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UE : feu vert au « plan en 20 points » de Donald Trump pour Gaza, le Hamas sommé de l’accepter

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  • L’Union européenne a salué la proposition en 20 points présentée par le président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre d’Israël contre Gaza.
  • Bruxelles exhorte le Hamas à accepter la proposition « sans délai », alors qu’Israël l’a déjà signée et que l’Autorité palestinienne lui a apporté son soutien.

   Cessez -le-feu, libération d’otages et de prisonniers, désarmement du Hamas, aide humanitaire sans entrave et création d’un « conseil de la paix » présidé par Donald Trump : la feuille de route suscite un alignement européen. Mais l’acceptation du Hamas et l’hypothèse d’un État palestinien — à laquelle Benjamin Netanyahu dit « résister par la force » — demeurent des points de friction majeurs.

Un plan en 20 points pour arrêter la guerre

La proposition comprend, entre autres, la cessation des opérations militaires, la libération des otages israéliens contre la libération de centaines de prisonniers palestiniens, le désarmement du Hamas et l’acheminement sans entrave de l’aide d’urgence. Elle prévoit également la création d’un « conseil de la paix » temporaire, présidé par Donald Trump, chargé de superviser la transition de Gaza après la guerre.

Du côté israélien, la décision a été rapide : le gouvernement a apposé sa signature sur le plan. Le Hamas, lui, prend le temps de la réflexion et affirme « l’examiner » attentivement. En Cisjordanie, l’Autorité palestinienne a déjà fait connaître son soutien, saluant une initiative perçue comme une possible voie vers la stabilité.

L’UE salue la feuille de route et met la pression sur le Hamas

Mardi, la Haute Représentante Kaja Kallas a déclaré : « Le plan du président Trump pour Gaza est une opportunité pour une paix durable. Il offre la meilleure chance immédiate de mettre fin à la guerre. »

« Israël a signé le plan. Le Hamas doit maintenant l’accepter sans délai, en commençant par la libération immédiate des otages », a-t-elle ajouté

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est fait l’écho de ce message, soulignant que l’UE « est prête à contribuer » au succès de la proposition. L’Union rappelle qu’elle est le plus grand donateur d’aide étrangère aux Palestiniens, avec 1,44 milliard d’euros supplémentaires depuis octobre 2023, ce qui, selon Bruxelles, fait de l’UE un acteur clé de toute architecture d’après-guerre.

Le président du Conseil européen António Costa a, lui aussi, insisté sur l’urgence d’une solution à deux États, qualifiant la situation à Gaza d’« intolérable ».

Capitaux européens : soutien global, nuances nationales

Ces derniers jours, la France, le Portugal et le Luxembourg ont reconnu l’État de Palestine, renforçant l’isolement international d’Israël. Dans le même temps, les Vingt-Sept envisagent une suspension partielle de l’accord d’association UE–Israël, sans majorité qualifiée pour l’instant.

Le chancelier Friedrich Merz a jugé que le plan représentait « la meilleure chance de mettre fin à la guerre depuis les attaques du Hamas en 2023 ».

« En ce moment crucial, nous sommes en contact étroit avec les États-Unis, nos voisins européens et nos partenaires dans la région », a-t-il déclaré.

Le président français Emmanuel Macron a, de son côté, prévenu que son pays « resterait vigilant quant aux engagements de chaque partie ».

« J’attends d’Israël qu’il s’engage résolument sur cette base. Le Hamas n’a pas d’autre choix que de libérer immédiatement tous les otages et de suivre ce plan », a affirmé le président français

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a salué un « projet ambitieux pour la stabilisation, la reconstruction et le développement de la bande de Gaza », exhortant le Hamas à n’accepter « aucun rôle dans l’avenir de Gaza » et à rendre les armes.

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a déclaré qu’il était temps de « mettre un terme à tant de souffrances ». Des messages similaires ont été publiés par Ulf Kristersson (Suède), Nicușor Dan (Roumanie), Christian Stocker (Autriche), Luís Montenegro (Portugal) et Dick Schoof (Pays-Bas), appelant à une mise en œuvre rapide et à des progrès vers la solution à deux États.

Le verrou stratégique : la création d’un État palestinien

Le plan de Donald Trump prévoit que, une fois Gaza reconstruite et l’AP réformée, « les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers l’autodétermination palestinienne et la création d’un État ».

Pourtant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, présent lundi aux côtés de Donald Trump, a ensuite affirmé qu’il « résisterait par la force » à la perspective d’un État palestinien, jetant le doute sur la réalisation complète des 20 points.

Malgré la dynamique diplomatique, rien n’est acquis. L’acceptation du plan par le Hamas demeure la clé de voûte. Lors de la conférence de presse de lundi, Donald Trump a assuré qu’Israël bénéficierait du « soutien total » des États-Unis pour « prendre des mesures visant à vaincre le Hamas » si ce dernier rejetait la proposition.

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