27.9 C
Paris
vendredi, juillet 24, 2026
AccueilActualitéThales rassure les marchés grâce à la défense et au rebond de...

Thales rassure les marchés grâce à la défense et au rebond de la cybersécurité

Date:

7 min de lecture

Thales a publié des résultats semestriels 2026 supérieurs aux attentes, portés par la défense et un rebond de la cybersécurité. Les commandes ont bondi de 22 % en organique à 12,47 milliards d'euros et la trésorerie disponible a plus que triplé, à 1,87 milliard. Le groupe confirme ses objectifs annuels.

Faits clés
Prises de commandes premier semestre 2026 12,47 milliards d'euroshausse organique de 22 %
Chiffre d'affaires premier semestre 2026 10,95 milliards d'euros+7,8 % à périmètre et taux de change constants
EBIT ajusté premier semestre 1,37 milliard d'eurosmarge de 12,5 %, en hausse de 9,9 % en données publiées
Flux de trésorerie opérationnel disponible 1,87 milliard d'euroscontre 499 millions au premier semestre 2025
Résultat net part du groupe 485 millions d'eurosen recul de 27 %, impact exceptionnel lié aux frégates F126

    Thales retrouve les faveurs des investisseurs. Après un début d’année boursier difficile, l’action du groupe de technologies et de défense a fortement progressé jeudi à la suite de la publication de résultats semestriels supérieurs aux attentes.

« Thales a publié des résultats solides pour le premier semestre 2026, qui devraient être bien accueillis par les investisseurs », résume Oddo BHF. Cette performance tranche avec les interrogations qui entouraient jusqu’ici le secteur européen de la défense et, plus spécifiquement, les activités de cybersécurité du groupe français.

Les commandes progressent de 22 %

Au deuxième trimestre, les prises de commandes de Thales ont bondi de 19 % en données comparables, pour atteindre 7,8 milliards d’euros. Les revenus ont, de leur côté, progressé de 6 % sur la période.

Sur l’ensemble du premier semestre, le groupe a enregistré 12,47 milliards d’euros de commandes, soit une hausse organique de 22 %. Le carnet comprend notamment 18 contrats d’un montant unitaire supérieur à 100 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires s’est établi à 10,95 milliards d’euros, en progression de 7,8 % à périmètre et taux de change constants. La dynamique a principalement été alimentée par la défense, dont les revenus ont augmenté de 13,1 %.

Ces chiffres confirment la montée en puissance des dépenses militaires dans un contexte géopolitique tendu. « Le réarmement européen est réel et il arrive », estiment les analystes de Citi, cités par Reuters.

Des marges supérieures aux attentes

Le résultat opérationnel ajusté — ou EBIT ajusté — a atteint 1,37 milliard d’euros au premier semestre, en hausse de 9,9 % en données publiées et de 11,4 % en variation organique. Sa marge s’est établie à 12,5 %, contre 12,2 % un an auparavant.

La rentabilité des deux principales activités opérationnelles a dépassé les prévisions. Dans la défense, la marge d’EBIT ajusté a progressé à 13,8 %, alors que le consensus tablait sur 13,1 %. Dans l’aérospatiale, elle s’est élevée à 10,4 %, contre 9,1 % attendu.

Pour Barclays, Thales a ainsi battu les attentes sur plusieurs indicateurs. « Les commandes ont été particulièrement soutenues au deuxième trimestre, atteignant 7,8 milliards d’euros, avec un ratio commandes sur chiffre d’affaires de 1,39, bien supérieur à nos prévisions qui s’élevaient à environ 1,2 », souligne la banque britannique.

Une trésorerie qui dépasse largement le consensus

La principale surprise provient toutefois du flux de trésorerie opérationnel disponible. Celui-ci a atteint 1,87 milliard d’euros, contre 499 millions d’euros au premier semestre 2025.

Cette multiplication par plus de trois dépasse très largement les 470 millions d’euros attendus par le consensus des analystes publié par Thales. Le groupe explique cette performance par la vigueur des prises de commandes, une évolution favorable du besoin en fonds de roulement et le calendrier des encaissements clients.

