En visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, Emmanuel Macron a réaffirmé le caractère français de l'archipel et son attachement à la France. Il y accueille dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney, une première, pour renforcer la coopération bilatérale et faire du territoire une base arrière d'une coopération polaire.
| Distance avec Paris | 4.300 kilomètresÉloignement de la métropole |
|---|---|
| Population | moins de 6.000 habitants |
| Superficie | environ 240 kilomètres carrés |
| Distance des côtes de Terre-Neuve | une vingtaine de kilomètres |
| Horizon de la nouvelle trajectoire | 10 à 15 ansAmbition affichée par l'Élysée |
La souveraineté française comme préalable, le développement économique comme horizon. À Saint-Pierre-et-Miquelon, Emmanuel Macron entend conjuguer affirmation diplomatique et relance d’un archipel confronté à l’isolement. Dès son arrivée samedi, le chef de l’État a assuré que ce territoire était bien « français » et « attaché à la France ».
« C’est une évidence », « pas de discussion », a-t-il insisté, en réaction à une carte publiée par Donald Trump recouvrant la région du drapeau américain. « On ne va pas [l’] affirmer tous les matins parce que des gens ont des idées étranges ou disent des choses étranges », a ajouté le président français.
Une rencontre avec Mark Carney à portée stratégique
Le déplacement prend une dimension bilatérale dimanche 20 septembre avec la venue du Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre, une première dans l’histoire locale. Situé à une vingtaine de kilomètres des côtes de Terre-Neuve, l’archipel offre un cadre symbolique au rapprochement entre Paris et Ottawa.
Les deux dirigeants doivent participer à un déjeuner diplomatique, puis à une cérémonie au Mémorial des engagés volontaires de la France libre, avant une déclaration commune à la presse.
« Ça envoie un message fort », a souligné Emmanuel Macron à propos de cette rencontre, dans un contexte marqué par les menaces d’annexion du Canada formulées par Donald Trump et par les tensions commerciales entre Washington et Ottawa.
Au-delà du symbole, les échanges doivent porter sur des coopérations concrètes. Selon le gouvernement canadien, les discussions concerneront notamment l’aérospatiale, l’énergie, les minéraux critiques et les technologies de pointe, dont le quantique, les satellites et la super informatique.
Une ambition polaire pour Saint-Pierre-et-Miquelon
Pour l’Élysée, la visite doit inscrire le territoire dans une perspective de long terme. « Ce déplacement a pour ambition d’ouvrir une nouvelle trajectoire pour l’archipel », à « 10 à 15 ans », et d’en faire la « base arrière d’une coopération polaire en lien avec le Canada et le Groenland », indique la présidence française.
Cette ambition place Saint-Pierre-et-Miquelon au croisement de deux priorités : renforcer la présence française dans l’Atlantique Nord et développer les liens régionaux à l’heure où l’Arctique occupe une place croissante dans les relations internationales. Pour l’archipel, l’enjeu sera de traduire cette position géographique en perspectives d’activité.
Des attentes fortes sur le numérique et les transports
À quelque 4.300 kilomètres de Paris, Saint-Pierre-et-Miquelon compte moins de 6.000 habitants sur environ 240 kilomètres carrés. La vie chère, l’éloignement de la métropole, le vieillissement des installations portuaires et le recul démographique pèsent sur ses perspectives économiques.
Les attentes locales portent donc sur les moyens de désenclaver le territoire et de renouveler son activité. « On a besoin de redonner un élan avec des projets d’envergure sur le numérique, l’aérien, le maritime », a déclaré à l’AFP Annick Girardin, sénatrice de l’archipel et ancienne ministre des Outre-mer, qui dit attendre des paroles « fortes » du président.
La coopération avec le Canada et l’ambition polaire affichée par l’Élysée devront ainsi répondre à des besoins très concrets : améliorer les liaisons, moderniser les infrastructures et offrir de nouvelles perspectives économiques aux habitants.
Questions fréquentes
Pourquoi Macron est à Saint-Pierre-et-Miquelon ?
Pour réaffirmer la souveraineté française sur l'archipel, resserrer les liens avec le Canada et ouvrir une nouvelle trajectoire économique à 10 à 15 ans, notamment via une coopération polaire.
Qui est Mark Carney et pourquoi vient-il ?
Mark Carney est le Premier ministre canadien. Sa venue à Saint-Pierre, une première, doit envoyer un message fort dans un contexte de menaces d'annexion du Canada par Donald Trump.
Quels sont les défis économiques de Saint-Pierre-et-Miquelon ?
La vie chère, l'éloignement de la métropole, le vieillissement des installations portuaires et le recul démographique pèsent sur les perspectives économiques de l'archipel.
Sur quels sujets porteront les discussions France-Canada ?
Selon le gouvernement canadien : l'aérospatiale, l'énergie, les minéraux critiques et les technologies de pointe, dont le quantique, les satellites et la super informatique.
