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Tunisie : le gouvernement vise une croissance de 3,1 % en 2027, portée par l’investissement

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Le gouvernement tunisien vise une croissance de 3,1 % en 2027, contre 2,7 % attendus en 2026, selon le projet de budget économique. Cette reprise serait portée par l'investissement et les échanges extérieurs, avec un recul limité du chômage et une inflation maintenue au-dessus de 5 %.

Faits clés
Croissance prévue 2027 3,1 %contre 2,7 % attendus en 2026
Revenu par habitant 2027 16 735,9 dinarscontre 15 605,7 dinars en 2026
Taux d'investissement 2027 16,4 % du produit intérieur brut (PIB)contre 15,5 % en 2026
Investissements directs étrangers 2027 4,8 milliards de dinarscontre quatre milliards attendus en 2026
Taux de chômage 2027 14,5 %contre 14,9 % en 2026

    La Tunisie espère accélérer son rythme de croissance en 2027. Selon les données du projet de budget économique rapportées par l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), le gouvernement prévoit une progression de l’activité de 3,1 %, contre 2,7 % attendus pour l’ensemble de l’année 2026. Soumis à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et au Conseil national des régions et des districts, le document dessine une reprise soutenue par l’investissement et les échanges extérieurs.

Cette trajectoire s’accompagnerait d’une hausse du revenu par habitant, de 15 605,7 dinars en 2026 à 16 735,9 dinars en 2027. L’augmentation atteindrait ainsi 1 130,2 dinars sur un an, soit environ 7,2 %. Cet indicateur ne se confond toutefois pas avec le salaire moyen et sa progression ne traduit pas, à elle seule, un gain équivalent de pouvoir d’achat.

Une prévision de croissance revue à la baisse pour 2026

L’objectif fixé pour 2027 intervient après une révision des perspectives de l’année en cours. Initialement attendue à 3,3 %, la croissance économique tunisienne ne devrait finalement atteindre que 2,7 % en 2026, soit un ajustement de 0,6 point.

Le gouvernement attribue cette révision aux performances limitées de certains secteurs, notamment le phosphate et l’énergie. Il évoque également les effets persistants des changements climatiques et l’évolution de la conjoncture économique internationale.

L’accélération envisagée pour 2027 resterait donc mesurée : avec une croissance de 3,1 %, l’économie progresserait de 0,4 point plus vite qu’en 2026, mais demeurerait en deçà de l’objectif initialement retenu pour cette dernière année.

L’investissement et les capitaux étrangers au cœur du scénario

Pour soutenir l’activité, l’exécutif mise sur une hausse du taux d’investissement. Celui-ci atteindrait 16,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027, contre 15,5 % en 2026, soit une progression de 0,9 point.

Les investissements directs étrangers (IDE) devraient également augmenter sensiblement. Le projet prévoit des flux de 4,8 milliards de dinars en 2027, contre quatre milliards attendus en 2026. Cette hausse de 20 % représenterait un apport supplémentaire de 800 millions de dinars.

La concrétisation de ces objectifs constitue l’un des enjeux du scénario gouvernemental. L’exécutif entend accélérer les réformes structurelles, soutenir l’investissement et améliorer la coordination des politiques publiques pour renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs.

Des exportations plus dynamiques, des importations moins soutenues

Le gouvernement anticipe aussi un rééquilibrage du rythme des échanges extérieurs. Les exportations de biens et services progresseraient de 8 % en 2027, après une hausse attendue de 7,5 % en 2026.

À l’inverse, la croissance des importations ralentirait, passant de 10 % à 7,9 %. Le rythme de progression des exportations dépasserait ainsi légèrement celui des importations, alors que ces dernières augmenteraient nettement plus vite en 2026.

Ce scénario suppose à la fois une meilleure dynamique des ventes à l’étranger et une modération de la progression des achats extérieurs.

Une inflation encore supérieure à 5 %

L’amélioration attendue de l’activité s’accompagnerait d’une désinflation limitée. Le taux d’inflation passerait de 5,3 % en 2026 à 5,2 % en 2027, soit un recul de seulement 0,1 point.

Les prix continueraient donc d’augmenter à un rythme soutenu, même si leur progression ralentirait légèrement. La hausse prévue du revenu par habitant doit être appréciée à la lumière de cette pression persistante sur les dépenses des ménages.

Un recul progressif du chômage, particulièrement élevé chez les jeunes

Sur le marché du travail, le projet de budget économique prévoit une baisse du taux de chômage à 14,5 % en 2027, contre 14,9 % en 2026. Cette amélioration de 0,4 point laisserait néanmoins le chômage à un niveau élevé.

Chez les jeunes de 15 à 24 ans, le taux passerait de 35,4 % à 35 %. Plus d’un jeune actif sur trois resterait ainsi sans emploi, selon les projections gouvernementales.

Le recul serait plus marqué pour les diplômés de l’enseignement supérieur : leur taux de chômage diminuerait de 26,6 % à 25 %, soit une baisse de 1,6 point. Un quart des actifs diplômés du supérieur demeurerait toutefois concerné.

Ces objectifs s’inscrivent dans les orientations du plan de développement 2026-2030. Le projet de budget économique constitue, aux côtés des projets de loi de finances et de budget de l’État pour 2027, l’un des documents de référence de la politique économique et sociale tunisienne.

Questions fréquentes

Quelle croissance la Tunisie vise-t-elle en 2027 ?

Le gouvernement prévoit une croissance de 3,1 % en 2027, contre 2,7 % attendus pour 2026, selon le projet de budget économique rapporté par l'agence TAP.

Quel est le taux de chômage prévu en Tunisie en 2027 ?

Le taux de chômage reculerait à 14,5 % en 2027, contre 14,9 % en 2026. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, il passerait de 35,4 % à 35 %.

Quelle inflation est attendue en Tunisie en 2027 ?

Le taux d'inflation passerait de 5,3 % en 2026 à 5,2 % en 2027, soit un recul de seulement 0,1 point. Les prix continueraient d'augmenter à un rythme soutenu.

Pourquoi la croissance 2026 a-t-elle été revue à la baisse ?

Initialement attendue à 3,3 %, elle n'atteindrait que 2,7 %. Le gouvernement évoque les performances limitées du phosphate et de l'énergie, le changement climatique et la conjoncture internationale.

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