Le coût de la vie étudiante continue de grimper en 2026. Selon l'enquête annuelle de l'Unef, le reste à charge mensuel moyen atteint 1.300 euros, soit 74 euros de plus qu'en 2025. Le logement demeure le premier poste de dépenses, avec un loyer privé moyen de 627,11 euros.
| Reste à charge mensuel moyen 2026 | 1.300 eurosaprès déduction des aides, selon l'Unef |
|---|---|
| Hausse par rapport à 2025 | 74 euros supplémentairespar mois, selon l'Unef |
| Loyer moyen dans le parc privé | 627,11 euros par moisprogression de 2,87 % sur un an |
| Loyer moyen en résidence Crous | 426,36 eurosen augmentation de 1,04 % |
| Hausse des frais d'inscription depuis 2017 | 37 %notamment via la CVEC |
La pression financière continue de s’accentuer sur les étudiants. Dans son enquête annuelle publiée lundi 17 août, l’Union nationale des étudiants de France (Unef) évalue à 1.300 euros le reste à charge mensuel moyen d’un étudiant, après déduction des éventuelles aides perçues.
Ce montant représente 74 euros supplémentaires par rapport à 2025, selon les calculs du syndicat. Sur une période plus longue, l’Unef estime que le coût de la vie étudiante a progressé de plus de 35 % depuis 2017.
« La précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé », affirme l’organisation, qui présente son enquête comme un bilan de près d’une décennie de politiques menées sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Le logement reste le premier poste de dépenses
La nouvelle hausse observée en 2026 s’explique principalement par l’augmentation des loyers. Dans le parc locatif privé, le montant moyen payé par un étudiant atteint désormais 627,11 euros par mois, soit une progression de 2,87 % sur un an.
Les résidences universitaires ne sont pas épargnées. Le loyer mensuel moyen dans une résidence gérée par un Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) s’établit à 426,36 euros, en augmentation de 1,04 %.
Ces évolutions confirment le poids déterminant du logement dans le budget étudiant. Elles interviennent alors que l’offre de logements universitaires demeure insuffisante dans de nombreuses villes, contraignant une partie des jeunes à se tourner vers le marché privé, généralement plus coûteux.
Transports et alimentation pèsent également sur les budgets
Les frais de déplacement constituent une autre source de dépenses croissantes. Selon l’Unef, un étudiant non boursier consacre en moyenne 278,59 euros par an aux transports, un montant en hausse de 2,29 %.
Les prix des produits alimentaires ont, de leur côté, augmenté de 0,87 %. Même modérée, cette progression vient alourdir des budgets déjà contraints par le logement, les transports, les dépenses courantes et les frais liés aux études.
Pour l’organisation étudiante, l’accumulation de ces hausses oblige de nombreux jeunes à rechercher un emploi parallèlement à leur formation, parfois au détriment de leur réussite universitaire.
« Ces chiffres catastrophiques cachent des vies d’étudiants qui doivent travailler en parallèle ou abandonner leurs études parce qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins », souligne auprès de l’Agence France-Presse Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef.
Les frais universitaires en hausse de 37 % depuis 2017
Au-delà des dépenses courantes, l’Unef pointe une augmentation de 37 % des frais d’inscription à l’université depuis 2017. Cette évolution s’explique notamment par la création de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), obligatoire pour la majorité des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur.
Fixée à 90 euros lors de sa mise en place en 2018, la CVEC doit atteindre 105 euros à la rentrée 2026. Cette contribution est destinée à financer des actions liées à l’accueil, à la santé, au sport, à la culture et à l’accompagnement social des étudiants.
Pour le syndicat, sa progression participe néanmoins à l’alourdissement du coût global des études, dans un contexte où les dispositifs d’aide ne compensent pas entièrement la hausse des dépenses.
Les étudiants étrangers davantage exposés
L’enquête met également en évidence la situation des étudiants originaires de pays situés hors de l’Union européenne. Selon l’Unef, étudier en France leur coûte désormais deux fois plus cher qu’aux autres étudiants.
Le syndicat les décrit comme les « premières victimes des politiques austéritaires du gouvernement ». Il attribue cette différence aux droits d’inscription majorés appliqués à certains étudiants extracommunautaires ainsi qu’à la suppression, depuis l’été, de leur accès aux aides personnalisées au logement (APL).
Ces mesures risquent, selon l’organisation, de renforcer la sélection financière dans l’accès à l’enseignement supérieur français et de fragiliser l’attractivité des universités auprès des étudiants internationaux.
Un surcoût persistant dans les Outre-mer
Les disparités territoriales restent également importantes. Les étudiants ultramarins doivent débourser entre 314 et 408 euros supplémentaires par an par rapport à ceux qui étudient dans l’Hexagone, d’après l’enquête.
L’Unef les considère comme « les grands oubliés des politiques publiques ». L’éloignement géographique, le coût des transports et les prix plus élevés de certains produits de première nécessité contribuent à creuser cet écart.
À l’approche de la rentrée universitaire, le syndicat entend ainsi replacer la précarité étudiante au cœur du débat public. Son enquête souligne une nouvelle fois le décalage entre la progression des dépenses contraintes et les ressources accessibles à une partie croissante des étudiants.
Questions fréquentes
Combien coûte la vie étudiante en 2026 ?
Selon l'Unef, un étudiant doit assumer un reste à charge mensuel moyen de 1.300 euros en 2026, après déduction des aides perçues, soit 74 euros de plus qu'en 2025.
Quel est le loyer moyen d'un étudiant ?
Dans le parc locatif privé, un étudiant paie en moyenne 627,11 euros par mois (+2,87 %). En résidence Crous, le loyer moyen s'établit à 426,36 euros (+1,04 %).
Combien coûte la CVEC en 2026 ?
Fixée à 90 euros lors de sa mise en place en 2018, la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) doit atteindre 105 euros à la rentrée 2026.
Pourquoi les étudiants étrangers paient-ils plus cher ?
Selon l'Unef, étudier en France coûte deux fois plus cher aux étudiants hors UE, en raison des droits d'inscription majorés et de la suppression de leur accès aux APL depuis l'été.
