- Selon une étude de l’Insee, les revenus d’activité des travailleurs non-salariés ( hors agricoles et micro-entrepreneurs) ont chuté de 4,4 % en 2023, dans un contexte d’inflation persistante.
- Tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière : immobilier, santé, transports… les disparités se creusent.
Une nouvelle année difficile pour les indépendants. Selon les derniers chiffres de l’Insee publiés ce mercredi 26 juin, les revenus d’activité des travailleurs non-salariés « classiques » (hors secteur agricole et microentrepreneurs) ont baissé en moyenne de 4,4 % en 2023, en euros constants. Une dégringolade qui fait suite à une première chute de 5,2 % en 2022, et qui s’inscrit dans un contexte d’inflation toujours élevée (+4,9 % en 2023 après +5,2 % en 2022).
Depuis la crise sanitaire de 2020, la tendance reste préoccupante : le revenu moyen des indépendants accuse désormais un recul de 6,3 % par rapport à son niveau de 2019, marquant une érosion continue du pouvoir d’achat de ces actifs.
Tous les secteurs ne s’en sortent pas aussi mal
Dans cette conjoncture tendue, les écarts entre secteurs d’activité se creusent. Certaines professions voient leur rémunération s’effondrer, tandis que d’autres parviennent à limiter la casse.
Exemple frappant : les professionnels de l’immobilier ont vu leur revenu d’activité plonger de 18,5 % sur un an, dans un marché particulièrement grippé. À l’opposé, le secteur du commerce et de la réparation automobile s’en tire avec une baisse minime de 0,7 %, proche de la stabilité.
Un revenu moyen qui masque de fortes disparités
En moyenne, les non-salariés classiques ont touché 4.040 euros par mois en 2023. Mais derrière ce chiffre se cachent de profondes inégalités selon les branches :
- Santé humaine et action sociale : 5.870 €/mois
- Services aux entreprises : 5.100 €/mois
- Commerce et artisanat commercial : 3.060 €/mois
- Transports : 2.080 €/mois
- Services aux particuliers (hors santé) : 1.920 €/mois
Les médecins et dentistes restent les champions toutes catégories, avec un revenu mensuel moyen de 9.900 euros, malgré une baisse de 2,9 % sur l’année. À titre de comparaison, les sages-femmes et professions paramédicales gagnent en moyenne 2,6 fois moins.
Des revenus nuls pour un indépendant sur dix
Autre signal inquiétant : en 2023, 11 % des travailleurs non-salariés ont déclaré un revenu nul ou déficitaire, faute de bénéfices ou de rémunération versée. Cette proportion, en hausse par rapport à 2019 (8 %), traduit la fragilité croissante de certains statuts.
Là encore, les écarts sont marqués. Seuls 2 % des professionnels de santé libéraux sont concernés, contre plus de 20 % dans les secteurs les plus précaires, comme les activités immobilières, le commerce de détail hors magasin, les services administratifs ou encore les arts et spectacles.
Un paysage indépendant sous pression
Cette nouvelle baisse des revenus en 2023 souligne la vulnérabilité structurelle du travail indépendant, particulièrement en période de tensions économiques. Derrière les moyennes nationales, ce sont des réalités professionnelles très contrastées qui se dessinent.
Alors que 7,9 % des non-salariés déclarent plus de 10.000 euros de revenu mensuel, la moitié gagne moins de 2.620 euros, et une frange non négligeable peine à joindre les deux bouts.
Les défis restent immenses, et l’étude de l’Insee relance le débat sur la protection économique et sociale de ceux qui font tourner l’économie… sans filet.
