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vendredi, août 7, 2026
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Accord USA-Ukraine : fonds d’investissement et un accès privilégié aux ressources naturelles

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  • Reconstruction, investissements, minerais rares : l’accord signé entre les États-Unis et l’Ukraine symbolise un virage économique majeur.
  • Une alliance aux accents stratégiques qui pourrait redessiner les équilibres post-conflit en Europe de l’Est.

   C’est une signature qui pourrait bien marquer un tournant dans les relations bilatérales entre les États-Unis et l’Ukraine. Ce mercredi, les deux pays ont paraphé un accord économique de grande ampleur, officialisant la création d’un fonds commun destiné à financer la reconstruction de l’Ukraine, ravagée par la guerre, tout en garantissant aux Américains un accès préférentiel aux ressources naturelles stratégiques ukrainiennes.

Un fonds d’investissement commun pour rebâtir l’Ukraine

À l’origine de ce texte, une volonté partagée de soutenir la relance économique ukrainienne. L’accord prévoit la mise en place d’un fonds d’investissement bilatéral, alimenté conjointement par Washington et Kiev. Les États-Unis y contribueront par des moyens financiers directs, et pourraient également fournir une aide militaire supplémentaire.

« Les États-Unis pourraient apporter une nouvelle assistance, par exemple, des systèmes de défense aérienne pour l’Ukraine », a précisé la ministre ukrainienne de l’Économie, Ioulia Svyrydenko, dans une publication sur Facebook. De son côté, l’Ukraine participera à hauteur de 50 % des recettes issues « des redevances sur les nouvelles licences d’exploitation ».

Des projets ciblés, des profits réinvestis en Ukraine

Ce fonds commun financera des projets d’extraction minière, pétrolière et gazière, ainsi que des infrastructures associées. Les investissements resteront strictement localisés en Ukraine.

« L’Ukraine et les États-Unis détermineront ensemble les projets d’investissement spécifiques à financer, qui seront situés exclusivement en Ukraine », a précisé Ioulia Svyrydenko.

Autre point-clé : les bénéfices du fonds ne seront pas redistribués dans l’immédiat. « Au cours des dix premières années, les bénéfices et les revenus du fonds ne seront pas distribués », a-t-elle expliqué. « Ils ne pourront être investis qu’en Ukraine », notamment dans de « nouveaux projets » ou pour « la reconstruction ».

Ressources stratégiques : accès privilégié, mais souveraineté maintenue

L’accord prévoit également un accès préférentiel des États-Unis aux nouveaux contrats portant sur les ressources naturelles ukrainiennes, en particulier les terres rares, le graphite, le lithium, le titane et l’uranium. Ces matières premières sont essentielles à la production de technologies avancées, et suscitent un intérêt mondial croissant.

Mais Kiev ne cédera sa souveraineté. « Toutes les ressources situées sur notre territoire et dans nos eaux territoriales appartiennent à l’Ukraine« , a martelé Mme Svyrydenko. « C’est l’État ukrainien qui détermine où et quoi extraire ».

Trump : « un accord sur les minerais »

Le président Donald Trump n’a pas tardé à commenter l’accord, y voyant une réponse à ses critiques concernant l’aide américaine à Kiev. « Joe Biden leur a donné 350 milliards en aide et en équipement, et nous n’avons rien eu en retour », a-t-il déclaré mercredi soir. Il a salué l’accord signé comme une forme de retour sur investissement.

« Ils ont des supers terres rares, et on a conclu un accord sur les minerais qui en théorie va nous rapporter bien plus que 350 milliards », a affirmé le président américain

Une aide sans dette, mais sans garanties de sécurité

Contrairement à certaines spéculations, le texte ne comporte aucune clause liée à la dette ukrainienne envers Washington. « L’accord ne mentionne aucune dette de l’Ukraine envers les États-Unis », a confirmé Mme Svyrydenko. Le Premier ministre Denys Chmygal avait d’ailleurs anticipé ce point, affirmant avant la signature que « aucune dette, aucune aide accordée avant la signature ne fait partie de cet accord ».

En revanche, l’accord n’inclut pas de garanties de sécurité face à la Russie, une demande répétée du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une omission qui n’est pas passée inaperçue.

Le Trésor américain a cependant rappelé que le texte « reconnaît l’importante aide financière et matérielle que le peuple américain a fournie à la défense de l’Ukraine depuis l’invasion à grande échelle de la Russie ».

Un accord « historique », selon Washington

Pour Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, l’accord est un jalon stratégique dans la relation bilatérale. Il affirme que Donald Trump souhaite désormais « que les deux parties s’assoient à la table, maintenant, en montrant que les États-Unis ont un intérêt économique en Ukraine ». Et d’ajouter : « C’est un signal pour les dirigeants russes (…) Cet accord montre clairement à la Russie que l’administration Trump est engagée à un processus de paix centré sur une Ukraine libre, souveraine et prospère sur le long terme ».

Le texte, bien plus favorable à Kiev que la version initiale proposée en février — et qui avait tourné à l’altercation entre Zelensky et Trump —, doit encore être ratifié par le Parlement ukrainien. Mais son impact géopolitique et économique s’annonce déjà majeur.

 

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