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Nvidia vise 1.000 milliards de dollars de demande en puces IA d’ici 2027

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  • Au GTC 2026, Jensen Huang a dévoilé une ambition hors norme : Nvidia vise 1.000 milliards de dollars de demande pour ses puces d’intelligence artificielle à l’horizon 2027.
  • Une projection qui double les prévisions annoncées l’an dernier et illustre l’accélération fulgurante du marché de l’IA.

   Lors du GTC, la conférence annuelle de Nvidia dédiée aux développeurs, Jensen Huang a une nouvelle fois marqué les esprits. Depuis la scène du SAP Center de San José, le dirigeant du géant américain des semi-conducteurs a annoncé mardi viser désormais1.000 milliards de dollars de commandes pour ses puces d’intelligence artificielle à l’horizon 2027.

L’annonce a marqué les esprits. Prononcée au cours d’un discours de plus de deux heures, elle a été accueillie par une salve d’applaudissements. Elle traduit surtout un changement d’échelle spectaculaire. Un an plus tôt, au même rendez-vous, Jensen Huang évoquait encore 500 milliards de dollars de demande fiable et de bons de commande pour les puces Blackwell et Rubin jusqu’à fin 2026.

 Nvidia mise sur une explosion durable de la demande en IA

Pour le dirigeant, cette révision à la hausse reflète l’emballement du marché du calcul informatique lié à l’intelligence artificielle. Nvidia, déjà considéré comme le leader mondial des puces dédiées à l’IA, parie sur une croissance encore plus rapide avec la montée en puissance des modèles capables de raisonner par étapes et des agents autonomes.

 « La demande de calcul a été multipliée par un million en deux ans », a affirmé Jensen Huang.

Le PDG attribue cette poussée à l’essor des nouveaux usages de l’IA, notamment les systèmes capables d’exécuter des tâches complexes de manière plus autonome. Dans son discours, il a insisté sur un point : le principal frein au développement de l’intelligence artificielle ne serait plus l’intérêt du marché, mais bien l’accès à une capacité de calcul suffisante.

« C’est le sentiment que nous partageons tous, que ressentent toutes les start-ups, qu’éprouvent OpenAI et Anthropic : si seulement ils pouvaient obtenir plus de capacité de calcul, ils pourraient générer plus de revenus, toucher plus d’utilisateurs, et rendre l’IA encore plus intelligente », a encore déclaré le dirigeant.

Par cette formule, Jensen Huang affiche un optimisme assumé, à rebours des doutes qui émergent sur une possible surchauffe du marché de l’IA.

Des résultats financiers déjà hors norme

Cette ambition intervient alors que Nvidia évolue déjà dans une autre dimension financière. L’an dernier, le groupe a réalisé 215,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 65 % sur un an, pour un bénéfice net de 120,1 milliards de dollars.

La capitalisation boursière de l’entreprise dépasse désormais les 3.000 milliards de dollars, un niveau qui la place au sommet des sociétés cotées dans le monde. Ces performances confirment la place centrale de Nvidia dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle, alors que les géants technologiques et les start-up se livrent une course effrénée à la puissance de calcul.

Nvidia évoque aussi des data centers en orbite

Mais le groupe ne s’est pas contenté d’afficher des prévisions financières records. Nvidia a également surpris son auditoire en annonçant travailler sur des puces spécifiquement conçues pour des data centers en orbite. Une perspective encore lointaine, mais révélatrice de son appétit pour les nouveaux marchés.

 « Les calculs informatiques dans l’espace, la dernière frontière, arrivent », a lancé Jensen Huang.

Le projet reste à un stade très prospectif et ne devrait pas se concrétiser avant plusieurs années. Il s’inscrit toutefois dans une dynamique déjà amorcée par plusieurs acteurs du secteur spatial et technologique.

Début novembre, la start-up Starcloud a ainsi envoyé en orbite un satellite équipé d’une puce H100 de Nvidia, moins puissante que les modèles les plus récents du groupe. Depuis la Terre, elle a pu y développer puis utiliser un modèle d’intelligence artificielle.

Un pari technologique encore semé d’incertitudes

Cette perspective de centres de données spatiaux suscite néanmoins de nombreuses réserves. Plusieurs spécialistes s’interrogent sur la capacité des processeurs à résister durablement aux conditions extrêmes de l’espace, marquées par de fortes variations de température et un niveau élevé de radiations.

Le concept présente cependant des avantages théoriques majeurs. Il permettrait notamment de bénéficier d’un accès presque illimité à l’énergie solaire et de contourner certaines contraintes liées à la construction de centres de données sur Terre, comme l’acquisition de terrains ou les mesures de protection à proximité des zones habitées.

La course est déjà lancée. Google, SpaceX et Blue Origin figurent parmi les acteurs qui s’intéressent à cette nouvelle frontière du calcul informatique. Les scénarios les plus optimistes envisagent l’apparition de centres de données opérationnels avant la fin de la décennie. Le directeur général de Blue Origin, Dave Limp, évoque pour sa part un horizon de cinq à dix ans.

 Nvidia veut rester au cœur de la révolution IA

 En doublant ses prévisions de demande en l’espace d’un an, Nvidia envoie un message clair : la révolution de l’intelligence artificielle n’en est, selon elle, qu’à ses débuts. Le groupe parie sur une intensification de la bataille mondiale pour l’accès aux puces les plus avancées, à mesure que les entreprises chercheront à développer des modèles plus puissants, plus autonomes et plus rentables.

À travers ce discours, Jensen Huang ne défend pas seulement la trajectoire de son entreprise. Il cherche aussi à imposer l’idée que la croissance de l’IA reposera avant tout sur un facteur décisif : la capacité à fournir, à très grande échelle, la puissance de calcul nécessaire à la prochaine génération d’algorithmes.

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