- Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a réaffirmé mercredi 4 mars l’opposition ferme de l’Espagne à l’offensive américaine contre l’Iran.
- Face aux pressions de Washington et aux menaces commerciales de Donald Trump, Madrid défend une ligne claire : refuser toute participation à une escalade militaire jugée contraire au droit international et dangereuse pour la stabilité mondiale.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a réitéré mercredi la position de Madrid lors d’une conférence de presse, alors que plusieurs partenaires européens se montrent favorables à soutenir l’initiative américaine.
Pour le dirigeant socialiste, l’offensive envisagée contre l’Iran constitue une dérive dangereuse qui remettrait en cause les principes fondamentaux du droit international et risquerait d’aggraver les tensions au Moyen-Orient.
« La position du gouvernement d’Espagne est nette. En premier lieu, non à la rupture d’un droit international qui nous protège tous. En deuxième lieu, non au fait d’assumer l’idée que le monde ne peut résoudre ses conflits que via des conflits, des bombes. En troisième lieu, non au fait de répéter les erreurs du passé », a déclaré Pedro Sánchez.
Le Premier ministre insiste sur la nécessité de privilégier la diplomatie et les mécanismes internationaux pour résoudre les crises.
« Non à la guerre », martèle le chef du gouvernement
Dans une allocution prononcée lors d’une conférence de presse, Pedro Sánchez a également dénoncé les risques d’une nouvelle escalade militaire. « Non à la guerre ! », a-t-il lancé. « Nous sommes opposés à ce désastre. (…) Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles. »
Selon lui, une large partie de l’opinion publique internationale partage cette inquiétude face à une possible intervention armée. « Nous sommes opposés à ce désastre », a-t-il répété, estimant que cette position est soutenue par « de nombreux autres gouvernements » ainsi que par « des millions de citoyens et de citoyennes qui, dans toute l’Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ne demandent pas pour demain plus de guerre ou plus d’incertitude ».
Le dirigeant espagnol a également regretté que les objectifs de Washington et d’Israël « ne soient pas clairs » dans leur confrontation avec l’Iran.
Pedro Sánchez a rappelé les conséquences de l’invasion de l’Irak en 2003. Selon lui, cette intervention militaire illustre les dangers d’une logique de guerre. À ses yeux, le conflit irakien a entraîné des effets contraires aux objectifs annoncés, notamment une flambée des prix de l’énergie, un renforcement du djihadisme et une aggravation de la pauvreté dans la région.
Cette référence historique nourrit l’argumentation du gouvernement espagnol, qui refuse de « répéter les erreurs du passé ».
Donald Trump menace l’Espagne de représailles commerciales
La position de Madrid a provoqué la colère du président américain Donald Trump. Mardi 3 mars, ce dernier a menacé l’Espagne d’une rupture des relations commerciales avec les États-Unis.
Washington reproche notamment au gouvernement espagnol de refuser l’utilisation des bases militaires américaines situées en Andalousie pour mener d’éventuelles opérations contre l’Iran. « L’Espagne a été terrible » et « très, très peu coopérative », a déclaré Donald Trump.
Ce nouvel accrochage s’ajoute à des tensions déjà existantes entre les deux dirigeants, notamment sur la question des dépenses militaires au sein de l’Otan. Le président américain reproche à Madrid de ne pas consacrer 5 % de son PIB à la défense, objectif récemment avancé au sein de l’Alliance.
L’Union européenne et la France soutiennent Madrid
Face aux menaces américaines, la Commission européenne a rapidement affiché son soutien à l’Espagne, quatrième économie de la zone euro. Dans un communiqué, Bruxelles a assuré être « prête à réagir » afin de « défendre ses intérêts ».
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a lui aussi exprimé sur le réseau X « la pleine solidarité de l’Union européenne avec l’Espagne ».
Le président français Emmanuel Macron a également pris contact avec Pedro Sánchez mercredi par téléphone afin de lui témoigner le soutien de la France. « Le président vient d’échanger avec le président Sánchez pour lui dire la solidarité européenne de la France en réponse aux récentes menaces de coercition économique dont l’Espagne a été la cible hier », a confirmé l’Élysée.
