Face aux incendies en Gironde et dans les Landes, les assureurs repoussent au 31 août la date limite de déclaration des sinistres et couvrent les frais de relogement, même préventif. Le gouvernement ouvre le chômage partiel aux plus de 13.000 entreprises évacuées.
| Nouvelle date limite de declaration des sinistres | 31 aoûtcontre cinq jours ouvrés habituellement en cas d'incendie |
|---|---|
| Personnes evacuees en Gironde | près de 220.000 personneschiffres communiqués par le gouvernement |
| Entreprises evacuees en Gironde | plus de 13.000 entreprisesselon Roland Lescure |
| Hectares brûlés depuis le début de l'année | 115.000 hectaresen France, selon Laurent Nuñez |
| Hectares brûlés deux jours auparavant | 98.000 hectaresselon les chiffres rapportés par Reuters |
Face à l’ampleur des incendies qui frappent le sud-ouest de la France, les assureurs assouplissent leurs dispositifs d’indemnisation. Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé lundi 27 juillet un accord de l’ensemble des compagnies pour repousser au 31 août la date limite de déclaration des sinistres.
Le délai habituellement prévu est de cinq jours ouvrés en cas d’incendie. « Pas de panique, vous aurez le temps de déclarer votre sinistre », a assuré le ministre.
L’accord conclu avec les assureurs porte également sur les dépenses engagées par les habitants contraints de quitter leur domicile. Les frais de relogement seront couverts « que leur résidence soit endommagée ou non », a précisé Roland Lescure.
Cette mesure élargit donc la protection aux assurés évacués à titre préventif, y compris lorsque les flammes n’ont pas atteint leur logement. « C’est un engagement important de la part des compagnies d’assurance que je souhaite saluer », a déclaré le ministre.
Le dispositif intervient alors que les évacuations ont pris une ampleur sans précédent autour de Bordeaux. Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, près de 220.000 personnes ont dû quitter leur domicile en Gironde. La veille, Bercy avait annoncé plusieurs réunions destinées à évaluer les conséquences des incendies sur le tourisme, l’énergie, les télécommunications et les assurances.
Le chômage partiel ouvert aux entreprises touchées
Le gouvernement entend aussi limiter l’impact de la catastrophe sur l’activité économique. En Gironde, plus de 13.000 entreprises auraient été évacuées, selon Roland Lescure.
« Toutes les entreprises auront le droit d’ouvrir le chômage partiel. Elles sont toutes concernées par cette clause de l’incendie», a annoncé Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat.
Ce mécanisme doit permettre aux employeurs contraints d’interrompre ou de réduire leur activité de diminuer temporairement le temps de travail de leurs salariés, avec une prise en charge partielle des rémunérations.
Serge Papin a également salué la mobilisation des filières professionnelles. « Il y a de la solidarité en route. Je tiens à saluer l’industrie agroalimentaire et la grande distribution qui ont fait des dons. Les acteurs du BTP ont fourni du matériel et du personnel », a-t-il détaillé.
Bercy mobilise les secteurs exposés
Une première réunion organisée à Bercy rassemble les représentants locaux autour de Roland Lescure et de Serge Papin. L’objectif est de « faire un premier point de situation, identifier les besoins prioritaires et assurer la continuité de l’activité économique dans les territoires touchés ».
Une seconde réunion doit associer les fédérations professionnelles, les acteurs du tourisme, de l’énergie, des télécommunications et les assureurs. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, Sébastien Martin, chargé de l’Industrie, et Anne Le Hénanff, chargée du Numérique, doivent également y participer.
Bercy souhaite établir un état des lieux consolidé, coordonner la solidarité entre les différentes filières et accélérer, si nécessaire, le déploiement des aides aux entreprises. Une cellule interministérielle de crise présidée par Emmanuel Macron doit parallèlement se tenir lundi matin.
Un choc économique au-delà des zones incendiées
Au-delà des dégâts matériels immédiats, la multiplication des incendies pourrait peser durablement sur l’économie locale. « Une canicule ou un feu de forêt, s’il se prolonge ou prend une grande ampleur, va avoir des effets sur l’économie, les infrastructures, le rendement agricole ou le tourisme », a expliqué sur France Inter Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint du département Analyse et Prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
L’économiste insiste surtout sur la récurrence de ces événements, qui oblige entreprises et pouvoirs publics à revoir leurs modèles de prévention. « La question de la résilience va être de plus en plus importante face à ces phénomènes de grande ampleur. L’organisation de l’activité, du travail et du tourisme, tout cela va avoir des effets loin d’être négligeables », prévient-il.
« Jusqu’à présent, on considérait que c’étaient des épisodes isolés. À partir du moment où ils deviennent récurrents, se pose la question de l’adaptation, de la sécurisation de l’économie et des moyens de limiter ces catastrophes », poursuit Mathieu Plane.
Une saison des incendies déjà exceptionnelle
En Gironde, principal foyer de la crise, le feu est resté « globalement stable » dans la nuit de dimanche à lundi, selon la préfecture. Les autorités locales soulignent toutefois que les forces de sécurité et de secours restent pleinement mobilisées. D’autres incendies demeurent actifs dans les Landes, le Var et en Haute-Corse.
Depuis le début de l’année, 115.000 hectares ont été parcourus par les flammes en France, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Un bilan qualifié de « tout à fait exceptionnel », qui dépasse déjà largement les niveaux observés les années précédentes. Deux jours auparavant, le total s’établissait encore à 98.000 hectares, selon les chiffres rapportés par Reuters, illustrant la progression rapide des feux.
Questions fréquentes
Jusqu'à quand déclarer un sinistre lié aux incendies ?
Les assureurs ont accepté de repousser au 31 août la date limite de déclaration des sinistres, contre un délai habituel de cinq jours ouvrés en cas d'incendie.
Les frais de relogement sont-ils pris en charge ?
Oui, les frais de relogement seront couverts que la résidence soit endommagée ou non, y compris pour les assurés évacués à titre préventif.
Les entreprises touchées peuvent-elles recourir au chômage partiel ?
Oui. Selon Serge Papin, toutes les entreprises concernées, plus de 13.000 évacuées en Gironde, pourront ouvrir le chômage partiel au titre de la clause de l'incendie.
Combien de personnes ont été évacuées en Gironde ?
Près de 220.000 personnes ont dû quitter leur domicile en Gironde, selon les chiffres communiqués par le gouvernement.
