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jeudi, avril 30, 2026
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Farandou nommé au Travail : la CFDT salue « un bon signal » et réclame la suspension de la réforme des retraites

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  • Jean-Pierre Farandou, ex-patron de la SNCF, prend les rênes du ministère du Travail et des Solidarités dans un climat social sous tension.
  • La CFDT, par la voix de sa secrétaire générale Marylise Léon, y voit l’occasion de renouer un dialogue exigeant sur la réforme des retraites de 2023.

   Invitée de TF1, Marylise Léon juge la nomination de Jean-Pierre Farandou « plutôt un bon signal » et plaide pour une suspension de la réforme des retraites, « conditions sine qua non de la stabilité politique ». Elle demande de figer l’âge légal, défend une « année de suspension » pour bâtir un compromis, et fixe une priorité : l’emploi des jeunes et des seniors.

Marylise Léon revendique une relation constructive avec l’ancien dirigeant de la SNCF : « On a eu un très bon dialogue quand il était à la SNCF, je rappelle qu’on a négocié, notamment avec la CFDT, un accord sur la pénibilité, il y a quelques mois », avant d’ajouter : « J’espère qu’il gardera ses convictions et cette façon de dialoguer avec les organisations syndicales. »

Reconnu pour son ouverture au dialogue durant ses six années à la tête de la SNCF, notamment sur la retraite des cheminots, Jean-Pierre Farandou arrive rue de Grenelle avec un dossier brûlant : la demande, portée par la gauche et appuyée par la CFDT, de suspendre la réforme des retraites de 2023.

Ce que la CFDT met derrière la « suspension »

Pour Marylise Léon, la suspension a un contenu clair : « La priorité est de figer l’âge légal de départ car c’est ce qui a le plus d’impact, c’est quatre fois plus d’impact que le gel de l’augmentation du nombre de trimestres. » Concrètement, « pour des centaines de milliers de personnes concernées, ça veut dire un compteur bloqué à 62 ans et 9 mois. »

La responsable syndicale replace l’enjeu dans un double impératif budgétaire et démocratique : « Il y a un enjeu de budget à construire, ça c’est sûr, mais la question de l’apaisement démocratique est au moins aussi important. » Et d’interpeller l’exécutif :

 « La question c’est de savoir, au bloc central, quel geste ils sont capables de faire, et est-ce qu’ils sont dans la capacité de sortir de leur logique comptable. »

Alerte sur le climat politique : « censure » et nouvelle séquence

Marylise Léon prévient que l’absence de gestes forts pourrait tendre davantage le pays : « S’il n’y a pas de suspension et qu’il y a censure, là on part dans une autre séquence et en tant qu’organisation syndicale, ça sera important qu’on prenne notre part à essayer de réparer ce climat délétère. »

Elle appelle les responsables politiques à changer de logique :

« J’espère que tous les responsables politiques vont finir par comprendre qu’il faut arrêter de penser en comptables et écouter ce que les Français, citoyens et travailleurs, attendent. »

Une « année de suspension » pour refonder le système

Au-delà du gel de l’âge, la CFDT veut profiter d’un temps politique dédié : « Je veux qu’on utilise l’année de suspension pour réfléchir à qu’est-ce qu’on veut construire ? À la CFDT on propose la retraite à la carte (ou par points), c’est un système qui permet à chacun chacune de choisir quand est-ce qu’il part en retraite. » L’idée : ouvrir un chantier de fond sur l’équité, la soutenabilité et la lisibilité du système.

Emploi des jeunes et des seniors, la priorité sociale

La centrale réformiste fixe enfin un cap immédiat : remettre l’emploi des jeunes et des seniors au centre. Marylise Léon a « appelé à reposer la question de l’emploi des jeunes et des seniors », jugeant ce chantier « plus important et plus prioritaire que l’âge légal de départ ».

Formation, prévention de l’usure professionnelle, lutte contre les discriminations à l’embauche et aménagements de fin de carrière figurent parmi les leviers attendus.

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