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Cessions d’actifs chez EDF : Edison et les renouvelables américaines dans le viseur

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  • EDF accélère son recentrage stratégique sous la pression d’une dette jugée « abyssale » et de besoins d’investissements historiques.
  • Le groupe public, renationalisé en 2023, confirme étudier des « éventuelles cessions » d’actifs en France et à l’international.

   Confronté à une dette de 54,3 milliards d’euros fin 2024 et à un programme d’investissements de 460 milliards d’euros d’ici 2040, EDF a engagé une vaste revue de son portefeuille d’actifs. L’énergéticien confirme envisager « l’ouverture du capital d’Edison » et « une cession partielle ou complète de la plateforme renouvelable aux États-Unis », dans le cadre d’un plan d’économies de 5 milliards d’euros sur cinq ans, suscitant de vives inquiétudes en interne.

EDF confirme des « éventuelles cessions » d’actifs

L’électricien français Électricité de France (EDF) a confirmé, lundi 15 décembre, envisager « d’éventuelles cessions » totales ou partielles, en parallèle d’un plan d’économies de 5 milliards d’euros sur cinq ans. Cette confirmation intervient en réaction à des informations du quotidien économique Les Échos, qui évoque un large « plan d’adaptation » fondé sur des désengagements ciblés.

Le groupe « fait une revue de portefeuille pour procéder à d’éventuelles cessions », a indiqué EDF dans un message adressé à l’AFP. Dans ce cadre, « l’ouverture du capital d’Edison », une filiale italienne, « ainsi qu’une cession partielle ou complète de la plateforme renouvelable aux États-Unis ont été évoquées ».

Selon Les Échos, ce plan reposerait sur des « ventes et ouvertures de capital de filiales (pouvant) rapporter jusqu’à 17 milliards d’euros ». EDF, qui porte une dette de 54,3 milliards d’euros à fin 2024, n’a toutefois pas souhaité commenter ce montant, se contentant de confirmer l’existence d’une revue stratégique en cours.

Edison et les renouvelables aux États-Unis dans le viseur

Les pistes aujourd’hui évoquées concernent principalement deux actifs : la filiale italienne Edison et la plateforme dédiée aux énergies renouvelables aux États-Unis. Pour l’heure, EDF insiste sur le caractère exploratoire de ces options et assure qu’aucune décision ferme n’a été arrêtée.

Le groupe explique mener « une revue globale du portefeuille d’actifs », dans un contexte où chaque arbitrage compte. Après la cession, en août, d’Exaion – sa filiale numérique et crypto – au groupe américain Mara Holdings, l’énergéticien montre qu’il est prêt à se désengager d’activités jugées non essentielles ou moins stratégiques pour retrouver des marges de manœuvre financières.

Renationalisé à 100 % en 2023, EDF est désormais étroitement surveillé par les pouvoirs publics, qui s’inquiètent de l’ampleur de sa dette et de sa capacité à financer, dans la durée, la transition énergétique et le renouvellement du parc nucléaire.

Une équation financière sous haute tension

La pression financière sur EDF est considérable. Dans un rapport publié le 23 septembre, la Cour des comptes s’est inquiétée des perspectives du groupe, « confronté à d’importantes incertitudes sur sa capacité de financement à long terme ». Elle rappelle qu’EDF fait face à des besoins d’investissement atteignant 460 milliards d’euros entre 2025 et 2040, principalement pour le développement du parc nucléaire et les projets dans les énergies bas carbone.

Ces montants colossaux obligent le groupe à jongler entre désendettement, financement des nouveaux projets et maintien de ses infrastructures actuelles. Les cessions d’actifs, même partielles, apparaissent alors comme un levier parmi d’autres pour soulager la dette, tout en essayant de préserver le cœur stratégique de l’entreprise en France.

Bernard Fontana veut « prioriser » les investissements

Mi-octobre, le nouveau président-directeur général d’EDF, Bernard Fontana, a donné le ton. Dans un message interne adressé aux principaux cadres du groupe public, il avait souligné la nécessité de « prioriser » les investissements afin de concentrer les ressources sur les projets jugés essentiels.

Le dirigeant indiquait étudier des « ouvertures de capital » pour retrouver « des marges de manœuvre financières ».

« Nous sommes prêts à étudier des ouvertures de capital sur des territoires ou dans des activités ciblées afin de nous donner des marges de manœuvre financières », a t-il précisé.

Ces déclarations annonçaient déjà les intentions actuelles de la direction : valoriser certains actifs à l’international pour financer les priorités industrielles du groupe, en particulier le nucléaire et les grands projets bas carbone en France.

Inquiétudes sociales et tensions sur le dialogue interne

Ce plan d’économies de 5 milliards d’euros ne se joue cependant pas qu’à travers les cessions d’actifs. En interne, il suscite une forte inquiétude quant aux conséquences sociales.

Selon la déléguée syndicale centrale CFE-CGC, Amélie Henri, citée par l’AFP, près d’un tiers des économies visées pourrait porter sur la masse salariale. Elle alerte également sur un durcissement du dialogue social au sein de l’entreprise, aggravé selon elle par « les méthodes de la nouvelle direction ».

Les syndicats redoutent des réductions d’effectifs, des gels d’embauches ou des réorganisations profondes, alors même que le groupe doit mener de front d’importants chantiers industriels et de sûreté.

Pour les représentants du personnel, la priorité devrait être de sécuriser les moyens humains et techniques nécessaires à la relance du parc nucléaire et au développement des énergies renouvelables, plutôt que de chercher des économies rapides sur les coûts de fonctionnement.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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