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MaPrimeRénov’ : le guichet fermé au 1er janvier faute de budget

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  • Le guichet de MaPrimeRénov’ sera de nouveau fermé au 1er janvier, le Parlement n’étant pas parvenu à adopter un budget.
  • Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun affirme qu’avec une simple loi spéciale, l’État ne peut pas engager les dépenses nécessaires au redémarrage du dispositif.

   Coup dur pour les ménages et pour le bâtiment : faute de loi de finances, MaPrimeRénov’ ne redémarrera pas au 1er janvier. Vincent Jeanbrun assume un choix de “cohérence budgétaire”, tandis que la Capeb dénonce un signal négatif et alerte sur un impact “catastrophique” pour l’activité, notamment dans l’isolation.

Une fermeture actée au 1er janvier

 Le scénario redouté se confirme : le guichet de MaPrimeRénov’, principale aide de l’État à la rénovation énergétique, sera à nouveau suspendu au 1er janvier. En cause, l’absence de budget après l’échec du Parlement à trouver un compromis.

 Dimanche 21 décembre, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a tranché sur France 3 : « Je l’avais dit pas de budget, pas de guichet ». Et de confirmer l’arrêt du dispositif, malgré la volonté affichée de relance en début d’année :

« On espérait pouvoir redémarrer sur les chapeaux de roues en janvier, en ayant bien dimensionné tout le dispositif, mais effectivement avec une loi spéciale, ça ne sera pas possible, donc on ne pourra pas rouvrir le guichet. »

 La “loi spéciale”, une “rustine” qui bloque les nouvelles dépenses

 Au cœur du blocage : la mécanique juridique qui encadre la dépense publique. Le ministre insiste sur la limite d’un texte transitoire.  

« En fait la loi spéciale, c’est pas un budget, c’est une espèce de rustine qui permet de pas tout bloquer, mais qui en revanche, bloque toute dépense non contractuelle », a-t-il expliqué.

Conséquence directe, selon lui : impossible de promettre des financements tant que les crédits ne sont pas votés. « Sans budget, on ne pourra pas décaisser l’argent […] Donc on ne va pas ouvrir un guichet en disant “déposez vos dossiers et puis on vous dira dans deux mois, dans trois mois si on est capable de les financer ou pas”. Ça n’aurait pas de sens », a ajouté Vincent Jeanbrun, appelant à adopter un budget « le plus rapidement possible ».

Un dispositif déjà chahuté en 2025

Cette nouvelle suspension intervient après une année déjà heurtée. Vincent Jeanbrun avait prévenu le 13 décembre : sans budget, MaPrimeRénov’ serait de nouveau interrompue, après avoir été suspendue plusieurs semaines début 2025 puis partiellement durant l’été.

Pourtant, MaPrimeRénov’ reste un outil structurant de la politique de rénovation. Depuis 2020, le dispositif a contribué à rénover156 762 logements, avec 1,863 milliard d’euros d’aides octroyées et 4,4 milliards d’euros de travaux générés. Les bénéficiaires appartiennent à 70 % aux catégories de revenus les plus modestes.

Les artisans du bâtiment en alerte : “un nouveau coup dur”

La réaction du secteur ne s’est pas fait attendre. Sur franceinfo dimanche soir, Jean-Christophe Repon, président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), déplore une situation politique qui, selon lui, aggrave l’incertitude:« On s’y attendait mais l’irresponsabilité des parlementaires sur le non-vote du budget nous emmène encore dans une impasse », regrette-t-il.

Le dirigeant, qui représente 62 000 artisans en France, voit dans la décision « un nouveau coup dur ». Il souligne le ralentissement d’un marché considéré comme moteur pour les entreprises : « Le segment de la transition énergétique, qui est pour nous un élément moteur, qui devrait créer de l’emploi, est en net recul depuis deux ans », affirme-t-il.

Et d’ajouter : « Pour nous c’est un signal négatif pour les particuliers et surtout pour la confiance et la visibilité que l’on peut engager ensemble ».

Jean-Christophe Repon estime la perte liée à la suspension de MaPrimeRénov’ à « +2% de l’activité » dans le secteur. « C’est catastrophique pour nous », soupire-t-il, inquiet « pour la trésorerie des entreprises » — avec une attention particulière pour celles de l’isolation, très dépendantes des chantiers de rénovation énergétique.

Le président de la Capeb dit néanmoins vouloir travailler avec le ministère pour amortir la fermeture : il souhaite « trouver des solutions » et « un autre accompagnement » afin de compenser la suspension. « Il faut vraiment qu’on envoie un signal fort aux marchés », plaide-t-il, alors que les professionnels réclament visibilité et stabilité pour relancer les carnets de commandes.

 

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