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Prix des produits alimentaires : une stabilisation attendue en 2025 après des négociations tendues

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  • Après plusieurs semaines de discussions, la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire ont trouvé un accord sur les prix pour l’année 2025.
  • Une issue qualifiée de « quasi-stabilité » par les distributeurs, qui promettent aux consommateurs une accalmie après trois années marquées par une inflation alimentaire soutenue.

Clôturées samedi 2 mars, les négociations commerciales entre les grandes enseignes et les multinationales agroalimentaires ont été particulièrement scrutées cette année. À l’issue de ces échanges, les supermarchés annoncent avoir obtenu des prix d’achat stables pour une majorité des produits qui garniront leurs rayons en 2025.

« L’atterrissage montre une quasi-stabilité qui sera bénéfique aux consommateurs après les années d’inflation que nous avons connues », s’est félicitée Layla Rahhou, déléguée générale de la Fédération des Commerçants de la Distribution (FCD), dans un communiqué publié le 1er mars.

Cette modération des hausses constitue une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des Français, durement éprouvé par l’inflation depuis la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine.

La fin de l’inflation spéculative ?

Invité de l’émission Bonjour ! La Matinale sur TF1, Michel-Edouard Leclerc, président du groupe E. Leclerc, a confirmé cette tendance rassurante. « On a eu la peau de ces trois ans d’inflation », s’est-il réjoui, affirmant que « l’inflation dans nos magasins sera quasiment de zéro sur 50.000 articles ».

Cette stabilisation des prix concerne principalement les produits de grande consommation. Cependant, certains produits devraient continuer à voir leurs tarifs grimper. « Les prix devraient en revanche flamber pour les produits dont les tarifs des matières premières ont explosé, comme ceux à base de jus d’orange, de café, de chocolat, mais aussi de beurre », a précisé Michel-Edouard Leclerc.

Des baisses compensatoires sur le non-alimentaire

Pour atténuer ces hausses ciblées, les distributeurs misent sur des baisses significatives sur les produits non alimentaires. « Nous allons compenser par de plus fortes baisses sur le non-alimentaire, qui bénéficie d’une baisse des coûts de transport et d’entreposage », a expliqué le patron des supermarchés.

D’après ses prévisions, l’inflation globale pourrait s’établir autour de 1 % d’ici juillet 2025, avant de retomber à 0,8 % sur l’année. « Sauf si Trump nous fait tomber l’échiquier », a-t-il indiqué, en référence aux tensions géopolitiques entre les États-Unis et l’Ukraine.

La loi Egalim : un encadrement controversé

Ces négociations s’inscrivent dans le cadre des lois Egalim, instaurées pour protéger le revenu des agriculteurs. L’un des dispositifs clés, le « seuil de revente à perte » (SRP + 10), impose aux distributeurs de ne pas vendre certains produits alimentaires en dessous de leur prix d’achat majoré de 10 %.

Cette disposition, critiquée par l’association UFC-Que Choisir, aurait coûté « plusieurs milliards d’euros » aux consommateurs, sans bénéfice notable pour les revenus agricoles.

Malgré ces critiques, le gouvernement prévoit de prolonger ce dispositif pour trois ou quatre ans dès avril prochain, a annoncé le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola. Une nouvelle révision de l’ensemble des lois Egalim est attendue « avant l’été ou juste après l’été ».

Plus de transparence demandée

Si les distributeurs assurent respecter la loi, certains industriels dénoncent des pratiques de contournement, notamment via des négociations menées depuis l’étranger pour obtenir des conditions plus avantageuses. Les centrales d’achat internationales d’E.Leclerc et Carrefour ont d’ailleurs été sanctionnées par la Répression des fraudes (DGCCRF) pour non-respect des délais de négociation lors des discussions pour 2024.

Layla Rahhou appelle à une évolution de la législation pour « imposer vraiment la transparence sur la matière agricole ». Une demande qui rejoint celle des syndicats agricoles, favorables à une sanctuarisation du prix payé à l’agriculteur dans les négociations.

Vers une nouvelle ère pour les prix ?

Alors que la pression inflationniste semble s’atténuer, la question des marges et des pratiques commerciales reste au cœur des débats. La stabilisation des prix en 2025 constitue une bouffée d’air pour les consommateurs, mais des incertitudes demeurent, notamment sur les produits issus de matières premières sensibles.

Les évolutions attendues des lois Egalim pourraient redéfinir les rapports de force entre industriels, distributeurs et agriculteurs, dans un contexte où la transparence et la juste rémunération des producteurs apparaissent comme des enjeux cruciaux pour les années à venir.

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