Le président américain Donald Trump a provoqué une onde de choc avec ses déclarations sur l’avenir de la bande de Gaza. Le 4 février dernier, il a affirmé vouloir « contrôler » ce territoire palestinien et en faire la « Riviera du Moyen-Orient », tout en expulsant ses habitants vers d’autres pays. Une proposition qui a immédiatement suscité une vague d’indignation sur la scène internationale.
Un projet immobilier au mépris du droit des Palestiniens
Lors d’une déclaration le 10 février, Donald Trump a réaffirmé son ambition : « Nous allons prendre possession de la bande de Gaza. C’est un terrain magnifique, idéal pour un développement immobilier pour l’avenir« . Il a ajouté que les Gazaouis n’auraient pas « le droit au retour », renforçant les inquiétudes quant au sort des habitants du territoire.
Le roi Abdallah II de Jordanie, en visite à Washington, a rejeté le plan de Trump. « Nous ne pouvons pas accepter cette proposition qui va à l’encontre des principes fondamentaux de la souveraineté et du droit international », a-t-il affirmé après sa rencontre avec le président américain. Sur X, le roi Abdallah II a réitéré sa « ferme opposition au déplacement de Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie« , soulignant qu’il s’agit d’une « position arabe commune« .
Son Premier ministre, Jafar Hassan, a été encore plus direct : « On ne peut pas reconstruire Gaza sans les Gazaouis. Nous sommes pour une paix durable, il faut une solution à deux États avec les Palestiniens qui restent chez eux ».
Mais Donald Trump persiste. Devant les caméras, il déclare : « Je pense que nous aurons une parcelle de terre en Jordanie et une parcelle de terre en Égypte. Et quand nous aurons fini nos discussions, nous aurons un endroit où ils peuvent vivre très heureux, en sécurité ».
L’Égypte a également réagi en insistant sur une « vision globale pour la reconstruction » de Gaza. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a affirmé que toute solution devait garantir que « les Palestiniens restent sur leur terre ».
Un projet irréaliste et largement rejeté
En France, Emmanuel Macron a vivement critiqué l’approche américaine lors d’une interview accordée à CNN : « Gaza n’est pas une terre vide, c’est un territoire où vivent deux millions de personnes. On ne peut pas dire à deux millions de personnes : ok, maintenant devinez quoi ? Vous allez bouger ». Il a ajouté : « La bonne réponse n’est pas une opération immobilière, c’est une opération politique ». Le chef de l’État appelle à ne pas « manquer de respect à la population palestinienne ainsi qu’à la Jordanie et à l’Égypte ».
La Ligue arabe a également exprimé son rejet du projet. Son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré : « Nous, les Arabes, avons combattu cette idée pendant 100 ans et nous ne sommes pas prêts à capituler maintenant ».
Enfin, la Chine a condamné fermement le projet américain. Pékin a souligné que « Gaza appartient aux Palestiniens et fait partie intégrante du territoire palestinien et fait partie intégrante du territoire palestinien ».
Alors que Donald Trump continue de défendre son projet de transformation de Gaza en destination touristique, la communauté internationale s’indigne. Pour beaucoup, la proposition du président américain n’est rien de plus qu’une tentative de remodelage géopolitique qui bafoue les droits des Palestiniens.
