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Voitures européennes, vins, chocolat : l’Inde abaisse ses taxes après l’accord avec l’UE

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  • Après plus de vingt ans de négociations, l’Inde et l’Union européenne ont officialisé mardi 27 janvier la conclusion d’un vaste accord de libre-échange.
  •  Au cœur du texte : une ouverture inédite du marché indien, avec des baisses massives de droits de douane sur des produits emblématiques européens, et un partenariat élargi à la mobilité des talents et à la sécurité.

   C’est l’aboutissement de plus de vingt ans de négociations. Mardi 27 janvier, New Delhi et Bruxelles ont officialisé un accord de libre-échange présenté comme majeur, destiné à créer « une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes ». Dans les capitales européennes, l’annonce est perçue comme un signal politique autant qu’économique : l’UE cherche un accès plus large au marché indien, tandis que l’Inde veut accélérer sa modernisation.

La signature intervient dans un environnement international instable. Dans un contexte géopolitique incertain, ce pacte doit permettre aux deux parties de mieux se protéger de la concurrence chinoise et des effets de la guerre des droits de douane engagée par les États-Unis. Au-delà des chiffres, l’accord traduit une volonté commune de sécuriser les échanges, diversifier les partenariats et réduire certaines dépendances.

Voitures, vins, chocolat : des baisses tarifaires inédites sur des produits européens

Côté européen, l’accord est présenté comme une percée sur un marché  traditionnellement protégé. Concrètement, les droits de douane indiens sur les véhicules « made in Europe » doivent passer de 110 à 10%, ceux sur les vins de 150 à 20% et ceux sur les pâtes ou le chocolat, actuellement à 50%, être totalement supprimés, selon l’UE.

Dès son arrivée en Inde, la présidente de la Commission européenne a donné le ton : « L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé », a indiqué Ursula von der Leyen, pariant sur un doublement des exportations européennes. Bruxelles estime également que la réduction des taxes indiennes sur les importations européennes pourrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques.

Des échanges déjà en forte hausse entre l’UE et l’Inde

Les volumes commerciaux illustrent l’ampleur du rapprochement. En 2024, les deux parties ont échangé 120 milliards d’euros de marchandises — en hausse de près de 90% en dix ans — et 60 milliards d’euros de services, selon l’UE. L’Inde, avec ses 1,5 milliard d’habitants, reste un marché à fort potentiel, porté par une croissance soutenue, annoncée à 8,2% en glissement annuel au dernier trimestre.

À New Delhi, le gouvernement indien met en avant les retombées économiques et la création d’emplois. « Ce traité va offrir de nombreuses opportunités », s’est réjoui le Premier ministre indien Narendra Modi, avant même de rencontrer le président du Conseil européen Antonio Costa et Ursula von der Leyen.

Même enthousiasme côté Commission. « L’Europe et l’Inde ont fait l’histoire aujourd’hui », a renchéri sur son compte X Ursula von der Leyen.

« Nous avons conclu l’accord de tous les accords. Nous avons créé une zone de libre-échange de deux milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties », a t-elle affirmé

L’accord ne se limite pas aux droits de douane. New Delhi et Bruxelles entendent aussi parapher un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification, ainsi qu’un pacte de sécurité et de défense.

Sur le terrain militaire, l’évolution est notable : New Delhi a diversifié ses achats de matériel en s’éloignant de son fournisseur historique russe, tandis que l’Europe tente de faire la même chose vis-à-vis des Américains. Un alignement d’intérêts qui renforce la dimension stratégique du rapprochement.

L’Europe, partenaire technologique clé pour l’Inde

Pour l’Inde, l’UE est aussi un guichet indispensable pour attirer capitaux et savoir-faire. New Delhi considère l’Europe comme une source essentielle de technologies et d’investissements dont elle a besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois. « Ce traité va offrir de nombreuses opportunités », a répété Narendra Modi, avant sa rencontre avec Antonio Costa et Ursula von der Leyen.

L’objectif affiché des deux partenaires : l’UE veut convertir l’accès au marché indien en croissance pour ses exportateurs, tandis que l’Inde cherche à transformer ce pacte en accélérateur industriel. Reste désormais à mesurer, secteur par secteur, l’ampleur réelle des gains et la vitesse de mise en œuvre des engagements annoncés.

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