Le résultat net part du groupe a néanmoins reculé de 27 %, à 485 millions d’euros. Il a été pénalisé par un impact exceptionnel de 331 millions d’euros lié à l’arrêt, par le ministère allemand de la Défense, du programme de frégates F126 auquel Thales participait comme sous-traitant.

Le groupe avait annoncé début juillet une charge exceptionnelle totale de 450 millions d’euros, essentiellement sans effet sur la trésorerie. Thales prévoit de réclamer des compensations pour les travaux déjà réalisés et le préjudice subi, selon son communiqué sur les résultats semestriels.

La cybersécurité renoue avec la croissance

Autre signal particulièrement suivi par les investisseurs : la stabilisation des activités de cybersécurité. Celles-ci avaient suscité des inquiétudes après plusieurs trimestres de contraction, alimentant même les spéculations sur une éventuelle cession de tout ou partie de la division Cyber & Digital.

« Est-il temps de céder la division “Cyber & Digital”, en totalité ou en partie ? », s’interrogeait JPMorgan en mars. La banque avertissait également que « le marché pourrait ne pas se montrer indulgent si l’activité cyber ne parvient pas à afficher une croissance organique solide ».

Les résultats semestriels éloignent partiellement ce scénario. « La cybersécurité, qui était en recul depuis cinq trimestres, a renoué avec la croissance au deuxième trimestre », relève Citi. Les activités cyber ont enregistré une croissance organique de 1,6 % sur le semestre, avec une accélération à 4,5 % au deuxième trimestre.

« Ce segment a fait l’objet d’une attention particulière de la part du marché, notamment parce que Thales a investi des moyens importants dans ce secteur avec l’acquisition d’Imperva, et nous pensons que le retour à la croissance de ce petit segment devrait permettre au marché de se concentrer sur l’ensemble du groupe », poursuit la banque américaine.

La prudence reste toutefois de mise. L’EBIT ajusté du pôle Cyber & Digital a reculé à 195 millions d’euros, contre 267 millions un an plus tôt, tandis que sa marge est passée de 14,4 % à 10,9 %. Cette dégradation provient surtout des activités numériques, confrontées à une base de comparaison élevée et à un environnement plus difficile dans les services de paiement, l’identité et la biométrie.

Les objectifs pour 2026 confirmés

À l’issue de ce premier semestre, Thales a confirmé ses perspectives annuelles. Le groupe vise une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 6 % et 7 %, ainsi qu’une marge d’EBIT ajusté située entre 12,6 % et 12,8 %.

Thales anticipe également un ratio prises de commandes sur chiffre d’affaires supérieur à 1,1. Entre la vigueur persistante de la défense, l’amélioration des marges dans l’aérospatiale et les premiers signes de redressement de la cybersécurité, le groupe dispose désormais de plusieurs leviers pour restaurer durablement la confiance des investisseurs.

Questions fréquentes

Pourquoi l'action Thales monte-t-elle ?

Thales a publié des résultats semestriels 2026 supérieurs aux attentes, portés par la défense, l'amélioration des marges dans l'aérospatiale et le rebond de la cybersécurité, rassurant les investisseurs.

La cybersécurité de Thales est-elle repartie ?

Oui, après cinq trimestres de recul, la cybersécurité a renoué avec la croissance au deuxième trimestre, avec une croissance organique de 1,6 % sur le semestre et 4,5 % au deuxième trimestre.

Pourquoi le résultat net de Thales a-t-il baissé ?

Le résultat net a reculé de 27 %, à 485 millions d'euros, pénalisé par un impact exceptionnel de 331 millions lié à l'arrêt du programme de frégates F126 par l'Allemagne.

Quels sont les objectifs 2026 de Thales ?

Thales vise une croissance organique du chiffre d'affaires de 6 % à 7 %, une marge d'EBIT ajusté de 12,6 % à 12,8 % et un ratio commandes sur chiffre d'affaires supérieur à 1,1.

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires