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mercredi, avril 29, 2026
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Israël crée une administration pour le départ « volontaire » des Palestiniens de Gaza

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  • La récente décision du gouvernement israélien de créer une administration chargée du départ « volontaire » des Palestiniens de Gaza suscite une vive polémique sur la scène internationale.
  • Alors que les tensions s’intensifient dans la bande de Gaza, Israël annonce un projet controversé visant à faciliter le départ des habitants vers des pays tiers.

Le ministère israélien de la Défense a annoncé la création d’une administration spéciale visant à faciliter le départ « volontaire » des Palestiniens de la bande de Gaza vers des pays tiers. Une initiative controversée qui suscite de vives réactions sur la scène internationale.

Une administration sous l’égide du ministère de la Défense

Cette nouvelle structure, qui opérera sous l’autorité du ministère de la Défense, pourrait coopérer avec des organisations internationales afin d’assurer un « passage sécurisé » des Gazaouis vers des pays tiers, selon un communiqué officiel.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a lié cette démarche aux déclarations du président américain Donald Trump, qui s’est exprimé en faveur du départ volontaire des Palestiniens de Gaza.

L’initiative a été approuvée par le cabinet de sécurité israélien et fait écho aux propos du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui avait déclaré le 9 mars dernier que « ce plan prend forme (…) en coordination avec l’administration américaine » et qu’il était nécessaire « d’identifier les pays » susceptibles d’accueillir les Palestiniens quittant Gaza.

« administration chargée d’expulser les Palestiniens de Gaza »

La décision du gouvernement israélien a immédiatement suscité l’indignation de plusieurs organisations et responsables internationaux. Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a qualifié cette initiative de « mépris flagrant des résolutions internationales ».

Pour rappel, la Cisjordanie, où vivent environ trois millions de Palestiniens et près d’un demi-million de colons israéliens, est un territoire occupé par Israël depuis 1967, et les colonies israéliennes y sont jugées illégales par le droit international.

L’ONG israélienne « La paix maintenant » a également condamné la création de cette administration, la qualifiant d' »administration chargée d’expulser les Palestiniens de Gaza« . « Israël reconnaît commettre des crimes de guerre », a déclaré l’ONG, jugeant que cette initiative constitue « une tache indélébile sur l’État israélien ».

Une escalade des violences

Cette annonce intervient alors que la situation à Gaza continue de se dégrader. L’armée israélienne a repris ses opérations militaires de grande ampleur dans le territoire, mettant fin à un cessez-le-feu instauré depuis le 19 janvier. Depuis mardi, plus de 520 Palestiniens ont été tués dans des frappes israéliennes, selon la Défense civile de Gaza.

Dimanche, l’armée israélienne a lancé une nouvelle offensive à Rafah, dans le sud de Gaza, ordonnant l’évacuation du quartier de Tel al-Sultan. Un message diffusé sur le réseau social X a décrit cette opération comme « une mission pour frapper des organisations terroristes ».

Le Hamas a confirmé la mort de Salah al-Bardawil, membre de son bureau politique, tué avec son épouse dans une frappe israélienne à Khan Younès. Il s’agit du troisième haut responsable du mouvement tué depuis la reprise des bombardements, après Essam al-Dalis et Yasser Harb. Selon le Hamas, un garde du corps de Yahya Sinouar, leader militaire du mouvement, a également été tué.

Le ministère de la Santé du Hamas affirme que plus de 50 000 personnes ont perdu la vie à Gaza depuis le 7 octobre 2023.

Réactions internationales

Face à cette escalade de violences, plusieurs figures politiques internationales ont exprimé leurs inquiétudes. Le pape François, lors de sa première apparition publique depuis son hospitalisation, a appelé à « une fin immédiate » des frappes israéliennes. « Je suis attristé par la reprise des bombardements israéliens intenses sur la bande de Gaza, qui ont fait tant de morts et de blessés », a-t-il déclaré lors de la prière de l’Angélus, appelant également à la libération de tous les otages.

De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, est attendue en Israël et dans les territoires palestiniens lundi pour des discussions destinées à calmer les tensions.

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