- Free a dévoilé Free TV, une plateforme gratuite qui agrège plus de 170 chaînes et du replay, accessible aux abonnés comme aux non-abonnés.
- Mais l’initiative, présentée comme « la plus grande offre TV gratuite de France », fait déjà grincer des dents chez les diffuseurs historiques.
Annoncée le 21 octobre, l’offre Free TV se pose en concurrente de Molotov et TV+ de Canal+. Lundi 27 octobre, TF1 et France Télévisions ont publié un communiqué commun pour fustiger une « méthode brutale et unilatérale [qui] témoigne d’un mépris des droits des ayants droit créateurs et acteurs du secteur audiovisuel et de leurs partenaires commerciaux » et appellent l’Arcom à se saisir du dossier.
Une offensive de Free sur le terrain de la TV en streaming
Lancée mardi dernier, Free TV regroupe plus de 170 chaînes ainsi que des films et programmes en replay. L’accès est ouvert aux abonnés Free comme aux non-abonnés, avec en option une version payante donnant accès à davantage de contenus.
Positionnée face aux plateformes déjà en place, de Molotov à TV+ de Canal+, l’offre entend capter un public en quête d’une expérience TV unifiée et gratuite.
Un lacement « sans concertation » et « sans rémunération »
Le ton est monté dès lundi 27 octobre. Dans un communiqué commun, France Télévisions et TF1 dénoncent un lancement « sans concertation préalable » et sans rémunération des ayants droit.
« Cette méthode brutale et unilatérale témoigne d’un mépris des droits des ayants droit créateurs et acteurs du secteur audiovisuel et de leurs partenaires commerciaux », critiquent le groupe public et le groupe privé dans un communiqué commun.
Les deux groupes « appellent les pouvoirs publics et l’Arcom [le régulateur de l’audiovisuel] à examiner avec la plus grande attention cette initiative qui déstabilise l’ensemble de l’écosystème ».
Monétisation, droits et modèle économique au cœur du bras de fer
TF1 et France Télévisions soulignent qu’ils investissent massivement dans leurs propres applications, TF1+ et France.tv, pour garantir une expérience utilisateur et éditoriale de qualité et des revenus à même de financer la création.
Selon eux, « avec cette nouvelle offre, Free s’approprie les services des groupes TF1 et France Télévisions sans porter une démarche concertée visant à sécuriser leurs valorisations et leurs monétisations ».
« Une telle pratique remet en cause la stratégie de développement et les ressources disponibles des éditeurs pour financer la création », insistent-ils, dans un contexte budgétaire déjà tendu pour le secteur.
Ce que Free TV change (ou pas) pour le public
Sur le papier, Free TV promet un guichet unique : chaînes linéaires, replay et contenus supplémentaires via une formule payante. Pour les utilisateurs, l’intérêt tient à la simplicité d’accès — y compris sans abonnement Free — et à la richesse du catalogue de chaînes. Reste l’inconnue du cadre de rémunération des ayants droit et des accords avec les éditeurs, que TF1 et France Télévisions jugent aujourd’hui insuffisants voire inexistants.
