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Manifestations contre la vie chère : après les pillages, les commerçants réclament un soutien, le gouvernement promet des sanctions

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Au lendemain des manifestations contre la vie chère, les commerçants redoutent de lourdes pertes après les pillages survenus dans plusieurs villes françaises. Le gouvernement promet un soutien et des sanctions, tandis que la préfecture de Paris a recensé 855 interpellations et que l'hôtel de ville de Limoges a été incendié.

Faits clés
Participants revendiqués par les organisations 800 000 participantsSelon la CGT et l'Union étudiante
Manifestants selon le ministère de l'Intérieur 550 000 manifestantsDont 110 000 à Paris, selon Laurent Nuñez
Interpellations à Paris 855 interpellationsBilan de la préfecture de police arrêté à 8 heures
Policiers et gendarmes blessés 13 policiers et gendarmes blessésÀ Paris, plus deux sapeurs-pompiers
Examen du projet de loi casseurs-payeurs 27 octobreExamen au Sénat annoncé par Sébastien Lecornu

   Au lendemain des manifestations contre la vie chère, l’heure est à l’évaluation des dégâts pour les commerçants et les collectivités touchés. Vitrines brisées, magasins pillés, bâtiments publics incendiés : les violences survenues samedi dans plusieurs villes françaises ouvrent un nouveau front pour le gouvernement, entre soutien aux professionnels, réponse judiciaire et contestation sociale.

La journée devait réunir différentes colères. Anciens gilets jaunes, lycéens, étudiants, militants du climat et agriculteurs avaient appelé à des manifestations et à des blocages autour des difficultés de pouvoir d’achat. Les organisations associées au mouvement, dont la CGT et l’Union étudiante, revendiquent 800 000 participants aux actions et aux défilés. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pour sa part annoncé 550 000 manifestants, dont 110 000 à Paris.

Les commerçants demandent des aides et des facilités auprès des assureurs

Dans le commerce, le coût des dégradations reste à établir. Les pillages ont touché des magasins d’alimentation, de prêt-à-porter, d’articles de sport, de luxe et de téléphonie, parfois à distance des parcours autorisés des manifestations.

« On est dans une situation dramatique », a déclaré dimanche 18 octobre sur franceinfo Thierry Véron, président de la Fédération des associations de commerçants et artisans parisiens (Facap). Alors que les professionnels peinent encore à dresser un bilan précis, il alerte sur les difficultés qui attendent « des commerçants qui ont déjà du mal à boucler les fins de mois ».

La fédération demande un soutien financier au gouvernement et un accompagnement dans les démarches d’indemnisation. « Ce qu’on attend, c’est de faire un bilan et d’avoir des facilités, surtout au niveau des assurances », a précisé Thierry Véron.

Le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Alexandre Bompard, anticipe lui aussi de « lourdes conséquences économiques et financières » pour le secteur. Au-delà des marchandises dérobées et des équipements endommagés, les éventuelles fermetures nécessaires aux réparations risquent de prolonger les pertes d’activité.

« À tous les commerçants touchés (…) Nous sommes mobilisés à Bercy pour vous aider », a assuré le ministre du Commerce, Serge Papin. Les modalités concrètes de cet accompagnement restent toutefois à préciser.

Des dégradations dans de nombreuses villes, 855 interpellations à Paris

Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Nantes, Rennes ou encore Bordeaux figurent parmi les villes touchées. Le ministère de l’Intérieur a également signalé des pillages ou des tentatives de pillage à Rouen, Toulouse, Pau et Valence.

Dans la capitale, la préfecture de police a annoncé dimanche, dans un bilan arrêté à 8 heures, 855 interpellations. Elle a également recensé 13 policiers et gendarmes blessés, ainsi que deux sapeurs-pompiers. Le bilan matériel demeurait en cours d’évaluation.

Laurent Nuñez a dénoncé « une mobilisation importante de la mouvance d’ultra gauche ou d’extrême gauche radicale » en marge des défilés. Selon le ministre, des individus s’en sont pris « violemment aux forces de l’ordre », avec « énormément de tentatives d’atteintes aux bâtiments publics ».

Il a également évoqué la présence de « délinquants d’opportunité » et de « casseurs », venus « pour s’en prendre à des commerces ». Ces qualifications relèvent de l’analyse présentée par le ministère de l’Intérieur, alors que les responsabilités individuelles doivent être établies par les enquêtes.

