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mardi, mars 24, 2026
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Bruxelles brandit la menace de 95 milliards d’euros de taxes contre les États-Unis

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  • Dans un climat de tensions commerciales persistantes, l’Union européenne envisage des représailles tarifaires d’une ampleur inédite : jusqu’à 95 milliards d’euros d’importations américaines pourraient être surtaxées.
  • Cette initiative, accompagnée d’un recours devant l’OMC, vise à contrer les mesures douanières toujours en vigueur aux États-Unis, tout en maintenant la pression dans des négociations jugées décisives pour l’équilibre des échanges transatlantiques.

    Bruxelles hausse le ton. Alors que les négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis stagnent, la Commission européenne a annoncé ce jeudi qu’elle se tient prête à taxer jusqu’à 95 milliards d’euros de produits américains. Une mesure de rétorsion en réponse aux droits de douane encore appliqués par Washington, hérités de l’ère Trump.

Dans le viseur de l’exécutif européen : les automobiles, avions, mais aussi les équipements électriques, batteries, électroménagers ou encore des produits agroalimentaires emblématiques comme le vin, le bourbon ou les fruits et légumes. Une consultation publique a été lancée pour déterminer les contours précis de cette future riposte.

La voie de l’OMC en parallèle

Outre cette menace tarifaire, la Commission européenne entend également saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour dénoncer ce qu’elle considère comme une « violation flagrante des règles commerciales ». Une procédure officielle sera engagée prochainement à Genève, a confirmé l’institution.

« Nous réaffirmons notre attachement au respect du droit international », a insisté la Commission dans un communiqué, tout en rappelant qu’un dialogue restait ouvert avec Washington.

Une négociation fragile

Depuis mars, les tensions se sont accentuées : les États-Unis ont successivement imposé 25 % de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, puis sur les voitures européennes, avant d’ajouter une surtaxe de 20 % sur une large gamme de produits. Cette dernière a été suspendue jusqu’en juillet, le temps de tenter une sortie de crise. Malgré cette trêve partielle, une taxe de 10 %continue de s’appliquer sur la majorité des exportations européennes.

Face à cette pression, Bruxelles avait déjà préparé sa riposte. En mars, l’UE a dressé une première liste de produits américains visés par des droits de douane allant jusqu’à 25 %, représentant 26 milliards d’euros d’échanges. Parmi les cibles : Harley-Davidson, le soja américain, ou encore des appareils ménagers comme des réfrigérateurs ou des tondeuses. Mais jusqu’ici, ces mesures sont restées en suspens.

 Von der Leyen : une main tendue, le poing serré

Malgré ce climat tendu, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se dit encore confiante dans la possibilité d’une issue négociée.

« Nous pensons qu’il est possible de conclure un accord bénéfique pour les consommateurs et les entreprises des deux côtés de l’Atlantique (…) Mais nous restons prêts à toutes les éventualités. », a déclaré Ursula von der Leyen

Même fermeté du côté du commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, qui a rappelé devant les eurodéputés que l’UE n’était « ni faible ni prête à accepter un accord inéquitable« . Il a confirmé avoir effectué plusieurs déplacements à Washington pour rencontrer ses homologues américains et défendre une coopération renforcée, notamment sur des sujets stratégiques comme les matières premières critiques, les médicaments, ou la surcapacité dans l’acier.

Des ouvertures possibles sur l’énergie et l’agriculture

L’Europe laisse cependant entrevoir des marges de manœuvre, notamment sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et certains produits agricoles, comme le soja, où des augmentations d’importations depuis les États-Unis pourraient être envisagées.

Alors que les discussions doivent se poursuivre jusqu’à l’été, l’Union européenne se dit prête à un compromis. Mais un compromis qui ne se fera pas à n’importe quel prix.

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