- À New York, le 29 septembre 2025, le géant pétro-gazier français TotalEnergies a présenté une stratégie où croissance énergétique, discipline financière et diversification électrique avancent de front.
- Sa stratégie vise la hausse de la production, transition climatique accélérée et rentabilité actionnariale renforcée.
La stratégie dévoilée par le géant pétro-gazier français repose sur un cap : produire plus tout en émettant moins. TotalEnergies vise une croissance moyenne de 4 % par an de sa production d’énergies jusqu’en 2030, portée par le pétrole, le gaz et l’électricité. En parallèle, l’entreprise prévoit de réduire de 50 % les émissions de ses opérations Oil & Gas (Scope 1+2) d’ici 2030 par rapport à 2015, et de 80 % ses émissions de méthane par rapport à 2020.
« TotalEnergies poursuit, de manière résolue, la mise en œuvre de sa stratégie de transition équilibrée et rentable », indique le communiqué, soulignant la solidité de ses deux piliers : les hydrocarbures — notamment le GNL — et l’électricité.
Selon la direction du groupe, cette approche s’inscrit dans une logique assumée de transition “équilibrée et rentable” : maintenir une base hydrocarbonée solide tout en investissant massivement dans l’électricité, avec une montée en puissance progressive.
7,5 milliards de dollars d’économies
Pour soutenir cette trajectoire, TotalEnergies enclenche une cure d’efficacité. Un plan d’économies de 7,5 milliards de dollars (Capex + Opex) sera déployé entre 2026 et 2030.
Les investissements nets seront réduits à environ 16 milliards de dollars en 2026, puis entre 15 et 17 milliards par an de 2027 à 2030, soit 1 milliard de moins par an que la précédente prévision.
« La Compagnie prévoit notamment des investissements nets autour de ~16 milliards de dollars en 2026 et 15-17 milliards de dollars par an sur 2027-30, en baisse de 1 milliard de dollars par an par rapport à la précédente guidance », détaille la direction du groupe énergétique.
Le groupe concentrera ses efforts sur des projets pétroliers et gaziers à forte marge, tout en restant sélective dans les investissements bas-carbone. Environ 4 milliards de dollars par an seront consacrés à Integrated Power, la branche électricité du groupe.
Un pipeline de projets pétroliers et gaziers déjà bien rempli
La croissance prévue dans les hydrocarbures repose sur un portefeuille déjà très avancé. Entre 2024 et 2030, la production de pétrole et de gaz doit progresser d’environ 3 % par an, grâce à des projets dont 95 % sont déjà en opération ou en cours de développement.
En 2025 et 2026, la croissance sera même supérieure, soutenue par le démarrage de plusieurs projets majeurs, notamment offshore aux États-Unis, au Brésil, en Irak et en Ouganda, ainsi que de grands projets GNL comme NFE au Qatar ou Jerun en Malaisie.
« En 2025 et 2026, cette croissance sera supérieure à 3 % grâce au démarrage de plusieurs projets pétroliers à forte marge […] et de projets GNL et gaziers majeurs », précise la direction du groupe
Selon la même source, cette visibilité opérationnelle permet à TotalEnergies d’afficher une trajectoire de production stable — un atout rare dans un secteur souvent marqué par la volatilité des volumes.
Le GNL comme moteur de cash-flow
La branche Integrated LNG (GNL) est appelée à jouer un rôle majeur dans la création de valeur. Le groupe prévoit une croissance de plus de 70 % du cash-flow d’ici 2030 par rapport à 2024, grâce à une hausse de 50 % des ventes. Les grands projets américains (Rio Grande LNG) et qataris (NFE, NFS) figurent parmi les plus compétitifs au monde et devraient soutenir cette dynamique.
« Le secteur Integrated LNG devrait voir son cash-flow croître de plus de 70 % à l’horizon 2030 […] porté par une croissance des ventes de 50 % issues notamment de projets GNL aux États-Unis et au Qatar », lit-on dans le communiqué
Parallèlement, TotalEnergies poursuit le développement de l’intégration gaz-électricité aux États-Unis et en Europe, afin de renforcer la stabilité de ses revenus.
L’électricité intégrée, amortisseur de cycle
C’est dans l’électricité que TotalEnergies accélère le plus franchement. L’entreprise ambitionne d’augmenter sa production électrique de 20 % par an d’ici 2030, pour atteindre 100 à 120 TWh/an. Près de 70 % de cette production proviendra des renouvelables, le reste reposant sur des capacités flexibles au gaz.
La priorité est donnée aux marchés dérégulés comme les États-Unis, l’Europe et le Brésil, où le groupe déploie son modèle intégré. Cette activité devrait devenir net cash positif dès 2028 et atteindre une rentabilité de 12 % en 2030. L’électricité apparaît ainsi comme un amortisseur stratégique face aux cycles pétroliers et gaziers, tout en soutenant la croissance du dividende.
Des actionnaires au cœur de la stratégie
Le Conseil d’administration réaffirme une orientation claire : retourner plus de 40 % du cash-flow aux actionnaires, quel que soit le prix de l’énergie. Grâce à une croissance attendue du free cash-flow d’environ 10 milliards de dollars d’ici 2030, la politique de dividende et de rachats d’actions reste au cœur du dispositif.
Les rachats d’actions atteindront 1,5 milliard de dollars au quatrième trimestre 2025, soit 7,5 milliards sur l’année, et resteront soutenus en 2026.
