Le budget de l’État pour l’année 2025 a été définitivement adopté jeudi 6 février, après son adoption par le Sénat par 219 voix pour et 107 contre, au lendemain de sa validation à l’Assemblée nationale. Un vote sous haute tension, marqué par le recours au 49.3 et des débats animés au sein de l’hémicycle.
Le Premier ministre, François Bayrou, a dû engager la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter le texte. En réponse, La France insoumise a déposé deux motions de censure, mais celles-ci ont été rejetées. Sitôt les textes rejetés, François Bayrou a annoncé engager la responsabilité de son gouvernement sur la seconde partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, provoquant une troisième motion de censure promise par LFI.
Amélie de Montchalin salue l’adoption d’un » un meilleur » budget pour 2025
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a salué « la responsabilité » des parlementaires ayant contribué à l’adoption de ce budget. « Ce budget n’est l’idéal d’aucun parti, mais il est à la hauteur de la situation du pays. Il rend à nouveau possible confiance et action dans notre pays« , a-t-elle réagi sur X.
« Je salue aujourd’hui la responsabilité de tous les parlementaires ayant œuvré à la construction de ce texte, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. Dans notre pays, on peut continuer à s’opposer sans bloquer« , a-t-elle ajouté.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a exprimé ses réserves sur le texte adopté. « C’est dangereux parce que ça a un effet récessif« , a-t-elle averti sur TF1. « Il faut un budget, mais ce budget est mauvais.«
Objectifs économiques et critiques de Moody’s
Le gouvernement vise à ramener le déficit public à 5,4 % du PIB en 2025, première étape d’un assainissement pluriannuel. L’agence de notation Moody’s, qui avait abaissé la note de la France en décembre, a salué cet effort mais prévient qu’il s’agit d’un pari ambitieux. « Cette réduction constituerait la première étape d’un effort d’assainissement pluriannuel visant à ramener le déficit à 3,0 % du PIB d’ici à 2029« , indiquait-elle mercredi.
Cependant, l’agence prévoit un déficit de 6,3 % du PIB en 2025, bien supérieur aux prévisions du gouvernement, et une croissance limitée à 0,7 % en raison du recul de 0,1 % du PIB au quatrième trimestre 2024, alors que l’exécutif mise toujours sur 0,9 %.
Les mesures phares du budget 2025
Le budget prévoit plusieurs mesures fiscales notables : Une « contribution exceptionnelle » de 8 milliards d’euros sur les bénéfices des grandes entreprises, un malus renforcé sur l’achat de voitures thermiques et une hausse de la fiscalité sur les rachats d’actions et les chaudières à gaz.
Le texte de loi prévoit aussi une augmentation de la TVA de 5,5 % à 20 % sur les abonnements au gaz et à l’électricité à partir du 1er août 2025, une hausse de la taxe sur les transactions financières à 0,4 % ainsi qu’une surtaxe sur les billets d’avion.
En revanche, le budget de l’aide médicale d’État (AME), destiné aux soins des étrangers en situation irrégulière, subit une coupe de 111 millions d’euros.
Le gouvernement maintient sa ligne de rigueur budgétaire face à une économie en ralentissement. Mais les critiques persistent : entre les doutes des agences de notation, les réticences de l’opposition et les préoccupations syndicales, l’exécutif devra convaincre que son plan de redressement est viable et soutenable sur le long terme.
