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mercredi, avril 29, 2026
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Diplomatie en crise : l’effet domino sur les relations économiques franco-algériennes

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  • Les tensions diplomatiques entre l’Algérie et la France ont désormais des répercussions directes sur les relations économiques entre les deux pays.
  • Deux rencontres importantes, l’une à Alger et l’autre à Paris, ont été annulées en l’espace de quelques jours.
  • En cause : un climat politique détérioré qui commence à freiner les initiatives privées et les projets d’investissement bilatéraux.

 Les relations économiques n’auront pas tenu bien longtemps face aux remous diplomatiques. Après plusieurs mois d’un semblant d’apaisement entre Alger et Paris, les tensions politiques reprennent le dessus… et cette fois, elles percutent de plein fouet les relations économiques. Deux visites stratégiques, l’une française, l’autre algérienne, viennent d’être annulées coup sur coup.

 Une visite annulée, un signal fort

Ce mardi, Rodolphe Saadé, PDG du géant maritime CMA-CGM et proche du président Emmanuel Macron, devait fouler le sol algérien pour annoncer des investissements majeurs dans les infrastructures portuaires, notamment à Oran. Finalement, le dirigeant n’aura pas pris l’avion. Selon plusieurs sources, les autorités françaises auraient déconseillé cette visite, officiellement en raison du contexte diplomatique tendu.

Une décision symbolique et lourde de conséquences. L’investissement annoncé, censé marquer un tournant dans les relations économiques bilatérales, est désormais suspendu dans les airs.

 

Le CREA annule sa visite à Paris

La réaction n’a pas tardé. En retour, le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA) a annoncé l’annulation de sa visite à Paris, prévue le 7 mai. Une rencontre avec le MEDEF était à l’agenda depuis le début de l’année.

Pour le CREA, il n’est plus question de faire comme si de rien n’était. « Face à ces signaux négatifs, il n’est pas opportun de maintenir la rencontre ». Dans un communiqué tranchant, le CREA dénonce une position « incohérente » de la France.

« Les mêmes autorités françaises qui s’inquiètent du manque de présence de leurs entreprises en Algérie prennent aujourd’hui des mesures qui entravent les initiatives privées », fustige l’organisation patronale.

Le patronat algérien « réaffirme son engagement en faveur de partenariats internationaux fondés sur la réciprocité, la transparence et le respect mutuel et demeure mobilisé pour défendre les intérêts de l’économie algérienne et de ses acteurs », conclut le communiqué.

De son côté, le responsable de la Chambre de commerce algéro-française, qui plaidait pour que l’économie reste en dehors du jeu diplomatique, se dit aujourd’hui désabusé. Les tensions diplomatiques n’ont pas touché les échanges commerciaux, hormis le secteur agricole. « L’économique s’aligne désormais sur le politique, et c’est embêtant », déplore -t-il.

 Ces annulations en série marquent un coup d’arrêt dans une dynamique de coopération pourtant jugée prometteuse. Le partenariat entre Alger et Paris risque de s’étioler davantage si l’économie devient elle aussi un terrain de confrontation.

Pour l’instant, les échanges bilatéraux restent relativement stables, mais les signaux envoyés de part et d’autre laissent craindre une escalade, où l’investissement privé pourrait devenir la première victime collatérale des tensions politiques.

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