À Limoges, une « catastrophe patrimoniale »

Les violences ont aussi frappé des bâtiments publics. À Limoges, l’hôtel de ville du XIXe siècle, incendié en fin de manifestation, a été décrit dans la soirée comme « très lourdement endommagé » et « en grande partie perdu » par le maire et le préfet de Haute-Vienne.

« Le toit s’est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l’aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu », a déclaré à l’AFP le préfet Maurice Barate. Évoquant une « catastrophe patrimoniale », il a dénoncé un « acte volontaire de casseurs, pas de manifestants ».

À Paris, le maire socialiste Emmanuel Grégoire a condamné « fermement » les « dégradations » et les « actes de casse », tout en soulignant que « la grande majorité des manifestants » souhaitaient « défiler dans le calme ». Avec ses homologues de Lyon et de Marseille, il a demandé à être reçu en début de semaine par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

La gauche condamne les pillages et demande une réponse sociale

Les violences ont suscité des condamnations à gauche, accompagnées d’appels à entendre les revendications des manifestants.

« La colère sociale est immense dans le pays », a écrit sur X le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, qui réclame le retrait de « l’injuste projet de budget ».

« Je condamne avec la plus grande fermeté les dégradations et pillages. Ils doivent être sanctionnés. Ceux qui s’y livrent en marge des manifestations sont tragiquement les meilleurs agents électoraux de Marine Le Pen. Ils salissent la grande dignité de ceux qui se mobilisent », a-t-il ajouté.

Dans un entretien au Parisien, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a dénoncé « les casseurs » qui « pourrissent un mouvement aussi puissant que joyeux, emmené par les lycéens et les étudiants ».

« Honte à ceux qui mettent en danger nos jeunes et jettent le discrédit sur leurs aspirations », a-t-il déclaré.

Le responsable socialiste demande néanmoins une modification de « la doctrine de maintien de l’ordre ». « C’est la désescalade qui doit être recherchée, pas la confrontation qui favorise le jeu du chat et de la souris avec des casseurs qui s’en servent pour justifier leurs actes », a-t-il estimé.

Contesté sur le dispositif de sécurité, notamment par Jean-Luc Mélenchon, Laurent Nuñez s’est « inscrit en faux ». « Sans les forces de sécurité intérieure aujourd’hui, il n’y aurait pas eu de cortège, il n’y aurait pas eu de défilé », a défendu le ministre.

L’exécutif promet des sanctions et veut faire payer les responsables

Emmanuel Macron a affiché une ligne de fermeté. « Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis », a écrit le chef de l’État sur X.

« Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire », a-t-il ajouté.

Sébastien Lecornu a, de son côté, assuré que le gouvernement ne se laisserait « pas intimider », mettant en garde ceux qui voudraient faire de ces violences « un tour de chauffe » avant l’élection présidentielle.

« Les consignes données sont claires : empêcher les exactions, protéger les biens et les personnes, interpeller leurs auteurs et les déférer à la justice », a déclaré le Premier ministre, en réaffirmant son soutien aux policiers et aux gendarmes.

La question du financement des réparations devrait désormais occuper une place centrale dans la réponse gouvernementale. Sébastien Lecornu a réaffirmé sa détermination « à aller jusqu’au bout des discussions » du projet de loi dit « casseurs-payeurs », dont il annonce l’examen au Sénat à partir du 27 octobre.

« L’argent public est rare : il doit financer nos services publics, pas réparer sans fin ce que des casseurs détruisent. À eux d’en supporter le coût », a-t-il déclaré.

Questions fréquentes

Combien de manifestants pour la mobilisation contre la vie chère ?

Les organisations, dont la CGT et l'Union étudiante, revendiquent 800 000 participants. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce 550 000 manifestants, dont 110 000 à Paris.

Quelles villes ont été touchées par les pillages ?

Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Nantes, Rennes et Bordeaux figurent parmi les villes touchées. Des pillages ou tentatives ont aussi été signalés à Rouen, Toulouse, Pau et Valence.

Quelle aide pour les commerçants touchés ?

La Facap et la FCD demandent un soutien financier et des facilités avec les assureurs. Le ministre du Commerce Serge Papin assure que Bercy est mobilisé, mais les modalités restent à préciser.

Qu'est-ce que la loi casseurs-payeurs ?

Un projet de loi dont Sébastien Lecornu annonce l'examen au Sénat à partir du 27 octobre, visant à faire supporter aux casseurs le coût des dégradations.

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