- Veolia franchit un nouveau cap dans sa stratégie de croissance aux États-Unis avec le rachat de l’américain Clean Earth.
- Cette opération majeure renforce le poids du groupe français dans le traitement des déchets dangereux, l’un de ses segments les plus porteurs.
Le groupe français de services aux collectivités annonce l’acquisition de Clean Earth pour 3 milliards de dollars, sa plus importante opération depuis le rachat de Suez en 2022. Avec cette transaction structurante, Veolia double de taille dans les déchets dangereux, devient numéro deux mondial du secteur et consolide son ancrage sur le marché américain, tout en respectant ses objectifs financiers et son programme stratégique GreenUp.
Une opération record pour Veolia
Veolia, spécialiste mondial du traitement des déchets, de l’assainissement de l’eau et des réseaux de chaleur, a annoncé ce vendredi 21 novembre le rachat du groupe américain Clean Earth pour un montant de 3 milliards de dollars, dette incluse, soit environ 2,6 milliards d’euros.
Il s’agit de la plus importante acquisition du groupe depuis le rachat de l’essentiel des activités internationales de Suez, début 2022. L’opération est réalisée auprès de la société d’investissement Enviri et doit être finalisée d’ici la mi-2026, sous réserve des autorisations réglementaires habituelles.
`Veolia anticipe 120 millions de dollars de synergies en année pleine, à compter de la quatrième année suivant la clôture de la transaction. Ces synergies doivent être dégagées notamment grâce à la complémentarité des portefeuilles d’actifs, à l’optimisation des réseaux industriels et à la mutualisation des fonctions support.
Devenir numéro deux mondial des déchets dangereux
Cette acquisition s’inscrit au cœur de la stratégie de Veolia sur le marché des déchets dangereux, présenté comme l’un de ses « boosters » de croissance. L’intégration de Clean Earth permettra au groupe de devenir le numéro deux mondial dans ce domaine.
À l’issue de l’opération, le chiffre d’affaires de Veolia dans les déchets dangereux atteindra 5,2 milliards d’euros, avec une marge d’Ebitda de 17 %. Une performance qui confirme l’attractivité de ce segment, à la fois en termes de croissance et de rentabilité.
« Nous renforçons significativement nos capacités mondiales dans le traitement des déchets dangereux et élargissons davantage notre empreinte internationale », souligne Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, dans le communiqué annonçant l’opération.
La dirigeante insiste également sur le fait que cette acquisition « va également permettre de renforcer notre potentiel de croissance aux États-Unis en accroissant notre exposition aux industries les plus dynamiques avec des offres de services diversifiées ».
Un marché américain robuste et stratégique
Avec cette opération, Veolia met la main sur un portefeuille d’actifs particulièrement dense : Clean Earth compte 82 sites aux États-Unis, dont 19 installations de traitement, de stockage et d’élimination autorisées par l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement, et plus de 700 permis d’exploitation à travers le pays.
Les déchets dangereux recouvrent l’ensemble des déchets présentant un risque pour l’environnement, la population ou les installations : déchets radioactifs, déchets piquants ou coupants, solvants, médicaments, déchets sous pression, mais aussi opérations complexes de démantèlement de trains, d’avions ou de plateformes pétrolières.
Pour Veolia, ce secteur offre des perspectives solides, en particulier outre-Atlantique. « Le secteur du traitement des déchets dangereux est particulièrement robuste, notamment aux États-Unis, où il surperforme dans un environnement économique complexe », explique le groupe.
Un service essentiel pour les industries de pointe
Au-delà de sa robustesse, le marché des déchets dangereux est directement lié aux grandes transformations industrielles en cours.
« Il s’agit d’un service essentiel pour des industries clés, notamment celles en pleine transformation ou qui relocalisent leur production : industries de pointe, semi-conducteurs, énergie propre, santé, pharmaceutique… », développe Veolia.
Ces évolutions « génèrent une demande soutenue et des opportunités de croissance importantes, tout en soulignant le besoin urgent de solutions de traitement efficaces, indispensables à la santé publique et à la sécurité écologique », poursuit l’entreprise.
Pour rappel, le groupe reste par ailleurs leader mondial en matière de brevets liés à ce secteur, avec 75 brevets actifs, notamment sur de nouvelles technologies de destruction des PFAS, des polluants éternels au cœur des préoccupations environnementales et sanitaires.
Une acquisition alignée avec le plan GreenUp
Cette opération s’inscrit pleinement dans le plan stratégique de moyen terme de Veolia et son programme GreenUp, qui repose sur des segments identifiés comme « boosters de croissance ». Le groupe vise une croissance annuelle de son chiffre d’affaires comprise entre 3 % et 5 % et une progression de 10 % par an de son Ebitda d’ici 2027.
Dans le même temps, Veolia réaffirme sa discipline financière. Le groupe précise que l’acquisition de Clean Earth respectera ses critères internes : maintien d’une note de crédit « BBB/Baa1″ et d’un ratio d’endettement (dette nette/Ebitda) légèrement au-dessus de 3 en 2026, puis inférieur ou égal à 3 en 2027.
L’intégration de Clean Earth doit également s’accompagner d’une optimisation du portefeuille d’activités. Veolia prévoit ainsi des cessions supplémentaires d’environ 2 milliards d’euros dans des activités matures, portant le total des rotations d’actifs à 8,5 milliards d’euros depuis le lancement de son programme GreenUp. Une stratégie destinée à concentrer les investissements sur les segments les plus dynamiques et rentables, tout en préservant un équilibre financier strict.
