- Emmanuel Macron a annoncé, dimanche 21 décembre, le lancement du futur porte-avions de la Marine nationale lors d’un déplacement à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis.
- Le navire doit remplacer le Charles de Gaulle et entrer en service à la fin des années 2030.
Sur une base militaire française aux Émirats, le chef de l’État a donné son feu vert à la construction d’un porte-avions présenté comme un symbole de puissance et un accélérateur industriel. Budget, dimensions, emplois : à Saint-Nazaire, la perspective de “15 000 contrats de travail” et l’arrivée annoncée de “4 000 militaires” dessinent déjà l’ampleur d’un projet qui pourrait reconfigurer le territoire.
En déplacement à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), Emmanuel Macron s’est adressé aux forces armées ce dimanche 21 décembre, à l’occasion du traditionnel Noël avec les troupes. C’est dans ce cadre que le président de la République a officialisé le lancement du futur porte-avions de la Marine nationale, appelé à succéder au Charles de Gaulle.
« Conformément aux deux dernières lois de programmation militaire, et après un examen complet et minutieux, j’ai décidé de doter la France d’un nouveau porte-avions », a annoncé Emmanuel Macron.
Un symbole de puissance et un pari technologique
Derrière l’annonce, l’exécutif met en avant une dimension stratégique, mais aussi industrielle. « Ce porte-avions sera l’illustration de la puissance de notre nation, la puissance de l’industrie, de la technologie », a déclaré le chef de l’État, présentant le programme comme un marqueur de souveraineté.
Le président a également insisté sur l’effet d’entraînement économique du chantier : « Ce chantier va directement irriguer notre économie et les 800 fournisseurs, dont 80 % sont des PME impliquées dans la construction », a-t-il précisé, promettant de se déplacer « sur le chantier en février prochain ».
10,2 milliards d’euros programmés sur plusieurs années
Le financement du projet s’inscrit dans la durée. Le budget 2025 prévoit des autorisations d’engagement à hauteur de 10,2 milliards d’euros sur plusieurs années pour soutenir le développement et la construction du porte-avions. Une enveloppe destinée à sécuriser le lancement du programme, de la conception jusqu’aux premières phases industrielles.
Un navire géant attendu d’ici 2038
Selon ICI Loire Océan, le futur porte-avions est annoncé pour 2038. Il doit mesurer 310 mètres de long pour 80 000 tonnes, soit “quasiment deux fois plus” que le Charles de Gaulle. Un changement d’échelle qui implique des besoins industriels considérables, tant en main-d’œuvre qu’en infrastructures.
Saint-Nazaire au cœur du projet : “15 000 contrats de travail”
À Saint-Nazaire, où les Chantiers de l’Atlantique sont cités comme un acteur central, l’annonce est accueillie comme une garantie de visibilité pour l’emploi industriel local. Le maire, David Samzun, évoque d’ores et déjà un volume massif d’embauches : “15 000 contrats de travail, d’après les industriels”, attendus d’ici les cinq années à venir.
« C’est une grande fierté et une grande sérénité de savoir que le bassin de l’emploi industriel nazairien est ‘garé’ en termes d’emploi », se satisfait-il.
« C’est une très belle nouvelle en cette fin d’année. C’est surtout une lisibilité industrielle exceptionnelle avec ce porte-avions. C’est une grande fierté et une grande sérénité de savoir que le bassin de l’emploi industriel nazairien est garé », a t-il ajouté
4 000 militaires annoncés pour le suivi du chantier
Le projet ne mobilisera pas seulement l’industrie. Le texte évoque également la venue de près de 4 000 militaires à Saint-Nazaire, chargés d’assurer le suivi du chantier puis de prendre possession du navire. Une présence qui pose, en creux, la question de l’accueil, des infrastructures et des moyens logistiques nécessaires à l’échelle locale.
“Donnez-nous les moyens” : l’appel de David Samzun à l’État
Si l’annonce présidentielle est saluée, David Samzun alerte sur les conditions de réussite. « Je dis à l’Etat Français : donnez-nous les moyens d’accompagner ce développement industriel et non pas de le freiner », lance-t-il, appelant au soutien de l’État pour éviter les goulots d’étranglement administratifs et financiers.
À l’échelle nationale, l’exécutif présente ce futur porte-avions comme un investissement stratégique sur plusieurs décennies. À l’échelle locale, Saint-Nazaire se prépare déjà à absorber l’onde de choc d’un programme colossal — emplois, flux militaires, sous-traitance — qui pourrait s’imposer comme l’un des grands chantiers industriels français de la fin de décennie.
