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Pétrole : Aramco alerte sur les stocks, jusqu’à deux ans pour les reconstituer

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Le patron d'Aramco, Amin Nasser, alerte sur la faiblesse des réserves pétrolières mondiales. Près de 3 milliards de barils ont été « perdus » et un milliard prélevé sur les stocks depuis le début du conflit. Leur reconstitution pourrait prendre jusqu'à deux ans.

    La mobilisation des réserves pétrolières offre un répit aux marchés, mais réduit leur capacité à absorber de nouveaux chocs. C’est le message adressé par Amin Nasser, directeur général du géant saoudien Aramco, lors de l’Energy Intelligence Forum à Londres, quelques jours après l’annonce d’une nouvelle libération de stocks par les pays du G7.

« Le système est déjà sous pression. Et comme il existe très peu d’autres solutions vers lesquelles le monde puisse se tourner, le coussin de sécurité permettant de résister aux perturbations de l’offre est dangereusement faible », a déclaré le dirigeant.

Son avertissement porte aussi sur la durée nécessaire pour retrouver des marges de manœuvre. Comme le rapporte Reuters, la remise à niveau des stocks pourrait s’étaler sur deux ans.

Un milliard de barils prélevés sur les stocks

Selon Amin Nasser, près de 3 milliards de barils de pétrole ont été « perdus » depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tandis qu’un milliard de barils a été prélevé sur les stocks pour amortir les perturbations de l’offre. Ces chiffres recouvrent deux réalités distinctes : le manque d’approvisionnement estimé par le dirigeant et les volumes puisés dans les réserves.

« Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas entièrement rouvert et que la confiance ne sera pas rétablie, la dure réalité est que la pression s’intensifiera à la fois en amont et en aval. Même dans ce cas, reconstituer les stocks tout en répondant à la demande pourrait prendre jusqu’à deux ans », a-t-il déclaré.

Le retour à une circulation normale dans ce passage stratégique ne suffirait donc pas, selon lui, à effacer immédiatement les conséquences du conflit. Il faudrait simultanément satisfaire la consommation et reconstituer les volumes mobilisés pendant la crise.

Des réserves moins disponibles qu’il n’y paraît

Le patron d’Aramco invite à ne pas s’en tenir aux « chiffres bruts » des stocks, affirmant que « moins de 10% sont réellement disponibles ». Une grande partie des volumes comptabilisés doit, selon lui, rester dans les infrastructures pour en assurer le fonctionnement opérationnel.

« C’est pour cela, voyez-vous, qu’ils peinent à trouver 100 millions de barils », a-t-il affirmé, en référence à la nouvelle mobilisation annoncée vendredi 2 octobre.

Cette annonce intervient alors que le programme engagé au printemps n’a pas encore été intégralement exécuté. Selon le bilan communiqué samedi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), quelque 325 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers ont été libérés sur les 400 millions promis en mars par ses pays membres.

« Les réserves d’énergie pourraient nous faire gagner un hiver, mais elles ne peuvent pas résoudre durablement le problème de l’approvisionnement », a averti Amin Nasser.

Le dirigeant s’est néanmoins voulu rassurant sur la « résilience » d’Aramco et sur sa capacité à répondre « à toutes les exigences » de ses clients. Cette assurance intervient après des informations rapportées par Bloomberg en septembre sur le risque que certains clients européens ne soient pas livrés en pétrole saoudien.

Un rebond des exportations encore fragile

Les flux régionaux montrent pourtant des signes de redressement. Selon les données de suivi maritime de Kpler, les exportations de brut des pays du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé la semaine dernière leur niveau d’avant-guerre. Leur moyenne hebdomadaire a franchi plusieurs jours de suite le seuil de 18 millions de barils par jour.

Reuters fait également état d’un rétablissement des exportations régionales, malgré la multiplication des attaques contre les pétroliers. Cette reprise des expéditions reste donc tributaire de la sécurité des routes maritimes et des infrastructures, tandis que la reconstitution des stocks constitue un chantier de plus longue haleine.

Questions fréquentes

Combien de temps pour reconstituer les stocks de pétrole ?

Selon Amin Nasser, directeur général d'Aramco, reconstituer les stocks tout en répondant à la demande pourrait prendre jusqu'à deux ans, même après la réouverture du détroit d'Ormuz.

Combien de barils ont été prélevés sur les réserves ?

Un milliard de barils a été prélevé sur les stocks pour amortir les perturbations de l'offre, tandis que près de 3 milliards ont été « perdus » depuis le début du conflit.

Les stocks pétroliers sont-ils réellement disponibles ?

Selon le patron d'Aramco, moins de 10% des volumes comptabilisés sont réellement disponibles, le reste devant rester dans les infrastructures pour en assurer le fonctionnement.

Les exportations de pétrole du Moyen-Orient ont-elles repris ?

Selon Kpler, les exportations de brut du Moyen-Orient, hors Iran, ont dépassé leur niveau d'avant-guerre, franchissant le seuil de 18 millions de barils par jour plusieurs jours de suite.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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