ».

Un calendrier et une méthode vivement contestés

La FIFA a donné à ses 211 associations membres jusqu’au 19 septembre pour examiner et soutenir la proposition. Le projet devra recueillir l’approbation d’une majorité des fédérations ainsi que celle du Conseil de la FIFA avant de pouvoir être mis en œuvre.

L’instance mondiale présente FIFA Forward Enterprise comme un moyen d’accroître fortement les financements consacrés au développement du football. Dans une mise au point publiée vendredi 31 juillet, elle affirme que chaque association membre recevrait 20 millions de dollars entre 2027 et 2030, indépendamment de son soutien individuel au projet. Un mécanisme optionnel pourrait également permettre de mobiliser des financements supplémentaires, selon les précisions apportées par la FIFA.

Cette communication n’a toutefois pas apaisé les critiques sur la méthode employée. L’UEFA dénonce un processus conduit sans concertation suffisante et sous la pression d’un calendrier particulièrement resserré.

« Il est à la fois irresponsable et indéfendable qu’une proposition d’une telle importance pour le football ait été élaborée en secret et amenée au bord de l’adoption sans aucune consultation significative avec ceux à qui il incombe de veiller sur ce sport», estime l’organisation européenne.

Elle accuse également la FIFA de placer les fédérations nationales devant un ultimatum : « Il ne s’agit pas d’une “décision démocratique”, mais d’une gouvernance par l’intimidation — un acte de coercition indigne d’une institution chargée de la gestion du football mondial. »

La World Leagues Association réclame le retrait du projet

L’opposition ne se limite pas aux fédérations européennes. La World Leagues Association (WLA), qui représente des ligues professionnelles de plusieurs confédérations, a également demandé à la FIFA de retirer FIFA Forward Enterprise.

L’organisation souligne que la valeur de la Coupe du monde repose sur l’ensemble de la pyramide du football, notamment sur les clubs qui mettent leurs joueurs à la disposition des sélections nationales. Elle estime que le projet accentue « le conflit d’intérêts entre le rôle de la FIFA en tant que régulateur du football mondial et celui d’organisateur commercial des grandes compétitions internationales ».

Dans son communiqué, la WLA réclame « un changement fondamental dans les processus décisionnels de la FIFA » afin que les décisions engageant l’ensemble du football soient prises de manière transparente et avec la participation de toutes les parties prenantes.

De son côté, la FIFA assure qu’« aucun élément du football n’est à vendre » et maintient son processus de consultation. Mais face à la menace de boycott unanime de l’UEFA et aux réserves exprimées par d’autres confédérations, le projet commercial de Gianni Infantino apparaît désormais comme l’un des dossiers les plus explosifs de la gouvernance du football mondial.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que FIFA Forward Enterprise ?

Une nouvelle structure destinée à réunir les droits commerciaux de la FIFA (diffusion, sponsoring, licences, billetterie, hospitalité) et l'organisation de ses compétitions, dont jusqu'à 20 % du capital serait cédé à des investisseurs privés.

Pourquoi l'UEFA s'oppose-t-elle au projet de la FIFA ?

L'UEFA redoute que l'entrée d'investisseurs extérieurs soumette le calendrier et les formats des compétitions à des objectifs de rentabilité, faisant primer l'intérêt des actionnaires sur celui du jeu.

Quelles compétitions seraient menacées par un boycott ?

La menace pourrait notamment concerner la Coupe du monde féminine organisée au Brésil en 2027, prochaine édition senior du tournoi mondial féminin.

Jusqu'à quand les fédérations doivent-elles se prononcer ?

La FIFA a donné à ses 211 associations membres jusqu'au 19 septembre. Le projet nécessite l'approbation d'une majorité de fédérations et celle du Conseil de la FIFA.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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