- L’examen de la réforme de l’audiovisuel public a pris une tournure inattendue à l’Assemblée nationale.
- Un échange houleux entre Rachida Dati et une fonctionnaire a conduit à la suspension des débats, ravivant les tensions politiques autour de ce texte clé.
L’examen de la réforme de l’audiovisuel public a été marqué par une suspension inopinée des débats en commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, mardi 1er avril. Un incident entre la ministre de la Culture, Rachida Dati, et une fonctionnaire de l’institution est à l’origine de cette décision, attisant un climat déjà électrique autour de ce texte controversé.
Un incident qui bloque les débats
Alors que les discussions s’étaient engagées avec ferveur dans l’après-midi, elles ont été brutalement interrompues dans la soirée. Dans un communiqué, la présidente de la commission des affaires culturelles, Fatiha Keloua Hachi (Socialistes), a accusé la ministre de la Culture d’avoir « pris à partie une fonctionnaire de l’Assemblée nationale« , estimant que « s’en prendre à la neutralité des fonctionnaires constitue une atteinte particulièrement grave, que je ne peux tolérer« . En conséquence, elle a décidé de suspendre l’examen du texte.

Selon plusieurs sources parlementaires, l’échange litigieux s’est produit entre 18h30 et 19h10, hors retransmission vidéo, au sujet d’amendements gouvernementaux de dernière minute, dont un amendement de réécriture substantiel. Aurélien Saintoul (La France insoumise), présent lors de la scène, a affirmé à LCP être intervenu pour « défendre » la fonctionnaire face à une ministre « très agressive« .
Des accusations de blocage politique
L’entourage de Rachida Dati dément ces accusations et dénonce « un coup politique » visant à « bloquer le texte« . Une version partagée par la co-rapporteure de la proposition de loi, Virginie Duby-Muller (Droite républicaine), qui a réagi sur X en affirmant : « Cette suspension n’a pas d’autre motif que d’empêcher le texte d’être adopté alors que nous avions une majorité. Tous les prétextes sont bons, y compris le mensonge après de multiples amendements d’obstruction. »
Pourtant, une source parlementaire nuance : « L’échange entre la ministre et l’administratrice a été mal vécu, non seulement par les fonctionnaires de l’Assemblée, mais aussi par certains députés. Il fallait calmer le jeu. »
Une réforme controversée
Le projet de loi vise à créer une holding unique, France Médias, regroupant France Télévisions, Radio France et l’INA sous une présidence commune. La ministre de la Culture défend une « modernisation nécessaire« , mais l’opposition dénonce une concentration des pouvoirs et une perte d’indépendance des médias publics.

Dès le début des débats, la tension était palpable. Rachida Dati a accusé les socialistes de vouloir « torpiller la réforme » avec près de 450 amendements. « C’est irresponsable. C’est honteux« , a-t-elle lancé, pointant une « gauche déconnectée des classes populaires« . Emmanuel Grégoire (Socialistes) lui a rétorqué : « Il n’y a pas d’obstruction en droit. Il n’y a que notre exercice légitime plein et entier de faire notre travail. »
Avec une telle crispation, la suite de l’examen parlementaire de la réforme reste incertaine. Le gouvernement saura-t-il surmonter ces tensions pour faire adopter un texte déjà fortement contesté ?
