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lundi, mai 25, 2026
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France-Algérie : nouvelles expulsions de diplomates français, Paris promet une réponse « ferme »

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  •  Crise après crise, la relation entre la France et l’Algérie continue de s’enliser.
  •  Alger a exigé le départ de plusieurs fonctionnaires français, accusés d’avoir été affectés sans respect des procédures officielles.
  •  Paris dénonce une décision brutale et prépare une réponse ferme.

   Alger a convoqué dimanche 11 mai le chargé d’affaires de l’ambassade de France pour lui signifier une nouvelle vague d’expulsions de fonctionnaires français. Une décision que Paris qualifie de « brutale » et « incompréhensible », alors que les relations entre les deux pays traversent une nouvelle zone de turbulences.

L’Algérie exige le départ de diplomates français jugés « irrégulièrement » affectés

Selon une dépêche de l’Agence de presse algérienne (APS), l’Algérie a demandé le « rapatriement immédiat » de tous les agents français nommés dans des « conditions irrégulières ». Il s’agirait, selon des sources diplomatiques, de personnels envoyés en mission de renfort temporaire, sans qu’aucune notification officielle ou demande d’accréditation n’ait été formulée auprès des autorités algériennes.

Toujours selon l’APS, « pas moins de quinze agents français » auraient été affectés sans respecter les règles diplomatiques. Cette décision aurait été prise « après le constat de manquements flagrants et répétés » de la France aux procédures consacrées.

La France dénonce une décision « injustifiable »

Réagissant dès dimanche, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fustigé une décision qu’il juge « incompréhensible et brutale ». En déplacement à Coudray-Rabut, dans le Calvados, il a déploré une expulsion « injustifiée et injustifiable ».

« Comme je l’ai fait le mois dernier, nous y répondrons de manière immédiate, ferme et proportionnée à l’atteinte portée à nos intérêts. », a affirmé le chef de la diplomatie française

Le ministre a également regretté que les liens bilatéraux restent gelés. « La relation est bloquée et totalement gelée. », a-t-il précisé.

Une crise consulaire qui s’enlise

Les tensions ne se limitent pas aux expulsions françaises. Les autorités algériennes dénoncent également le blocage du processus d’agrément de deux consuls généraux algériens nommés à Paris et Marseille, ainsi que de sept autres agents toujours en attente depuis plus de cinq mois.

La situation rappelle un précédent survenu en avril, lorsque douze fonctionnaires français du ministère de l’Intérieur avaient été sommés de quitter l’Algérie en 48 heures. Cette expulsion faisait suite à l’arrestation, puis à la mise en détention en France, d’un agent consulaire algérien. La France avait alors riposté par l’expulsion de douze agents consulaires algériens et le rappel de son ambassadeur, Stéphane Romatet, toujours à Paris « pour consultations ».

Une relation bilatérale détériorée depuis 2024

Les relations franco-algériennes n’ont cessé de se dégrader depuis l’été 2024. En juillet, Alger avait rappelé son ambassadeur pour protester contre le soutien affiché d’Emmanuel Macron au plan d’autonomie marocain au Sahara Occidental.

En novembre, l’arrestation à Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal avait ravivé les tensions. Et entre décembre et janvier, plusieurs influenceurs algériens vivant en France avaient été interpellés pour incitation à la haine.

Malgré un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune en mars, qui avait laissé espérer un réchauffement, la situation s’est de nouveau tendue en avril après l’arrestation à Paris de trois hommes, dont un employé d’un consulat algérien.

Vers de nouvelles sanctions françaises ?

Interrogé sur d’éventuelles représailles, Jean-Noël Barrot n’a pas exclu de nouvelles mesures. Il a rappelé que des décisions avaient déjà été prises en début d’année pour restreindre l’accès au territoire français de certains dignitaires algériens, mesures qui, selon lui, avaient été « vivement ressenties ».

« Je ne m’interdis pas d’en prendre de nouvelles. Je ne dirai pas forcément quand je les prendrai, ni quand je ne les prendrai pas. Ainsi fonctionne la diplomatie. », a indiqué le ministre

À l’heure où l’Europe et le Maghreb font face à des défis communs en matière de sécurité, d’énergie et de migration, l’impasse diplomatique entre Paris et Alger constitue un frein stratégique majeur. En dépit des tensions, une reprise du dialogue reste une nécessité vitale pour préserver une coopération que ni la France ni l’Algérie ne peuvent durablement négliger.

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