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PISA 2025 : la France atteint son plus bas niveau en lecture et en mathématiques

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  • Les élèves français de 15 ans enregistrent leurs résultats les plus faibles depuis le lancement de l’enquête PISA en 2000.
  • Malgré des performances toujours proches de la moyenne de l’OCDE, le recul en lecture et en mathématiques relance le débat sur les inégalités scolaires, la formation des enseignants et les effets des usages numériques.

    La nouvelle édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) confirme la dégradation du niveau scolaire en France. Publiée mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’enquête menée en 2025 évalue les compétences des élèves de 15 ans en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en culture scientifique.

Selon les résultats détaillés de l’étude PISA 2025 consacrés à la France, les performances françaises comptent parmi les plus faibles enregistrées depuis la création de l’évaluation internationale en 2000. Elles restent néanmoins proches de la moyenne des pays de l’OCDE dans les trois disciplines.

Contrairement à certaines présentations du classement, les 456 points obtenus par la France ne constituent pas un score général : ils correspondent uniquement à la compréhension de l’écrit. L’OCDE publie en effet des résultats distincts pour chaque domaine évalué.

Une chute marquée en lecture et en mathématiques

En compréhension de l’écrit, les adolescents français obtiennent un score moyen de 456 points, contre 461 points dans l’ensemble de l’OCDE. Ce résultat marque une baisse de 18 points par rapport à l’édition 2022, après un premier recul de 19 points entre 2018 et 2022.

La situation est comparable en culture mathématique. Avec 458 points, contre une moyenne de 463 points pour l’OCDE, la France perd 16 points en trois ans. Cette diminution s’ajoute à celle de 21 points déjà constatée entre 2018 et 2022.

Ces données sont détaillées dans la note d’information du ministère de l’Éducation nationale consacrée à la lecture et aux mathématiques.

« C’est une chute de presque vingt points dans ces deux disciplines, ce qui correspond plus ou moins à une année d’apprentissage », souligne Éric Charbonnier, analyste à l’OCDE.

En sciences, les résultats résistent davantage. Avec un score moyen de 483 points, la France se maintient dans la moyenne de l’OCDE et affiche un niveau relativement stable par rapport à 2022. Sur dix ans, la tendance demeure toutefois légèrement orientée à la baisse, selon l’analyse du ministère de l’Éducation nationale sur la culture scientifique.

Un élève sur trois en difficulté à l’écrit

Au-delà des scores moyens, l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté inquiète particulièrement. En compréhension de l’écrit, 33 % des élèves français n’atteignent pas le niveau minimal de compétence, contre 27 % en 2022, 21 % en 2018 et 15 % en 2000.

Ces adolescents rencontrent notamment des difficultés à dégager l’idée principale d’un texte, à identifier des informations répondant à plusieurs critères ou à réfléchir à la forme et à l’objectif d’un contenu écrit.

La proportion d’élèves en difficulté atteint également 36 % en mathématiques, contre 29 % lors de la précédente édition. Dans le même temps, la part des élèves les plus performants continue de reculer : elle est passée de 15 % en 2003 à seulement 5 % en 2025.

La baisse ne se concentre donc plus uniquement sur les élèves les plus fragiles. Elle touche aussi les meilleurs éléments, notamment dans les exercices complexes nécessitant autonomie, réflexion et mobilisation de plusieurs connaissances.

Des inégalités sociales toujours très fortes

L’étude PISA 2025 confirme également le poids persistant de l’origine sociale dans la réussite scolaire. En compréhension de l’écrit, l’écart entre les élèves français les plus favorisés et les plus défavorisés atteint 91 points, contre 77 points en moyenne dans l’OCDE.

En mathématiques, cet écart s’élève à 95 points, contre 83 points dans les autres pays membres. La France demeure ainsi l’un des systèmes éducatifs dans lesquels les performances sont le plus fortement associées au milieu économique, social et culturel des élèves.

Le léger resserrement de certaines inégalités depuis 2015 ne traduit d’ailleurs pas nécessairement un rattrapage des élèves défavorisés. Il s’explique aussi par la diminution des résultats des adolescents issus des milieux les plus favorisés.

La formation des enseignants mise en cause

Pour Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur, les difficultés de recrutement et de formation constituent l’une des explications de cette dégradation.

