- La filiale britannique d’EDF figure parmi les candidats au rachat de So Energy, fournisseur d’électricité détenu majoritairement par le groupe public irlandais ESB.
- Encore au stade des négociations, l’opération permettrait au groupe français d’élargir sa clientèle dans un marché britannique en pleine consolidation.
EDF cherche à consolider ses positions dans la fourniture d’énergie au Royaume-Uni. Sa filiale britannique, EDF Energy, négocie le rachat de So Energy, une entreprise spécialisée dans la fourniture d’électricité et l’installation de panneaux solaires.
L’information a été révélée dimanche 6 septembre 2026 par Sky News, avant d’être confirmée lundi 7 septembre auprès de Reuters par une source proche du dossier.
Aucun accord définitif n’a encore été conclu et le montant potentiel de l’opération n’a pas été communiqué. EDF n’a pas commenté les discussions.
De son côté, un porte-parole de So Energy a déclaré à Sky News : « So Energy étudie plusieurs options, mais ne peut faire davantage de commentaires, compte tenu du caractère commercialement sensible du dossier. »
Environ 300.000 clients supplémentaires
Fondée en 2015, So Energy fournit de l’électricité à environ 300.000 clients résidentiels. Son acquisition permettrait à EDF Energy d’accroître rapidement son portefeuille dans un marché dominé notamment par Octopus Energy, British Gas et E.ON.
La filiale britannique d’EDF revendique environ trois millions de clients et cinq millions de comptes. Cette distinction est importante : un même foyer peut détenir plusieurs comptes, par exemple un pour l’électricité et un autre pour le gaz.
Le rachat de So Energy renforcerait donc la position d’EDF, même s’il ne suffirait pas à combler immédiatement son retard sur les principaux fournisseurs britanniques.
Selon Sky News, la transaction pourrait porter principalement sur la base de clientèle de So Energy, plutôt que sur l’ensemble de l’entreprise. Le périmètre juridique et financier de l’opération reste cependant susceptible d’évoluer au fil des négociations.
ESB veut se recentrer sur son cœur de métier
So Energy est détenue majoritairement par Electricity Supply Board (ESB), le groupe énergétique public irlandais qui avait acquis une participation majoritaire dans l’entreprise en 2021.
Après une revue stratégique de son portefeuille, ESB a engagé un processus destiné à évaluer une éventuelle cession de So Energy afin de recentrer ses ressources sur son cœur d’activité.
« Notre société mère, ESB, a lancé un processus visant à évaluer les différentes options de cession possibles pour So Energy », avait annoncé l’entreprise en juillet. Elle assurait alors que ses activités se poursuivaient normalement et que l’approvisionnement comme l’accompagnement des clients n’étaient pas affectés.
So Energy travaille avec le cabinet PwC pour rechercher un nouvel acquéreur. EDF Energy ne serait d’ailleurs pas seule en lice : au moins un autre candidat participerait au processus, sans que son identité ait été révélée.
La taille devient un enjeu stratégique
Cette opération potentielle intervient alors que le marché britannique de l’énergie connaît une accélération des rapprochements. Les fournisseurs doivent composer avec des exigences réglementaires renforcées, des besoins croissants en capitaux et des investissements importants dans les compteurs intelligents, les offres numériques et les solutions liées à l’électrification.
Dans ce contexte, la taille constitue un avantage stratégique. Elle permet de répartir les coûts technologiques et réglementaires sur une clientèle plus large, tout en renforçant les capacités d’investissement des opérateurs.
EDF Energy cherche ainsi à rester dans la course face à Octopus Energy et British Gas, mais aussi à E.ON. Le groupe allemand a annoncé en mai 2026 un accord pour acquérir OVO Energy, une opération qui lui apporterait environ quatre millions de clients supplémentaires, en plus des 5,6 millions qu’il sert déjà au Royaume-Uni.
E.ON précise dans son communiqué que le prix d’acquisition n’a pas été rendu public et que la finalisation de l’opération reste soumise à l’autorisation des autorités réglementaires britanniques.
Le rapprochement E.ON-OVO examiné par la CMA
Le projet de rachat d’OVO par E.ON fait actuellement l’objet d’une enquête de phase 1 de la Competition and Markets Authority, l’autorité britannique de la concurrence.
Lancée officiellement le 2 septembre 2026, cette procédure doit déterminer si l’opération risque d’entraîner une diminution substantielle de la concurrence sur le marché britannique de l’énergie. La CMA a fixé au 28 octobre 2026 la date limite provisoire pour rendre sa décision.
L’autorité pourra autoriser la transaction, demander des engagements aux entreprises concernées ou décider d’ouvrir un examen approfondi.
Le projet concernant So Energy demeure, pour sa part, à un stade préliminaire. La présence de plusieurs candidats et le mandat confié à PwC montrent néanmoins qu’ESB conduit un processus de cession structuré. Pour EDF, l’enjeu est clair : gagner rapidement des clients et défendre sa place dans un marché britannique de plus en plus concentré.
