Face aux prévisions du FMI qui projette une chute des réserves de change à 19,8 milliards de dollars en 2031, Abdelmadjid Tebboune conteste ce scénario. Le président algérien mise sur la diversification industrielle et minière pour maintenir un niveau acceptable de devises et éviter l'endettement extérieur.
| Réserves de change 2024 | 68,9 milliards de dollarsréserves officielles brutes, selon le FMI |
|---|---|
| Projection réserves 2031 (FMI) | 19,8 milliardsprojection du tableau officiel du FMI |
| Croissance 2026 annoncée par Tebboune | entre 4,01 et 4,02 %contre 3,8 % attendus par le FMI |
| Revenu annuel stable visé hors hydrocarbures | 50 milliards de dollarsobjectif via projets engagés |
| Couverture des importations 2025 | 8,6 moispasserait à 3,3 mois en 2031 selon le FMI |
Abdelmadjid Tebboune mise sur la diversification de l’économie algérienne pour déjouer les prévisions du FMI sur la baisse des réserves de change. Lors de son entretien périodique avec la presse, diffusé samedi 3 octobre par la télévision et la radio nationales, le président Abdelmadjid Tebboune a contesté les perspectives du Fonds monétaire international (FMI). Selon lui, les investissements engagés doivent permettre au pays de préserver ses ressources en devises au cours des prochaines années.
Le FMI prévoit une érosion des réserves jusqu’en 2031
Dans son évaluation publiée le 21 septembre, le FMI chiffre les réserves officielles brutes à 68,9 milliards de dollars en 2024, puis à 51 milliards en 2025. Il les projette à 46,5 milliards fin 2026 et à 19,8 milliards en 2031.
La couverture des importations de biens et services de l’année suivante passerait ainsi de 8,6 mois en 2025 à 3,3 mois en 2031. Le Fonds anticipe la persistance de déficits extérieurs qui réduiraient progressivement les réserves, malgré une amélioration à court terme liée aux recettes des hydrocarbures. Il préconise un assainissement budgétaire et davantage de flexibilité du taux de change.
Ce scénario de baisse des avoirs en devises ne constitue toutefois pas, à lui seul, l’annonce d’un recours à l’emprunt extérieur.
Tebboune défend un « niveau acceptable » de réserves
Le chef de l’État affirme prendre au sérieux les évaluations des institutions financières internationales, tout en estimant qu’elles ne disposent pas de l’ensemble des données sur l’économie algérienne. Il assure que les réserves « resteront à un niveau acceptable », au moins jusqu’en 2031, et juge que le pays dispose des moyens nécessaires pour éviter de s’endetter à l’extérieur.
Interrogé sur un montant d’environ 29 milliards de dollars à cette échéance, il a répondu : « Elles seront élevées, si Dieu le veut ». Le chiffre évoqué dans la question diffère de la projection de 19,8 milliards figurant dans le tableau officiel du FMI.
La divergence porte également sur la croissance. Abdelmadjid Tebboune annonce une progression de l’activité comprise entre 4,01 et 4,02 % en 2026, contre 3,8 % attendus par le FMI, après 3,9 % en 2025. Il estime par ailleurs que le produit intérieur brut pourrait atteindre 400 milliards de dollars fin 2026 ou début 2027. Ces chiffres relèvent des perspectives défendues par la présidence.
L’industrie et les mines au cœur de la diversification
Pour conforter les ressources du pays, le président mise sur le développement des activités hors hydrocarbures. Les projets engagés doivent, selon lui, assurer un « revenu annuel stable » d’au moins 50 milliards de dollars. Il cite notamment l’automobile, les mines, la transformation du fer et l’industrie des puces électroniques.
Il refuse pour autant d’opposer cette diversification à l’exploitation du pétrole et du gaz. « On ne les efface pas du jour au lendemain », a-t-il déclaré en arabe dialectal. La prospection doit se poursuivre, avec le concours de grandes compagnies internationales.
Le projet de phosphate intégré, dans l’Est algérien, occupe une place centrale dans cette stratégie. Selon le calendrier présenté par le chef de l’État, les travaux de la voie ferrée associée doivent s’achever au plus tard fin 2026. La fin des essais techniques, attendue fin octobre, pourrait permettre de gagner un à deux mois.
L’extension du port d’Annaba, destinée à soutenir les exportations de phosphate, doit quant à elle être achevée à la fin du premier trimestre 2027. Une entreprise chinoise doit commencer l’installation des équipements d’exportation dans la semaine suivant l’entretien.
Investissements et production locale pour réduire les importations
Abdelmadjid Tebboune a également mis en avant les dossiers enregistrés auprès de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI). Il évoque « 10 000 excellents projets », ainsi que 300 projets portés par des investisseurs étrangers. Un décret doit prochainement organiser le guichet unique, avec l’objectif annoncé de mieux répartir les investissements entre les wilayas.
Autre levier : la réduction des achats à l’étranger. « Nous sommes en train de réduire la facture des importations », a affirmé le président, citant les cahiers et les stylos désormais fabriqués localement.
Le chef de l’État a aussi dénoncé des tentatives de fraude visant à obtenir des devises à travers des opérations d’importation. Il a promis des mesures légales contre ces « comportements parasitaires », à l’issue des enquêtes.
Questions fréquentes
Que prévoit Tebboune pour les réserves de change ?
Tebboune assure que les réserves resteront à un niveau acceptable au moins jusqu'en 2031 et estime que le pays peut éviter de s'endetter à l'extérieur.
Sur quels secteurs mise l'Algérie pour diversifier son économie ?
Le président cite l'automobile, les mines, la transformation du fer, l'industrie des puces électroniques et le projet de phosphate intégré dans l'Est algérien.
Quelle croissance l'Algérie prévoit-elle en 2026 ?
Tebboune annonce une croissance entre 4,01 et 4,02 % en 2026, contre 3,8 % attendus par le FMI, après 3,9 % en 2025.