Interrogé sur BFM Business, il a rappelé que le français et les mathématiques figuraient précisément parmi les disciplines « où on a le plus de mal à recruter ».

« Il ne faut pas s’étonner », estime-t-il. Selon le responsable syndical, les enseignants « sont dans de moins bonnes conditions, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir le concours, et clairement moins bien formés ». « Un contractuel n’est pas formé du tout », ajoute-t-il.

Le gouvernement reconnaît également la nécessité de renforcer la formation initiale et continue des professeurs. Dans sa présentation des résultats de PISA 2025, le ministère cite ce chantier parmi les priorités, aux côtés de la rénovation des programmes, du renforcement de la maîtrise du langage et d’un meilleur accompagnement des élèves en difficulté.

Les réseaux sociaux au cœur du diagnostic

Au-delà de l’organisation de l’école, les usages numériques occupent une place croissante dans le débat. Dans un entretien accordé au Monde, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, met notamment en cause « la consommation des réseaux sociaux », qu’il présente comme un phénomène « mondial et générationnel ».

Le ministre qualifie les plateformes d’« arme de destruction intellectuelle massive ». Il évoque une « distraction collective » qui toucherait aussi bien les enfants que leurs parents, tout en soulignant un recul du suivi familial de la scolarité.

Le ministère retient également plusieurs facteurs communs aux pays de l’OCDE : l’exposition croissante aux écrans, l’utilisation du téléphone portable à des fins récréatives dans les établissements et la diminution de l’implication de certains parents.

L’enquête met en évidence une association entre certains usages intensifs du numérique et de moins bonnes performances scolaires. Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence : ils ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un lien direct de cause à effet.

L’intelligence artificielle, nouveau défi pour l’école

Après les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle s’impose également dans le débat éducatif. Dans les établissements, les enseignants constatent une utilisation croissante des outils d’IA générative par les élèves pour réaliser leurs devoirs.

Le vice-président du Sénat Pierre Ouzoulias estime ainsi que « les enfants n’apprennent plus par eux-mêmes ». Il appelle à adopter une position « honnête et très ferme » sur la place du numérique et de l’intelligence artificielle à l’école.

PISA 2025 a, pour la première fois, intégré une évaluation de la résolution de problèmes dans un environnement computationnel. Dans ce domaine, les élèves français obtiennent 497 points, contre 500 points en moyenne dans l’OCDE.

Une bataille politique avant la présidentielle

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, la publication des résultats a rapidement pris une dimension politique. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, évoque un « signal d’alarme ».

Gabriel Attal, ancien ministre de l’Éducation nationale, estime pour sa part que « rien n’est plus urgent que de refaire de notre École une École qui élève et qui émancipe ».

À droite, Bruno Retailleau, président des Républicains, interpelle directement l’institution : « Combien de classements PISA désastreux faudra-t-il pour que l’Éducation nationale ouvre les yeux, daigne se remettre en cause et mette enfin l’exigence et la liberté au cœur du projet éducatif ? »

Jordan Bardella, président du Rassemblement national, évoque de son côté « un séisme pour notre pays, qui dérive vers le déclin intellectuel ».

Les mêmes résultats nourrissent ainsi des diagnostics différents. Pour certains responsables politiques, ils témoignent de l’échec des réformes conduites sous la présidence d’Emmanuel Macron. Pour d’autres, ils révèlent des faiblesses plus anciennes et structurelles du système éducatif français.

Le gouvernement vise un redressement d’ici à 2033

Édouard Geffray juge les résultats « préoccupants », mais « pas une surprise ». Le ministre reconnaît notamment que les objectifs d’apprentissage demeurent insuffisamment lisibles au collège.

Il souligne toutefois que les élèves évalués en 2025 n’ont pas pleinement bénéficié de certaines mesures engagées depuis 2017, comme le dédoublement des classes en éducation prioritaire ou le plan de formation en mathématiques destiné aux enseignants du premier degré.

« Si nous arrivons à mener à la fois le chantier de la pédagogie et celui de l’autonomie des établissements, on pourrait en 2033 revenir dans la tête du classement », affirme le ministre.

Le ministère s’est fixé un premier objectif : faire progresser les résultats français de 20 points d’ici à 2029, soit l’équivalent estimé d’une année d’apprentissage, afin de dépasser la moyenne de l’OCDE. Il ambitionne ensuite de replacer la France dans le premier tiers des pays membres en 2033.

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