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EDF : la Cour des comptes alerte sur la situation financière «à clarifier »

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  • La Cour des comptes alerte sur la situation économique de l’énergéticien français, désormais détenu à 100 % par l’État.
  • Ses pertes s’accumulent alors qu’un mur d’investissements se profile pour entretenir et renouveler le parc nucléaire.

   La Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme sur les perspectives financières d’EDF dans un rapport adressé à la commission des finances de l’Assemblée nationale et consulté mardi 24 septembre. L’institution de la rue Cambon appelle à « une répartition claire de l’effort financier » entre l’État, l’entreprise et les clients finaux, au moment où l’énergéticien se trouve confronté à des besoins d’investissements inédits et à la fin annoncée du cadre régulé de l’Arenh.

« Le modèle de financement d’EDF devrait, pour préserver une trajectoire financière soutenable pour le groupe, être défini à partir d’une répartition claire de l’effort financier entre l’État, désormais actionnaire unique, EDF et les clients finaux », alerte la Cour des comptes

 « Importantes incertitudes » sur la capacité de financement

Dans ce document, d’abord révélé par le média Contexte, la Cour estime qu’EDF est « confronté à d’importantes incertitudes sur sa capacité de financement à long terme », alors qu’un programme d’investissements massif se dessine d’ici 2040. Pour préserver une trajectoire soutenable, « le modèle de financement d’EDF devrait, pour préserver une trajectoire financière soutenable pour le groupe, être défini à partir d’une répartition claire de l’effort financier entre l’État, désormais actionnaire unique, EDF et les clients finaux », insistent les magistrats.

 460 milliards d’euros d’ici 2040 : un programme hors norme

Selon le rapport, les besoins d’EDF atteignent la somme colossale de 460 milliards d’euros sur la période 2025-2040. Ce programme hors norme se répartit entre plusieurs volets stratégiques : environ 90 milliards d’euros seront consacrés à la maintenance et à la prolongation du parc nucléaire existant, tandis que 115 milliards d’euros iront à la construction de 14 réacteurs EPR2, dont 75 milliards pour les six premiers exemplaires.

À cela s’ajoutent 15 milliards d’euros destinés au parc hydraulique et plus de 100 milliards pour Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, chargé de moderniser et renforcer les infrastructures.

Ces montants illustrent l’ampleur du défi industriel : prolonger la durée de vie des réacteurs actuels, réussir le lancement d’une nouvelle série de réacteurs EPR2 et moderniser les réseaux pour intégrer une consommation plus électrifiée et plus fluctuante.

Après l’Arenh, une exposition accrue aux prix de marché

À partir de fin 2025, la rentabilité d’EDF sera davantage exposée « aux aléas d’évolution des prix de marché de l’électricité », avec la disparition du mécanisme régulé Arenh. Pour sécuriser ses revenus, l’énergéticien entend remplacer ce système par des contrats de moyen et long terme conclus avec les fournisseurs d’électricité et les entreprises, notamment les industriels électro-intensifs.

La Cour y voit un enjeu central de visibilité financière, alors que la volatilité des prix a déjà éprouvé les comptes du groupe.

Performance du parc et partage des risques

La capacité d’EDF à investir dépendra étroitement « des performances opérationnelles du parc nucléaire et la réussite de la prolongation de sa durée de vie ». Avant toute décision engageante, l’instance recommande de « fixer, préalablement à la décision finale d’investissement du programme des EPR2, les modalités de partage des risques entre l’État et EDF ».

Le devis final du programme EPR2 doit être connu d’ici la fin de l’année, un jalon décisif pour le calibrage du financement public et la structuration des futurs contrats.

Dividendes, portefeuille d’actifs : la Cour prône la discipline

 Au-delà du schéma de financement, la Cour des comptes appelle à expliciter la future politique de dividendes du groupe et invite EDF à « procéder à une revue stratégique des investissements, participations et filiales ».

Des cessions, totales ou partielles, pourraient constituer « un levier de financement du programme d’investissements du groupe », en particulier « dans des scénarios de prix les plus défavorables ». L’objectif : libérer des marges de manœuvre sans compromettre les missions stratégiques d’EDF dans la sécurité d’approvisionnement

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